Sur la voie du silence

« Et si le silence était plein de ce que nous sommes vraiment. »

Faire silence est une expérience différente de la méditation. Elle nous entraîne à écouter et à saisir le sens de notre incarnation. Bien que la méditation fasse également partie de ces expériences qui nourrissent l’âme, elle se distingue par sa pratique. Je dirais que d’apprendre à faire silence nous introduit à la méditation.

L’humain ne peut incessamment vivre dans un tohu-bohu de bruits et d’activisme. Il se perd malgré lui dans cette tourmente quotidienne. Dans les tribus ancestrales, l’Homme était appelé à vivre différentes expériences d’initiation au cours de sa vie terrestre afin de marquer les principales étapes de sa maturation et de son éveil. Chacune d’elles était empreinte des différentes transformations physiques à travers les âges. Un rite l’attendait afin d’initier le pas vers cette ascension spirituelle. La quête de vision faisait partie de ces expériences caractérisées par la fin d’une période importante et le début d’une seconde. La quête d’un sens à travers cette transition était de haute importance. Aujourd’hui, plus rien ne marque les grandes étapes de nos vies. Elles sont pour la plupart du temps banalisées et peu préoccupantes.

Faire silence ou vivre l’expérience de la quête de vision est un temps d’introspection et de détachement que nous nous offrons. Sortir de son habitat, s’éloigner de ses proches, jeûner et se retrouver dans la nature, en silence dans la solitude, sont les principales caractéristiques d’une telle expérience.

« Il faut savoir s’éloigner pour mieux voir »

Le monde actuel est préoccupé par le matériel et le confort. Faire silence, peut-être, mais à quel prix? L’éloignement du nid douillet vers un hébergement rustique, ce n’est pas ce qu’il y a de plus attirant pour certains. Je propose souvent de débuter par de simples expériences. Apprivoiser ce que nous avons perdu. Le silence. S’accorder des temps de silence et de solitude nous initie dans cette quête de plénitude et de sens, et ce, sans trop nous contraindre ou nous assommer.

L’encombrement familial, les horaires variés, ainsi que le travail font qu’il est parfois difficile de s’offrir quelques instants de silence à la maison. Sortir, aller marcher dans la solitude nous prédispose à des moments privilégiés avec notre âme. Cessons d’attendre après quiconque et réalisons pleinement ce que notre âme attend véritablement de nous. Les temps de silence que nous pouvons nous offrir sont forts précieux car ceux-ci procureront un apaisement à notre mental et nourriront notre âme.

Dans le silence et le calme se manifestent souvent les parties ombragées que nous portons. Nous purifions nos egos et laissons place à la vision du rêve éveillé. La vision du rêve est cet instant présent où nous connectons avec l’intelligence suprême, la voie de l’Esprit.

À travers cette quête de silence, nos peurs ont libre cours. Il ne s’agit pas de juger ce que nous portons, mais de nous éveiller à ce que nous laissons aller. C’est un véritable exercice de lâcher-prise. Nous nous devons de cesser de percevoir la finitude en toute chose, et plutôt bâtir à partir de ce que nous portons, de ce que nous sommes. C’est la foi. Croire en Soi.

Faire silence en des lieux signifiants, nous permet, entre autres de nous introduire sur ce chemin de l’unification de l’âme à l’Esprit. C’est un temps où nous nous imposons une sortie de notre zone de confort afin de mieux entendre notre voie intérieure, les messages que notre âme désire nous communiquer.

Apprendre à faire silence nous éduque personnellement et socialement sur le sens que nous portons présentement et pour les générations futures. Interrogeons-nous sur nos valeurs profondes et apprenons, patiemment, à nous éveiller à elles.

Auteure du livre « Croître par l’observation de soi »

Transition en amour? Le meilleur est toujours à venir!

Depuis 4 ans déjà, j’anime un atelier sur les relations amoureuses. Ces participants, bien légitimement, voudraient croiser leur chemin à nouveau avec un être aimé, mais si ça n’arrive pas aussi rapidement qu’ils le voudraient. Ils se demandent alors pourquoi? Force est de constater que bon nombre d’entre eux ont omis un détail important : effectuer le bilan relationnel pour assumer sainement son deuil. Oh! Bien sûr, ils m’assurent qu’ils n’entretiennent plus de liens physiques avec ces ex-partenaires, oui mais dans les mondes invisibles, ces mondes intérieurs, qu’en est-il? C’est comme si on gardait une ficelle noire liée de son poignet au poignet de l’autre.

