La liberté

La vie, c’est la respirer en toute circonstance, en tout moment. Que la fleur qu’on te présente soit ouverte ou fermée, elle a son odeur, sa forme, son unicité. Il suffit de l’apprivoiser, de l’expérimenter pour ensuite la laisser partir et la laisser changer. Tu peux choisir d’être la tige ou le pot. Mais là tu la portes, tu en deviens responsable et tu perds ta propre force. Deviens simplement le jardin qui savoure toutes les différentes fleurs sans en posséder une. Dieu est notre jardin et nous sommes tous les semences pour devenir qui l’on veut et ce que l’on veut. Qui es-tu dans le jardin de la vie? As-tu semé la liberté de vivre et de goûter en acceptant ce qui se présente devant toi. On se faufile tous dans une danse de partage, sans jamais rester à la même place. C’est la confiance et la foi qui nourrissent la terre sous nos pieds et qui nous amènent là ou l’âme nous dirige. L’esprit veut simplement faire l’expérience de notre expression vers le chemin de la connaissance de notre divinité.

Oublie pour un instant ton corps physique. Que reste-t-il? Un grand soleil lumineux qui possède l’Intelligence Suprême. C’est dans cette sphère qu’on doit se baigner par l’intuition pour nous guider à chaque tournant. À ce moment-là, on n’a plus à prier Dieu, on le devient. Quand cette conscience s’intègre, l’expansion de notre être attire exactement les énergies qui forment un pont qu’on traverse, laissant derrière les barrières que l’humain crée. Ça c’est la liberté. Accepter d’être éclairé par les rayons de notre soleil intérieur et choisir, décider la joie qui a toujours été dans chacune de nos cellules.

Ce sanctuaire privé qu’on a tous ne connaît que la joie. Quand on s’y connecte, le reste est farfelu, insignifiant. On coule avec les évènements sachant qu’ils m’amènent au bout de mon être, là où l’on veut tous s’y rendre. J’y suis déjà à chaque fois que je suis consciente, que je prends part à la nature, aux cours d’eau, aux caresses du vent, à respirer la vie.

L’Intelligence existe en tout. C’est une toile qui tisse chaque mouvement. Cette Intelligence, si je la reconnais, elle me porte comme un nuage. Je reste alerte et je m’amuse dans l’illusion du quotidien, détachée, le cœur ouvert à vivre l’expérience présentée. Car chaque expérience, c’est moi qui l’ai créée. Je choisis par mes pensées. Donc, la grande question est « qu’est-ce que je veux au niveau de mon être et non pas de l’avoir? » Mais en premier, je choisis de m’aimer. L’amour, étant la fabrication de la vie, me donnera tout si mes choix sont dans l’amour.

La beauté attire la beauté. Devenir un enfant émerveillé m’entourera que de beauté. Choisir consciemment élimine les peurs.

J’ouvre grand le cœur laissant aller les résistances de l’humain, car ma divinité est le conducteur dans ma direction de vie. Je saute, j’y vais, je fonce, je ris, je crée, j’expérimente. Comme l’enfant qui joue dans un parc de jeux. Que je me sens libre quand je respire cette aventure en amour avec le tout. Je suis….qui je suis.

Voilà, laisse-toi aller, vas-y, sois libre et ouvert.

Développer la conscience du corps que l’on est

Dans nos sociétés modernes, nous baignons dans une culture où l’image a pris le dessus sur tout. Notre regard est tourné davantage vers l’extérieur des choses et de nous-mêmes.

Nous sommes tous piégés par le jeu des apparences, par le « look » qui accordent une si grande importance au « corps-objet » qui est dressé au détriment de l’intelligence du « corps sensible », du CORPS QUE L’ON EST. Peut-être parce que ce dernier est la face cachée de notre réalité, comme celle de la lune qui tourne le dos à la terre. C’est vrai que les yeux sont fortement impliqués dans le développement moteur; placés sur le devant du corps, ils sont constamment sollicités. Nous avons appris (pour les voyants) à nous fier à eux. Ils prennent le dessus sur les autres sens et plus particulièrement sur ce sixième sens qui est la proprioception : ce sens qui renseigne notre cerveau sur la position de chaque partie du corps dans l’espace.

C’est ainsi que – sans nous en rendre compte, nous nous sommes éloignés de notre ressenti et de notre sensibilité musculaire. La bonne nouvelle, c’est que, quels que soit, notre âge et notre condition physique, nous avons le pouvoir de rétablir le contact avec cette face cachée de notre corps qui se trouve en dessous de notre peau. Il suffit d’inviter notre regard et tous les autres sens à se tourner vers l’intérieur : à toucher, ressentir, écouter et à vivre autrement notre corps.

Cela est possible grâce à des mouvements lents, faciles à exécuter et qui respectent les capacités et le rythme de chaque personne. Il s’agit d’un voyage corporel qui invite à l’exploration et à la découverte de la manière dont le corps s’est organisé autour de nos secrets émotionnels.

Les participants réalisent, entre autres que toutes les émotions refoulées depuis le jour de notre naissance, ont laissé des traces sous formes de tensions dans certaines parties de notre corps. Prisonnier de ces tensions, les émotions ont contribué à le déformer, à l’éloigner de son axe. L’énergie vitale circulant moins bien, c’est ainsi que certains maux physiques tels la migraine, les maux de dos, de la nuque, les problèmes de digestion, l’insomnie et bien d’autres encore se sont manifestés.

Très souvent, pour y remédier, on aura recours aux médicaments de toutes sortes et pour retrouver la forme, on soumettra notre pauvre corps à des exercices mécaniques pour en muscler certaines parties.

Ainsi, la circulation sanguine et le système cardiovasculaire seront stimulés au détriment des muscles profonds du corps. S’acharner sur les muscles superficiels raccourcit les muscles qui se trouvent derrière, dans notre dos, ceux de la chaîne musculaire postérieure* (CMP).

La Gymnastique Émotionnelle permet, entre autres, de découvrir cette force extraordinaire située à l’arrière de notre corps. Si les muscles de cette chaîne sont raccourcis, trop hypertoniques, certaines déformations dans le corps s’imposeront : la bosse de bison, le double menton, les épaules enroulées vers l’avant, le ventre flasque, la culotte de cheval, les jambes en X ou en parenthèse, les pieds qui se déforment pour ne nommer que ceux-là. Je suis pour le sport, l’exercice en général, mais je pense qu’il est préférable de s’y adonner sans se faire violence, sans pousser le corps au maximum pensant que si ça fait mal, c’est bon signe, car nous obtiendrons de bons résultats.

Je vous propose immédiatement un petit exercice qui vous permettra de réaliser comment vous habiter votre corps :

  • Mettez-vous à plat dos sur un tapis ou sur une couverture.
  • Fléchissez vos jambes, placez vos pieds à la largeur des os de vos fesses, les ischions.

Portez maintenant votre attention sur vos pieds. Pouvez-vous sentir vos orteils, vos plantes de pieds et vos talons? Comment sont-ils? Crispés? Détendus? Peut-être qu’il y a un pied davantage en contact avec le sol. Ne changez rien. Vous explorez seulement.

  • Soulevez les orteils de votre pied droit et écartez les orteils.
  • Essayez de déposer un orteil après l’autre sur le sol sans forcer. Il est possible que ce soit difficile et que vous déposiez tous vos orteils. Vous faites seulement ce que vous pouvez et un jour – lorsque la souplesse dans les muscles de votre chaîne musculaire postérieure s’exprimera, vous y arriverez aisément.
  • Faites quelques fois ce travail du côté droit (trois à quatre fois).
  • Avant d’entreprendre le pied gauche, prenez le temps de ressentir les sensations qui s’expriment dans votre pied droit.

Vous pouvez aussi allonger vos jambes afin de vérifier si ce petit mouvement a agi sur d’autres parties de votre corps.

  • Ensuite, faites vivre l’exercice à l’autre pied. Comparez – sans jugement – si un côté de votre corps a plus de souplesse que l’autre.