Lorsque le bilan relationnel n’est pas réalisé, que l’on n’a pas pris le temps de comprendre ce que l’on avait à apprendre de cette relation, si on se jette la tête la première dans une nouvelle relation, on risque de s’attirer le même scénario, tant et aussi longtemps que l’on n’a pas saisi le message. Prendre son temps et s’observer! Faire son deuil ne signifie pas de finir de pleurer cette fin de relation (ou de s’en réjouir), mais bien de s’exprimer mutuellement pour fermer la boucle. Comment fait-on cela?

Il faut dire à l’autre qu’est-ce que j’ai trouvé difficile de vivre avec lui ou elle? Qu’est-ce que ça me faisait en dedans : étais-je triste, en colère, ai-je eu peur et de quoi? Exprimer les faits de manière neutre à un moment où vous vous sentez calme. Ce n’est guère le temps de tomber dans les émotions. Par exemple, « Quand tu insistais tous les dimanches pour aller visiter ta famille, je me sentais en colère ». Ajouter ensuite quels besoins en vous n’étaient pas satisfaits. « Je me sentais impuissant, prisonnier de tes décisions pour être aimé de toi. J’aurais eu besoin de me sentir respecté dans mes choix ». Traitez individuellement chaque fait concret survenu durant votre relation. Si l’autre veut vous entraîner vers d’autres faits simultanément, arrêtez tout de suite. Dites-lui que vous tenez à régler un cas à la fois et promettez que vous y reviendrez plus tard.

Récapitulons : on exprime les faits, l’émotion que cela a fait vivre, ses besoins et terminer par l’impact que chaque situation a eu sur vous, votre couple, votre relation avec le sexe opposé (selon l’orientation sexuelle) ou votre vie en général. « À partir de ce moment, j’ai commencé à me mésestimer et à croire que je ne méritais pas ton respect, ce qui a miné mon amour propre. De plus, cela m’a graduellement éloigné de toi. J’avais de moins en moins envie de te faire l’amour, de te cajoler, etc. J’ai commencé à généraliser, à en vouloir aux hommes, aux femmes de vouloir ainsi contrôler la vie de l’autre au nom de l’amour. Ça n’a pas été bon pour moi. Ma relation avec toi est devenue pénible et a alourdi ma vie ».

Restituer symboliquement cette violence qui a été déposée sur vous par un objet, image, etc. Cela permet à l’autre de vérifier visuellement ce qui s’est vraiment passé en vous. C’est ainsi que l’on s’aide à grandir. Évidemment, gardez les rouges pour la fin. Dites en terminant tout ce que vous avez apprécié chez cette personne et au cours de votre relation. Remerciez-la d’avoir été de passage dans votre vie. La reconnaissance et gratitude attire l’abondance, mais pas la critique. Si vous souffrez parce qu’on vous a quitté, sachez que le manque attire le manque. Personne ne risque de poindre dans votre vie. Appréciez au moins les bons moments que la vie vous a permis de vivre en sa compagnie. Voyez votre coupe (ou couple) à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide. Les résultats en seront meilleurs. Ne laissez plus votre pouvoir d’être heureux dans les mains d’une autre personne, c’est trop risqué!

Vous êtes alors prêt pour apprécier la compagnie d’un nouvel amour. Mais attention! La vie va souvent vous re-servir le même menu pour vérifier si vous avez bien compris la leçon. Aimez-vous assez pour refuser de vous embarquer dans le même train, laissez-le passer. Vous prendrez le suivant! Rappelez-vous que le meilleur est toujours à venir.

Quand êtes-vous?

–  Samuel, cette trahison ne doit pas être facile pour toi. Comment fais-tu pour t’en sortir?

–  Ah! Ce n’est rien. Je dois faire l’épicerie, faire marcher le chien, aller à la banque, ensuite je dois aller chercher ma fille à l’école.

–  Tu évites ma question. Que fais-tu pour guérir, apprendre et grandir suite à cette tromperie?

–  Arrête! J’ai dit que ce n’était rien. Hier, j’ai cordé du bois, j’ai fait un bon feu pour réchauffer la maison, j’ai téléphoné à ma sœur…

–  Yoohoo! Samuel! Je suis ici! Maintenant!

–  Quoi?

–  Je te parle, je suis en face de toi, ici, maintenant. Et toi, tu me parles de plus tard et d’hier. Quand es-tu?

La douleur est inévitable et la souffrance est optionnelle
Chez certaines personnes, la douleur est tellement intense qu’elles fuient le moment présent en énumérant des tâches bénignes qu’elles ont faites ou qu’elles ont à faire. C’est une façon pour elles de ne pas entrer dans le cœur du problème, de ne pas y faire face. Elles croient qu’en l’évitant, elle disparaîtra, mais c’est bien le contraire qui se produit.

Il y a un dicton qui dit : « La douleur est inévitable et la souffrance est optionnelle ». Ces gens qui choisissent de ne pas faire face à leur douleur choisissent la souffrance plutôt que de vivre pleinement leur peine. Ce n’est qu’en allant profondément au cœur de la blessure qu’une personne peut l’éliminer. Ils ne réalisent pas que ce qu’ils choisissent de faire « maintenant » est ce qu’ils créent pour leur futur. Ce même « maintenant » est également la cause de tout leur passé. Assez intense comme idée quand on y pense. Donc, puisque c’est toujours « maintenant », il faut croire que « maintenant » est éternel.

Chaque « maintenant » est inestimable
Lorsque vous réalisez que « maintenant » ne reviendra plus jamais, vous comprenez à quel point ce moment est sacré. C’est à compter de cet instant que tout vous émerveille et vous remplit de gratitude : un arbre, un soleil levant, un enfant qui joue, une tombée de neige, etc. Et si vous saisissez l’immensité de « maintenant », vous comprenez que même une blessure, une critique, un échec ou une trahison peut vous éblouir et vous remplir de reconnaissance, car chaque « maintenant » a quelque chose d’inestimable à vous apprendre. Inutile de dire que ruminer sur ce qui « aurait pu » et « aurait dû » peut causer de sérieux problèmes de santé mentale.

Le moment actuel s’éloigne continuellement, ainsi, si vous tentez de vous y agripper en vous remémorant des moments ou en formant des idées à son sujet – vous n’êtes plus dans le présent. Pour ce faire, vous devez vous détendre, relaxer, et vous ouvrir à ce moment. Ne planifiez pas, ne vous inquiétez pas, ne vous perdez pas dans vos pensées. Il n’y a aucun effort à faire pour vivre le moment présent, vous y êtes déjà! Lâchez prise et soyez attentif à ce qui surgit en matière d’énergie, de perceptions, de pensées, de désirs, etc. Ayez confiance à ce processus, adoptez-le.

Ouvrez-vous aux possibilités qu’offre chaque « maintenant », car chaque « maintenant » a sa raison d’être, qu’il semble heureux ou douloureux. Même dans ce qui semble être le pire moment de votre vie, les récompenses qui suivent sont nombreuses si vous êtes ouverts à les recevoir.

Alors, vous voulez faire comme mon ami Samuel et être hier ou demain? Ou bien vous voulez vivre pleinement chaque « maintenant » et être réceptifs aux avantages qu’il offre : amour, amitié, bonheur, compassion, partage, abondance, etc.?

Personnellement, je ne voudrais pas être ailleurs que « maintenant »!

Changer pour plus de sagesse!

Les événements actuels au Québec dénotent, on ne peut plus clairement, le besoin de changement vers plus d’harmonie. Comme disait Jean Rostand : « Nous paierons très cher le privilège d’être des dieux par la puissance, avant d’avoir mérité d’être des hommes par la sagesse. »

Ce grand biologiste, vulgarisateur scientifique et écrivain français du 20e siècle avait de toute évidence saisi la précarité qu’est celle de l’humain ayant acquis prestige et pouvoir par la puissance plutôt que par la sagesse. Lorsque nous observons les événements faisant la une des médias mondiaux, force est de constater que plusieurs tentent encore d’être des dieux par la puissance. Face à cette constatation, que pouvons-nous faire?

Il s’avère important de ne pas sombrer dans le désespoir, ce qui n’engendrait qu’impuissance et indifférence. Or, ces sentiments sont des états tout aussi nocifs que la recherche du pouvoir par les armes ou par le pouvoir économique et religieux fanatique, pour ne mentionner que les formes de domination les plus couramment utilisées.

Un autre atout significatif consiste à connaitre les sept lois spirituelles de la Vie. La compréhension de ces lois permet d’entrer dans son pouvoir sans chercher à l’exercer sur les autres et, par conséquent, d’être respectueux de soi et des autres. Elles nous assagissent en facilitant l’identification des croyances devenues caduques et, par conséquent, s’avèrent des outils fort utiles pour l’élaboration de nouveaux schèmes de pensée ouvrant des horizons de conscience plus vastes. Elles responsabilisent sans culpabiliser ni blâmer.

À l’instar des lois physiques, ces lois s’appliquent à chacun indépendamment de la race, couleur, statut social, nationalité, culture et éducation. Qu’une personne soit riche ou pauvre, reine ou ouvrier n’a aucune incidence sur la manière dont elles fonctionnent. Elles transcendent toutes notions humaines qui pourraient en limiter la portée. De plus, elles ne comportent aucunes exceptions. Il n’existe pas d’occasion où elles ne s’appliquent pas.

Quelles sont ces lois et qu’énoncent-elles?