Avez-vous eu de la difficulté à vous connecter à vos pieds? Ils sont si éloignés du cerveau et nous avons tendance à les négliger, voire même à les violenter. Nos pieds sont pourtant nos racines. Ils ont intérêt à bien se poser sur le sol, afin d’apporter un maximum de confiance à l’ensemble de notre corps.

Ces exercices sont une invitation à mieux se connaître et à libérer le corps des crispations inutiles et des mémoires émotionnelles encombrantes.

Ainsi, non seulement votre corps retrouvera-t-il aisément l’harmonie des formes mais encore, il vous communiquera un sentiment de plénitude de se sentir – pour la première fois peut-être – aimé et respecté. Il vous le rendra en vitalité dans tous les domaines de votre vie.

Réflexions sur cette époque de turbulence

Notre époque est de toute évidence le théâtre d’immenses changements de conscience. Depuis le côté intérieur, des stimulations spirituelles sont induites ayant pour effet de bouleverser nos esprits, nos émotions et nos corps. Ce qui se produit en nous se produit également dans le monde entier tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ces stimulations de la conscience s’apparentent à l’eau déversée sur un jardin qui permet aux bonnes comme aux mauvaises herbes de croître. Or, nous assistons autant à des déploiements de pure bonté du genre humain qu’à des atrocités les plus infâmes. De nouveaux paradigmes s’entrechoquent à d’anciennes certitudes. Des idéologies s’anéantissent pour l’émergence de nouvelles.

Le pire comme le meilleur émerge de partout, dans nos sociétés, comme dans le monde entier. Même notre planète nous transmet le meilleur et le pire d’elle-même. Autant elle nous fait goûter à ses printemps prolongés, qu’à ses cataclysmes les plus effroyables. Les cotes de la bourse nous séduisent un jour pour s’enfoncer dans l’abîme le lendemain. Nous sommes témoins de l’avidité infinie de l’homme et de sa fascination pour l’horreur, mais en même temps jamais l’humanité n’a connu autant de sages et d’êtres réalisés. Que nous réservent ces temps de chaos? Allons-nous profiter de ces bouleversements pour croître en conscience ou nous placer la tête dans le sable?

Je crois que nous avons tous une formidable occasion de tourner notre regard sur ce qui importe vraiment dans nos vies. De réaffirmer notre désir de donner un sens plus profond à notre existence et de nous engager à atteindre une plus haute maturité. Chaque épreuve qu’une personne traverse au cours de sa carrière terrestre a un but spirituel. Une qualité à développer, une force à déployer ou un talent à servir. Nous sommes collectivement éprouvés pour susciter l’éveil de nos cœurs et de nos esprits à quelque chose de plus grand. À une vision et une compréhension plus sage de la raison de notre passage sur terre. La Nature ne punit jamais. Elle cherche à entraîner dans son expansion les vies qui la composent vers un plus large dessein.

Comment tenir un journal de rêve

Il est normal d’écouter les nouvelles à tous les jours pour être au courant de ce qui se passe dans le monde. Mais lorsqu’il est temps de savoir ce qui se passe dans notre vie, notre monde intérieur, ce qui concerne nos émotions et nos pensées, prenons-nous le temps d’être à l’écoute?

Pourtant, le sommeil nous conduit chaque nuit au bulletin de nouvelles le plus important, celui qui nous informe des événements émotionnels vécus dans la journée, des débats intellectuels qui se jouent dans notre tête et des voyages spirituels qui s’offrent à notre conscience onirique. Pendant toute la durée du sommeil, la station RÊVE diffuse à chaque 90 minutes un bulletin de nouvelles. Cette présentation dure de 5 à 10 minutes en début de nuit pour le premier rêve et atteindra plus de 30 minutes lors du dernier rêve au petit matin.

Maintenant que la science possède des preuves que tout le monde rêve, il n’en tient qu’à nous de nous ouvrir à cette activité bénéfique pour notre équilibre émotionnel, mental et spirituel. Pendant que le corps se régénère durant le sommeil profond, une autre partie de nous vit des expériences fascinantes durant le sommeil de rêve aussi appelé sommeil paradoxal.