1. La loi spirituelle de responsabilité dit que chacun est responsable à 100 % de ce qu’il est, de ce qu’il pense et ressent, de ses actions et des intentions les sous-tendant et de ses réactions.

2. La loi spirituelle de causalité (ou loi du retour ou action/réaction) dit que tout ce que nous mettons en mouvement en pensée, en parole et en action nous revient selon l’intention les sous-tendant.

3. La loi spirituelle d’attraction dit que nous nous attirons les personnes et événements qui correspondent à qui nous sommes et à ce que nous pensons. Autrement dit, qui se ressemble s’assemble.

4. La loi spirituelle d’analogie dit que tout ce que nous voyons ou identifions chez l’autre, nous le possédons aussi. La manière dont nous réagissons à ce que nous voyons chez l’autre met en lumière le degré d’acceptation inconditionnelle ou de rejet de nous-mêmes. Dit autrement, c’est la loi du miroir par l’entremise duquel nous sont réfléchis des aspects de nous-mêmes que soit nous acceptons soit nous rejetons.

5. La loi spirituelle de résonance dit que nos énergies sont soit en consonance avec celles de la personne avec qui nous sommes, soit en dissonance. Nous avons des atomes crochus avec l’autre ou nous n’en avons pas. C’est comme chanter juste ou chanter faux.

6. La loi spirituelle de compensation dit que tout ce que nous créons en pensée, en parole et en action qui n’est pas équilibré aura à être rééquilibré, peu importe quand le déséquilibre a eu lieu. L’équilibre est maintenu quand nos créations sont harmonieuses et respectueuses, donc inspirées par l’amour. Un être humain ne peut compenser pour les actions d’un autre, chacun étant responsable à 100 % de ses créations. Envisagée du point de vue spirituel, cette loi constitue la véritable justice, car elle n’est ni assujettie et ni limitée par aucunes lois humaines qui sont imparfaites.

7. La loi spirituelle de réincarnation dit que, lorsqu’à l’intérieur d’une incarnation nous ne parvenons pas à rééquilibrer tous les déséquilibres créés incluant ceux d’une vie antérieure, la possibilité existe de poursuivre notre travail de rééquilibrage lors d’une prochaine incarnation. Cette possibilité demeure tant et aussi longtemps que nous n’avons pas terminé notre parcours nous menant à l’amour universel.

Connaître ces lois spirituelles porte grandement à réfléchir. Une personne y pense à deux fois avant de poser un geste malveillant. Elles confèrent un discernement des plus utiles puisqu’elles permettent de jeter un regard neuf sur la vie et de mettre en lumière les leçons de sagesse contenues dans les expériences difficiles que nous traversons tous. Telle une boussole intérieure, elles permettent de retrouver la voie de l’amour peu importe les dédales empruntés.

Comme disait Jean Rostand, quand nous aurons mérité d’être des humains par la sagesse, la paix mondiale sera un état de fait. Celle-ci ne commence-t-elle pas dans le cœur de chacun? D’où l’importance d’éviter de sombrer dans le défaitisme puisque l’action individuelle est le moteur du changement qui permet l’élévation du niveau de conscience collective. Soyons nous-mêmes ce que nous voudrions que les autres soient, disait Gandhi, et observons les changements prenant place autour de nous. Prêchons par l’exemple!

Désirer être des dieux par la puissance ne mène qu’à l’asservissement des uns par les autres. Et toujours comme disait Rostand, nous paierons très cher ce désir puisque qu’il ne peut conduire qu’à des conflits. Mais souvenons-nous que l’asservissement est possible parce qu’une majorité d’entre nous croit que notre sécurité passe par être plus puissant que les autres, et qu’il n’existe pas d’autres alternatives. Notre niveau de conscience ne nous permet pas encore de concevoir la faisabilité de vivre réellement en paix. Tant que nous serons des « dieux » puissants, nous vivrons de façon misérable. Développons et cultivons la sagesse et nous serons des humains heureux.

En guise de conclusion, j’aimerais citer un autre auteur français, Marcel Proust, quant à la définition qu’il donne à la sagesse : « On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même […] car elle est un point de vue sur les choses. »

Le dessin intuitif, précieux messager de l’âme

Depuis mon enfance, j’ai toujours été à l’affût des jolies formes qui se profilaient dans les nuages, dans les sillons du marbre sur le parquet, sur les écorces du bois, etc. J’y voyais tantôt des personnages, tantôt des animaux pour lesquels je composais des comptines ou des chansons. De jour en jour, selon mon état de conscience du moment, ces formes changeaient d’aspect. Là où je voyais un cheval la veille surgissait le lendemain un poisson.

Puis, avec les années, m’intéressant aux rêves, ayant commencé à les interroger, j’ai réalisé la magie de ces bons génies nocturnes, excellents guides pour prendre des décisions, trouver des solutions aux problèmes du quotidien, etc. Ainsi, je suis graduellement devenue familière avec le symbolisme et l’interprétation.

Si vous n’arrivez pas à vous souvenir des vôtres, tout n’est pas perdu, car le dessin intuitif peut vous dévoiler tout aussi bien les messages de l’âme que vous êtes. Et voilà qu’éveillée, je me suis rendue compte que mes habituels gribouillages au pastel sec recelaient des informations précieuses tout autant que mes contenus oniriques en lien avec mes interrogations du moment.

Suite à une dispute avec mon conjoint, je voulais sincèrement identifier la cause de mes soucis au sujet de ma vie de couple. Le dessin intuitif me montrait exactement là où le bât blessait. Il en est ressorti un jeune pic bois ayant perdu deux plumes (les prises de bec du couple (2) sans doute). Une hache était parvenue à fendre une partie du tronc d’arbre où nichait cet oiseau.

Je m’interrogeai sur le sens de cette révélation. Que fait un pic bois? Il « picosse » comme on dit en québécois, il s’acharne sur l’écorce avec son bec jusqu’à ce qu’il puisse pratiquer une ouverture assez grande puis y déposer le suif récolté. Le dessin me montrait alors que lorsque je m’acharnais à entrer une idée dans la tête de l’autre, le retour ne se faisait pas attendre : cet autre sortait ses gros canons pour tenter de se défendre et contre-attaquer (la hache). Voilà comment parle le dessin intuitif, il raconte une brillante histoire à décoder. L’avantage est que la réponse est instantanée, suffit de sortir les craies du placard et de s’y mettre.

Je me demandais un jour où j’en étais dans mon cheminement spirituel. Le dessin me dévoila la voie à entreprendre : développer mon féminin, mon yang étant déjà bien en santé! Observez la taille du soleil (symbole masculin) et celle du moine : obèses tous les deux! La jeune fille a une taille immensément svelte. On lui a planqué des ailes de plumes aux bras pour qu’elle puisse s’envoler et évoluer. Ses cheveux sont épars par le vent fort, symbole de changement. Elle doit donc modifier sa façon de penser (les cheveux sont rattachés au crâne). Il y a encore toute une histoire à extraire pour aller plus à fond avec les détails du paysage.

Je pourrais vous présenter de nombreuses autres utilisations du dessin intuitif, mais permettez-vous d’explorer à votre rythme et selon votre imagination. Goût d’en savoir plus sur cet outil? Je vous invite à lire Le dessin intuitif, outil de croissance à la portée de tous en format poche rapide à consulter qui vous initiera à la technique toute simple. Un atelier de formation ainsi que des séances exploratoires de 2 heures sont également disponibles. Bonne exploration!

Le tour du monde pour les enfants différents

Je me souviens du jour où l’on m’avait fait lire le poème « Bienvenue en Hollande », cette métaphore qui m’avait tant fait pleurer.  Mon projet de voyage dans la maternité serait à tout jamais différent de bien des parents.  Les mots autisme, déficience intellectuelle, dysphasie, dyspraxie résonnaient en moi.  Le deuil de l’enfant parfait avait creusé en moi un puits de tristesse, c’était devenu ma réalité et ce n’est que dans les yeux lumineux et joyeux de ma petite que j’ai trouvé la force de continuer de croire en un potentiel encore méconnu, mal exploité, mal compris et mal aimé.

Cette préparation à un voyage authentique, mémorable et chaotique m’aura ouvert aux plus grandes possibilités : affronter mes peurs, mes impuissances, les regards méprisants des gens et surtout la peine de n’avoir pas toujours été aussi forte que je l’avais imaginé.  Ce voyage m’aura fait découvrir des endroits inexplorés.  Les plus beaux moments de vie en compagnie des enfants différents.  Même à en trouver une mission de vie.  Et maintenant, mon expérience me permet de voyager à travers le monde et de partager mes écrits, mes inspirations, mes sentiments, mes espoirs et tout l’Amour que comporte l’éducation des enfants et surtout des enfants différents.  Ces voyages me permettent de vivre des moments magiques et enfin j’ai transformé mon isolement, mes peurs et mes moments de découragement en expériences d’une profondeur incommensurable.

Je vis enfin la MISSION de ma vie.  Celle que j’ai découverte dans les moments de tristesse, de deuil, de découragement et de désespoir d’avoir une enfant différente.  Mais grâce à elle, après 13 ans à l’aimer et à tenter de comprendre comment l’éduquer, j’ai compris que la meilleure recette c’était de l’AIMER.  Cette mission de vie, je l’ai trouvée grâce à ce tout premier regard sur la différence, ces voyages se sont succédé et l’amour que j’éprouvais pour elle m’a permis de canaliser mon énergie du POURQUOI MOI, POURQUOI ELLE, en COMMENT AIDER?