Puisque la nuit porte conseil, nous avons intérêt à noter les détails qui proviennent de nos aventures nocturnes. Au réveil, il nous reste à inscrire les images et les impressions qui persistent dans notre mémoire. Un journal de rêves bien organisé est un atout pour mieux nous y retrouver dans le contenu parfois irrationnel du rêve. Les trois éléments importants à la structure de notre journal sont : la date, un titre et le sentiment final.

La date est nécessaire pour faire un lien temporel entre les événements de jour et le rêve de nuit. Elle sert aussi à repérer et mieux comprendre certains types de rêve dont les rêves en série, les rêves répétitifs et les rêves prémonitoires.

Le titre que nous inscrivons se choisit en fonction de l’élément dominant du rêve (objet, personnage ou action). Il nomme l’ensemble comme un titre de livre ou de film. Il sert à résumer l’essentiel des images, à saisir la globalité du scénario et à orienter l’analyse du rêve.

Le sentiment final que nous devons noter à la fin du rêve est celui qui est ressenti dans la dernière scène. Il est l’élément le plus utile à l’interprétation du rêve pour y déceler l’amour ou la haine, la libération ou l’emprise, la joie ou la tristesse, la réussite ou l’échec.

Voici l’exemple du rêve de Luc accompagné de son analyse :

Titre : La femme tuée

Je suis en compagnie de mes amis. Près de nous, un autre groupe a un comportement dérangeant. Plus le temps avance, plus cela devient désagréable et même menaçant. Je sais que je ne peux rien faire pour l’instant. Après une certaine période de temps, je sens que c’est maintenant le temps d’agir. Je me dirige vers une femme du groupe et avec mes mains, je lui tords le cou et elle meurt. Un homme se dirige alors vers mois et je n’ai pas peur. Je lui dis que je vais lui régler son compte à lui aussi. Voyant ma détermination, il s’enfuit à toutes jambes. Sentiment final : victoire.

Suite à ce rêve, Luc a fait le lien avec sa vie professionnelle. Un partenariat avec un groupe de gens d’affaires devenait de plus en plus difficile. Ce rêve lui indiquait d’avoir la patience d’attendre avant de mettre fin à cette union (tuer la femme) et de faire face au résultat de cette rupture (affronter l’homme). La victoire lui était assurée (le sentiment final). Effectivement, quelques semaines plus tard, l’occasion s’est présentée pour se désaffilier d’un groupe et tout s’est bien passé.

En plus de nous aider à augmenter la mémoire du rêve, notre journal devient un précieux confident. Il cueille à chaque matin les trésors de la nuit dont voici quelques exemples : des réponses à un questionnement (amoureux, financier, professionnel), des plans pour développer un projet, des idées pour décorer une pièce, et même une solution pour trouver un emploi idéal.

Je vous souhaite de beaux rêves…

Se choisir plutôt qu’endurer

Le désir de changer quelque chose dans sa vie émane souvent d’une situation qui nous amène à vivre un malaise tellement intense qu’il nous devient impossible d’y rester. Les « moins » finissent par l’emporter sur les « plus ». Par contre, certaines situations comportent presqu’autant d’avantages que de désavantages. Les choses ne sont pas aussi claires, le malaise n’est pas nécessairement accompagné d’un désir urgent de changement, mais génère une insatisfaction assez importante. C’est dans ces sphères que notre volonté nous manque souvent quand nous visons le changement.

La roche dans le soulier

Avez-vous déjà eu une petite roche dans votre soulier? Elle ne vous faisait pas assez mal pour l’enlever, mais juste assez mal pour vous rappeler sa présence. Votre raison vous dirait d’arrêter votre marche, d’enlever votre chaussure et d’enlever la roche. Vous vous évertuiez à l’oublier, à penser à autre chose, mettre moins de poids sur ce pied, secouer votre pied pour la loger à un endroit où vous ne la sentiriez plus (solution temporaire car la roche éventuellement reviendrait là où elle se ferait sentir). Nous avons tous fait ça. Vous voyez où je veux en venir?