Comment j’y suis arrivée?  C’est en touchant ma vulnérabilité, en frappant le fond, en criant ma rage, mais surtout en touchant le cœur des gens et des enfants.  Le yoga a été pour moi, ma médecine afin de reconnecter avec mon être, d’avoir la force d’accepter et de surmonter les défis et de forger mon amour-propre.

Le yoga m’a permis de garder espoir, il a ouvert mon cœur aux possibilités et m’a donné le goût de connecter avec les autres.  On a tous une destination prévue, tous le goût de donner un sens à notre vie.  Parfois, c’est dans les défis qu’on découvre notre être véritable.  Vous aimez voyager?  Quelle est votre destination?  Quelle sera votre contribution à l’humanité?

Partager, inspirer et communiquer sont les éléments clés que je vous propose.  Voici pour vous aider dans votre parcours, quelques mouvements et conseils de yoga pour vous permettre de rester bien ancré lors de votre périple!

Première posture, la Montagne :

  1. Prenez un moment de détente en position debout.  Que transportez-vous sur vos épaules?  Quel est le contenu de votre sac à dos?
  2. Ancrez bien vos pieds au sol, respirez profondément, ayez un regard vers votre intérieur.  Quel est le poids de ce bagage?  Gardez l’essentiel et libérez-vous du superflu de votre sac.
  3. Regardez vers le haut et faites un tout premier pas vers la destination de votre choix.  Tout commence par un tout petit pas pour l’exploration de cette destination, votre montagne!

Au plaisir de vous lire et de partager avec vous, Namasté (salutation yogique : ma divinité salue votre divinité et celle de vos enfants)

Retrouver le rythme grâce au tricot

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers, une maille à l’endroit, une maille à l’envers… Ne trouvez-vous pas que cette répétition rythmée ressemble au battement d’un cœur, au mouvement de nos bras qui bercent un enfant ou encore au rythme des vagues qui caressent le sable?

Tricoter ou crocheter peut être une méditation active plus accessible pour les cerveaux hyperactifs qu’une visualisation ou un exercice de cohérence cardiaque. En effet, il peut être dérangeant de se contenter de respirer pour devenir zen (comme il peut être frustrant de se faire dire « calme-toi » quand on est tout, sauf calme). La méditation statique et silencieuse n’est pas la solution pour tout le monde. 

Un peu comme la marche ou l’écoute de musique occupent le cerveau pendant que le corps se détend, l’artisanat nous permet de nous arrêter pendant quelques minutes ou quelques heures. On tient notre esprit occupé, tout en le gardant éloigné de la charge mentale du quotidien, de l’ennui ou des scénarios catastrophes.

Même si on en profite pour regarder un film ou pour parler en famille pendant qu’on tricote, une partie de nous est entièrement centrée sur le mouvement de nos mains. Ces mains doivent d’ailleurs être détendues, et la respiration doit être contrôlée sinon le tricot sera tendu lui aussi. Le geste de tricoter ne sera pas agréable : impossible de passer l’aiguille dans une maille trop serrée, sans compter que des tensions musculaires s’installeront dans la nuque, le dos et les bras. Tricoter amène donc à observer notre corps, nos pensées et nos émotions. Un bel exercice de pleine conscience.

En plus de nous amener dans un état de calme actif, l’artisanat nous met en contact constant avec la matière et avec l’essence de la créativité. On part de presque rien (un fil) et on crée quelque chose qui n’existait pas. On doit se consacrer à ce fil qui passe entre nos doigts et qui se transforme au rythme des mailles et des rangs. On fait face à nos compétences et à nos limites devant un patron plus ou moins complexe, devant la fatigue du moment, devant nos restrictions physiques ou mentales ou devant le temps qui passe. On apprend, on évolue, on se lance des défis, on éprouve une fierté personnelle devant notre accomplissement. On peut même partager ces moments avec d’autres pour leur enseigner ou pour apprendre d’eux. 

Quand on tient notre tricot, on se retrouve aussi devant un pouvoir de création et un plaisir partagé. La couverture douce qu’on confectionne pour le bébé d’une amie nous accom­pagne pendant plusieurs heures, mais elle restera dans la vie d’une famille pour encore plus longtemps. Les bas tricotés pour un petit-fils ou le foulard qui tiendra un sans-abri au chaud poursuivront leur chemin après avoir quitté nos mains. En allant habiter chez quelqu’un d’autre, nos créations laissent nos mains libres de créer d’autres tricots créatifs et méditatifs, pour soi ou pour d’autres. À la présence croissante de l’anxiété, des écrans et du « chacun pour soi », pourquoi ne pas répondre par un loisir créatif comme le tricot, la couture, la peinture, la broderie? Ce sont des façons originales de s’imprégner du rythme des vagues et de retourner à l’essentiel.