Ça fait mal mais pas tout à fait assez

Notre vie est souvent un soulier plein de roche. Certaines sont là depuis tellement longtemps qu’on ne les sent plus. D’autres se font sentir à travers les événements et relations qui composent notre vie. Lorsque la douleur est intense, nous sommes forcés de nous arrêter et faire quelque chose avec la « roche » peu importe la forme qu’elle prend. Mais les autres petites roches pas encore assez douloureuses elles? Vous savez les choses dans notre vie qui auraient besoin d’être transformées, mais qui ne nous dérangent pas encore assez? Celles qu’on endure?

Ma vie, un marathon?

Une bonne façon de savoir où nous avons certains blocages et où notre vie gagnerait à être améliorée est de s’arrêter et regarder quelles sont les situations que nous « endurons » en ce moment. Quand l’endurance s’étend dans le temps, notre vie prend des allures de marathon. Cela use et gruge notre énergie vitale. S’arrêter, regarder ce qui fait mal et lâcher prise sur des façons de fonctionner néfastes pour nous semblerait une chose normale et logique. Pourtant, c’est souvent la dernière chose que la plupart d’entre nous faisons. Nous sommes persuadés qu’endurer constitue une solution efficace. En fait, c’est une solution temporaire que nous avons mis en place souvent parce que nous croyons ne pas avoir d’autres moyens pour nous en sortir. Endurer une situation est en général insatisfaisant et nous éloigne de notre joie de vivre et notre créativité. Arrêter d’endurer veut dire se choisir, décider de répondre à ses besoins et aller vers une vie plus satisfaisante.

5 étapes pour mieux se choisir

1- Faites une liste écrite honnête des choses que vous endurez en ce moment : dans vos relations, au travail, financièrement, dans votre santé. Prendre conscience est la première étape.

2- Endurer une situation signifie souvent que nous passons outre certains de nos besoins importants. Comment pourriez-vous vous réengager face à vous-mêmes et votre bonheur? Tout part de vous. Sans à tout prix changer l’extérieur, votre attitude intérieure peut faire toute la différence entre endurer une situation et la choisir.

3-Allez chercher de l’aide. Sortir le problème de soi, changer sa perception d’impuissance et se connecter sur des ressources constitue des moyens efficaces.

4- Prenez conscience qu’il y a de nombreuses raisons parfois complexes au fait d’endurer une situation. De plus, il est possible que vous enduriez une situation, car vous ne savez pas exactement ce que vous voulez réellement dans la vie. Et que si vous le savez, vous ne savez pas comment l’obtenir, vous avez peur de ne pas y arriver et souvent la peur de l’inconnu vous paralyse.

5- Si pour le moment endurer une situation est plus fort que vous, ayez de la compassion envers vous-mêmes. Vous juger et vous critiquer ne font qu’aggraver les choses et augmenter votre paralysie.

La contemplation, une façon de ralentir pour gagner du temps!

Dans un effort pour retrouver « mes esprits », j’ai redécouvert dernièrement la valeur incroyable et la richesse de créativité et de ressources auxquelles j’accède en consacrant 20 à 30 minutes de mon temps à la contemplation tous les jours.

La réalité telle qu’on la connaît cache une Réalité beaucoup plus vaste qui la sous-tend et à laquelle on accède seulement quand on prend le temps de s’arrêter et de prendre contact avec le courant intérieur. On peut alors cesser de se buter sur les mêmes obstacles pour découvrir des réalités et des solutions qui génèrent de réels changements. Einstein disait qu’on ne peut pas régler les problèmes à partir du même mode de pensée avec lequel on les a créés. Un vrai changement nécessite un changement de perspective, de conscience.

La contemplation me permet de m’élever au-delà du flot incessant des exigences, des défis et des préoccupations journalières, où je me perds à l’occasion, pour mieux voir la situation. Un peu comme si perdue en forêt, je montais dans un arbre pour observer d’en haut quels sont les meilleurs chemins à prendre pour atteindre la clairière.

Une occasion également de sortir du courant de la conscience sociale pour prendre contact avec un courant intérieur qui me connecte à la dimension créative d’Âme que je suis. J’y suis guidée vers des lectures, des personnes ressources, un geste d’amour à poser durant la journée, une façon différente d’aborder une situation où un lâcher prise libérateur. Je lisais dans The Art of Spiritual Dreaming (1999) « l’Âme… (page 199) ne peut travailler si vous paniquez. L’anxiété ferme les centres de créativité. Quand vous ne pouvez penser, tout ce que vous tentez de faire se transforme en une série d’erreurs. Si vous ralentissez, le principe spirituel peut commencer à s’exprimer à travers vous de façon à ce que vous puissiez trouver la solution au problème qui vous concerne ». (traduction libre)

Paradoxalement, c’est en ralentissant et en reprenant ma pratique de contemplation journalière que j’avance le plus dans la prise de conscience d’attitudes à changer, que j’arrive à voir derrière l’illusion, à « télécharger » (comme le dit Julia Cameron dans son livre The Artist’s Way, 1992) sous forme d’intuitions et d’inspirations, la guidance inspirée des mondes intérieurs pour m’en servir dans mon quotidien.  Dans cet espace calme et détaché, je découvre des façons de prendre soin de moi, d’améliorer mon existence et celle des autres.

La contemplation est un exercice simple et puissant qui est pratiqué dans plusieurs cultures et qui consiste à se retirer des activités du quotidien pour s’accorder un temps de solitude et de réflexion. « Nous sommes si agressés par le bruit que nous ne maîtrisons plus l’art de la contemplation. Notre âme subit les conséquences de la diminution de notre capacité d’attention… contemplare, dérive de… templum…, soit « temple », et signifie « observer avec attention ». (Gelb, 1999)

Voici comment je la pratique :

  1. Je prends l’habitude à tous les jours de m’asseoir à heure régulière (matin ou soir) dans un endroit tranquille pour 20 à 30 minutes.
  2. Après quelques bonnes respirations, je mets mon attention sur le troisième œil (œil spirituel ou l’écran mental). Je rentre alors dans un état de relaxation en tournant mon attention graduellement vers l’intérieur (une façon d’apprendre à changer le monde de l’intérieur plutôt que de l’extérieur) où je laisse l’inspiration me guider.
  3. J’utilise ce temps de contemplation pour :
    • Revoir les rêves faits la nuit précédente.
    • Parcourir des extraits de mon cahier de rêve et faire des liens avec des événements de ma vie courante.
    • Réfléchir sur mon journal de réflexion et prendre la distance avec les événements qui me troublent ou revenir sur les éléments dont je n’ai pas encore compris le sens.
    • M’abandonner à la guidance par rapport à une situation particulière en m’arrêtant sur un extrait de livre ouvert au hasard pour trouver une réponse.
    • Écrire une lettre à mon guide par m’aider à résoudre un problème et observer la réponse durant la journée qui suit.
    • Varier mes contemplations à partir d’un livre d’exercices spirituels pour développer ma créativité d’Âme ou tout simplement utiliser mon imagination pour inventer de nouveaux exercices.
  4. J’accompagne cette contemplation d’un chant sacré, le chant du HU, (un ancien nom de Dieu, se chante : you… you…) un mantra qui élève ma conscience et qui m’apporte réconfort et protection.
  5. Je prends note des informations qui me viennent en contemplation pour les utiliser plus tard dans ma journée ou pour améliorer certains aspects de ma vie.

J’approche ce temps de contemplation comme une rencontre privilégiée avec le divin et je respecte ce temps de rencontre avec autant d’engagement que mes rendez-vous quotidiens. Ça donne une toute autre couleur à ma journée, à ma vie.