La transition, c’est maintenant

Choisir aujourd’hui ce que sera demain
Laure Waridel, préface de Dominic Champagne

Alors que les écosystèmes se dégradent à un rythme sans précédent, on réalise que les humains confondent moyens et fins, argent et richesse, croissance économique et bien-être. Comment mettre l’économie au service du bien commun afin qu’elle opère à l’intérieur des limites planétaires? Par où commencer pour transformer un système qui a institutionnalisé la cupidité?

Au contact de citoyennes et de citoyens issu.e.s de tous les milieux, Laure Waridel trace les chemins d’une réelle transition vers une économie écologique et sociale. Son constat est clair : les solutions sont déjà là, à notre portée. L’auteure identifie les lignes de force qui permettent d’investir autrement, de tendre vers le zéro déchet, de se nourrir autrement, d’habiter le territoire intelligemment et de se mobiliser par tous les moyens. Elle met en lumière de nouveaux paradigmes qui transformeront le monde en misant sur la création de liens entre les humains et avec la nature, cette nature que nous habitons et qui nous habite tout autant. On constate alors qu’il est possible de créer une richesse inconnue de la finance : une richesse qui ne ruine pas les bases de la vie sur Terre.

Avec La Transition, c’est maintenant, Laure Waridel nous démontre que tout est encore possible. Elle fait la preuve que nous avons tous et toutes un rôle important à jouer, quelle que soit la place que l’on occupe dans la société. 

À nous de choisir ce que sera demain.

Corédactrice du Pacte pour la transition et cofondatrice d’Équiterre, Laure Waridel est écosociologue Ph. D. et professeure associée à l’UQAM. Spécialiste reconnue du commerce équitable et de la consommation responsable, elle est aussi l’auteure des best-sellers Acheter, c’est voter (2005) et L’envers de l’assiette (2011) publiés chez Écosociété.

L’erreur est urbaine

  • La ville a retardé notre contrat à cause des grenouilles! annonça François.
  • Ah! Vous aussi? interrogea Denis.
  • Oui, nous aussi. Ça cause des problèmes dans notre budget! ajouta Jean-Marc.
  • De quoi parlez-vous au juste? demandai-je.
  • La ville a déboursé des milliards de dollars pour bâtir un complexe, mais un groupe d’écolos s’oppose au projet parce qu’ils veulent protéger l’étang m’expliqua la femme de Denis.
  • Je les comprends! Ces pauvres grenouilles sont en voie d’extinction!
  • On s’en fout des grenouilles! fulmina André me fixant d’un air furieux.

Je venais de semer le pandémonium avec mon commentaire. J’étais soudainement devenue une de ces folles qui criaient panique parce qu’on tuait des populations de grenouilles pour bâtir des immeubles de béton. Malheureusement pour moi, il n’y avait pas d’issue de secours. J’étais enfermée dans un véhicule avec des entrepreneurs de la construction en destination de la coupe Grey. Cette soirée s’annonçait longue…

Je me suis mise à penser à toutes les fois où je m’étais rendue à cet endroit précis avec mon fils. Je n’étais pas la seule! Plusieurs familles s’y rendaient et apportaient du pain pour nourrir les canards et les outardes. Avec un peu de chance, nous apercevions un héron, ce majestueux oiseau qui semblait régner sur tout l’étang. Ce que j’aimais le plus, c’était de voir mon garçon attraper les grenouilles et me les montrer fièrement comme s’il venait de gagner la fameuse coupe… Grey. Ces temps-là tiraient à leur fin… et comme l’argent gagne souvent dans ces combats, les écolos, moi incluse, ont dû encaisser une autre perte pour mère nature.

J’ai beau vouloir oublier cette destruction de la nature, cela m’est impossible. L’an dernier en me rendant au lac chez ma mère, par exemple, j’ai dû passer au travers quelques kilomètres de construction. Des acres de terrain avaient été dynamitées et des milliers d’arbres abattus pour faire place à une nouvelle voie rapide. Mon fils, inquiet, avait tenté de me consoler tellement mes sanglots m’étouffaient. Cette fois-là, j’avais garé la voiture tellement mes larmes m’aveuglaient.