Cette contemplation, je la poursuis parfois durant ma marche au bureau, en écoutant la musique dans l’auto, en restant attentive aux rêves éveillés et aux paroles de sagesse que les gens me lancent souvent sans s’en rendre compte durant la journée et qui m’apportent des éclaircissements sur des situations demeurées sans réponse. Avec le temps, j’ai fait de la contemplation un exercice continu.

Une façon de ralentir qui me fait gagner beaucoup de temps.

Bonne contemplation!

Références :

Klemp, Harold, The Art of Spiritual Dreaming, ECKANKAR, Minneapolis, 1999

Gelb, J. Michael, Pensez comme Léonard de Vinci, Les Éditions de l’Homme, 1999

Choisir le bonheur

Il y a trois ans, j’ai pris quelques semaines de congé afin de fêter mes trente ans comme thérapeute. J’en ai profité pour faire une réflexion sur ces milliers de personnes que j’avais rencontrées et qui m’avaient conté leurs peines et leurs bonheurs.

Je me suis rendu compte que le bonheur des gens n’a rien à voir avec la réalité de ce qui leur arrive, mais bien plus avec les attitudes que les gens prennent face à ces réalités.

Je me suis amusée à faire une liste des caractéristiques des gens heureux ou qui arrivaient à l’être. L’une de ces caractéristiques est que les gens heureux sont des gens qui savent que le bonheur est un choix. Un choix de chaque instant et non un cadeau du ciel. Un choix qui demande de la volonté et du courage. Les gens heureux sont des gens qui décident consciemment de prendre le chemin du bonheur.

Un exercice que je pratique souvent avec mes clients consiste à se rappeler un moment de bonheur dans notre vie. Puis, nous créons un petit poème en quelques syllabes qui nous sert ensuite d’ancrage ou de rappel lorsque les circonstances se font plus difficiles. L’une de mes clientes, une jeune femme, nous a raconté une anecdote. Le médecin lui a dit croire qu’elle avait une maladie mortelle et peu de mois à vivre. Il l’envoie passer des tests d’urgence à l’hôpital. Dans l’attente des résultats de ces tests, la jeune femme vit des moments de grande angoisse et de douleur physique. Puis, lorsqu’elle se présente chez le médecin, celui-ci lui dit que, vu le résultat des tests, et contrairement à ses attentes, une opération pourrait la guérir. Tout heureuse, elle téléphone à son mari pour lui annoncer la nouvelle et partager sa joie. Celui-ci, préoccupé par son travail, lui répond : « Écoute, je n’ai pas le temps de te parler, je suis occupé, on en reparle ce soir ».

Heurtée par l’insensibilité de son mari face à ce qui, pour elle, était si important, elle prend un taxi pour la maison et se met à pleurer. Et pendant qu’elle se forge des scénarios catastrophiques sur son conjoint, oubliant la réalité globale de sa vie de couple, elle se met à penser à cette phrase : « Le bonheur est un choix ». Et elle décide :  je peux choisir de me gâcher ce moment et de focaliser sur le fait que mon conjoint ne comprend pas ce que je ressens ou je peux choisir de focaliser sur le fait que la vie que je croyais perdue m’est redonnée et de profiter de cet instant pour être heureuse. Ma cliente décida de baptiser cet instant « Taxi pour le bonheur » et de s’en rappeler à chaque fois qu’elle perdrait le fil face au bonheur.

Focaliser sur ce que j’ai et non sur ce qui me manque est un choix très propice au bonheur. Cependant, cette attitude est différente de la position positiviste de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Il ne s’agit pas de développer une perception à « lunettes roses », de voir tout en couleur, de nier les problèmes. Il s’agit de développer une attitude courageuse et de voir que j’ai des choix même dans la pire des circonstances. Les pissenlits pousseront dans votre jardin que vous le vouliez ou non (ou les vers blancs!). Il ne s’agit pas de nier la réalité, mais de voir que j’ai le choix de l’attitude que je prendrai : faire de la salade aux pissenlits, me lancer dans un combat d’arrache-pissenlits, ignorer les pissenlits, etc. C’est une attitude qui demande un grand degré de conscience et des qualités humaines nombreuses. C’est une habilité qui s’apprend à travers des milliers de petits et grands choix.