J’entends encore la voix furieuse d’André : « On s’en fout des grenouilles! ». Et bien, pas moi! On se plaint que les gens sont malades, qu’il y a des virus de toutes sortes, qu’il y a un trou dans la couche d’ozone, qu’il y a trop de pollution, que les gens sont obèses, etc. Puis, on dépense des fortunes pour nous dire que nous devons nous remettre en forme, prendre des vitamines, manger santé, aller chez le docteur, le dentiste et l’oculiste régulièrement, etc. Pourtant, les arbres sont source d’oxygène, de nourriture, d’abris, de protection et d’énergie en plus de réduire la pollution!

Quand mettrons-nous fin à toutes ces fabriques de boucane et de béton? Où irons-nous chercher notre énergie lorsque l’urbanisme aura envahi la campagne? Veuillez m’excuser. Je dois aller faire un câlin à un arbre et donner un bisou à une grenouille.

Vieillir sans rétrécir, est-ce possible?

Les divers stress de notre vie marquent notre corps en cau­sant, entre autres, un rétrécis­sement qui risque d’affecter mobilité, vitalité et perception de soi.

Vieillir a des conséquences sur la flexibilité, la motricité globale, la coordination, la force, l’équilibre, l’endurance et la dynamique vitale. 

Vous connaissez le proverbe anglais use it or loose it? Il signifie que moins on bouge, plus on perd notre mobilité. Il est donc important d’en prendre conscience et d’accueillir les transitions et les transformations inévitables avec compassion.

Une réalité hétérogène
Évidemment, nous ne vieillissons pas tous de la même manière. Le vieillissement dépend de notre hérédité et de nos habitudes de vie. Il dépend également de chaque individu, tant dans la perception de soi que dans la façon d’intérioriser les stéréotypes que véhicule la société à propos du corps vieillissant ou d’y résister.

Nous avons chacun une histoire de vie et des expériences très variées du mouvement, ce qui fait que les transformations se font à des rythmes différents chez chacun. En outre, la perception des changements corporels varie selon notre vision personnelle et la vision sociétale du vieillissement.

Deux visions opposées du vieillissement
La vision déterministe  repose sur des valeurs âgistes, c’est à dire sur des stéréotypes négatifs à propos de l’âge. Cette vision porte un regard négatif sur le vieillissement, se concentre sur les pertes avec une perception de cette étape de la vie comme une maladie incurable. 

Cette vision est très puissante dans l’inconscient collectif. Le discours normatif qu’elle engendre repose sur les valeurs du no pain no gain. Autrement dit, pour réussir, il faut se dépasser sans cesse et pousser sur soi pour avancer. Sans nier le plaisir de relever des défis, ce dépassement exige des forces qui ne sont plus au rendez-vous avec la même intensité. Elle colore la façon dont le corps est perçu et peut affecter le regard que nous portons sur nous-mêmes et avoir des conséquences sur l’estime de soi. 

Le rétrécissement de soi peut devenir synonyme de perte, d’échec, de honte et d’exclusion sociale. La vision normative d’un corps parfait, qui doit rester jeune et en santé, influence la perception de soi, nous maintient dans une image extérieure à soi pour laquelle il faut faire de nombreux efforts pour s’y conformer. Beaucoup d’énergie est ainsi mobilisée à maintenir l’apparence de la jeunesse. Et c’est toute une industrie qui influence cette vision et qui en profite. Cette dernière nuit, bien évidemment, à l’accueil de cette transition vers la maturité et de notre processus de transformation personnelle.

La vision développementale, quant à elle, repose sur des valeurs oppo­sées : quel que soit notre âge, nous pouvons toujours apprendre à changer, développer de nouvelles habitudes, diminuer les effets du rétrécissement et parfois le rendre réversible pour continuer à mordre dans la vie.

Vieillir est un processus qui commence dès la naissance. Notre façon de vivre et notre façon de penser ont créé des habitudes et influencent notre façon d’être au monde. Certaines seront utiles, d’autres vont être à l’origine de limitations. Et c’est normal! 

Les recherches en neurosciences ont démontré que notre cerveau est plastique, c’est à dire capable de réorganiser ses connexions en fonction de notre expérience. Ce qu’on a appris et ce qui nous a limité peut se désapprendre au profit de nouveaux apprentissages libérateurs, lesquels engendrent une nouvelle façon de bouger. Toute nouvelle expérience créatrice va créer des nouvelles connexions neuronales et enrichir notre mobilité avec un gain dans l’estime de soi et le sentiment de liberté. 

C’est une invitation à développer une conscience de notre corps, à diversifier nos expériences, à apprendre d’elles et à continuer à avancer dans la vie avec courage et curiosité malgré la fragilisation et un ralentissement physique.

Vieillir sans rétrécir aux possibilités infinies jusqu’à un âge avancé, qu’en pensez-vous?