Dans ses notes pour son livre « Freedom in jail » Assagioli, emprisonné par les nazis pour ses idées libérales déclare : « J’ai réalisé que j’étais libre, libre de prendre autant d’attitudes face à la situation que je le désirais, libre de lui donner une signification ou une autre et d’utiliser ce temps d’une multitude de façons. Je pouvais me rebeller intérieurement et maudire le sort. Je pouvais me soumettre passivement et végéter ou je pouvais m’accorder le plaisir douteux de la pitié et jouer au martyr…, je pouvais en faire une cure de repos ou une période de réflexion intense ou je pouvais profiter de la situation pour entreprendre un entraînement psychologique ou une retraite spirituelle… ».

Même face à une circonstance aussi douloureuse que la prison, « Assagioli » savait qu’il était libre de choisir d’être heureux ou malheureux. Tout dépend de nous. Victor Frankl, torturé dans les camps de concentration, déclarait : « La liberté ultime, c’est celle de choisir mon attitude intérieure, de savoir que je suis en charge de tout ce que je suis. »

Nous avons le pouvoir de choisir d’être malheureux ou de transformer la moindre situation en attaque contre nous. J’aime beaucoup la blague du mari à qui son épouse souhaite une bonne journée et qui répond en grommelant : « Il faut encore qu’elle me dise quoi faire! ». Cette boutade illustre bien la capacité que nous avons de gâcher quoi que ce soit qui nous arrive.

Nous avons aussi le pouvoir de choisir d’être heureux et de voir dans chaque situation une occasion d’apprentissage, de compassion, d’expérimentation et de croissance. Je me rappelle cet homme dans un avion qui, confronté à une hôtesse impolie et désagréable (c’était quelques jours après le 11 septembre aux États-Unis), la regarda avec gentillesse et compassion et lui dit : « Ça doit être difficile pour vous de travailler dans ces circonstances ». Immédiatement, l’hôtesse s’excusa, le remercia et effectua la suite de son travail avec beaucoup plus de doigté. Au lieu de se rebeller devant un service de piètre qualité, il avait choisi de comprendre, d’aimer, de pardonner l’erreur.

Je me souviens d’avoir eu à paraître en cour.  Les témoins de la partie adverse s’acharnaient à dresser de moi le portrait le plus noir possible afin de protéger leurs intérêts. Je me sentais jugée injustement. Puis, une amie m’a donné ce conseil de sagesse : « Prends cela comme une expérience ». Et le lendemain, je me suis présentée en cour avec cette attitude : « Je suis en train de faire l’expérience de m’aimer inconditionnellement quoi que les gens puissent dire à mon propos, vérité ou fausseté. »

Cette journée se révéla incroyablement plus positive pour moi, non pas que les témoignages aient changé, mais je ne leur accordais plus l’importance que je leur accordais auparavant. J’étais occupée à m’aimer, à me pardonner de ne pas être parfaite et à me rassurer. Je méritais mon amour et celui des autres qui désiraient me le donner.

Choisir d’être heureux ne veut pas dire que nous serons heureux à chaque minute ou devant tout ce qui nous arrive. Une personne dont l’enfant vient de mourir a certainement le droit et le besoin de crier sa douleur. Cependant, même une perte horrible peut amener à une évolution profonde, à des changements personnels, à une sérénité intérieure si on prend le courage, le temps et l’énergie de transformer cette perte en gain. Je le sais d’expérience.

La première étape sur le chemin du bonheur consiste donc à savoir que nous avons le pouvoir de choisir, nous avons le pouvoir de transformer nos attitudes et notre vie. Nous ne sommes pas victimes d’un destin capricieux qui accorde aux uns le bonheur et à d’autres le malheur. Bien sûr, à court terme, nous pouvons être heureux ou malheureux selon les circonstances et les événements de notre vie. Nous avons tous nos malheurs et nos moments de dépression et il est inutile de nous blâmer lorsque la douleur nous accable. Cependant, à long terme, une sérénité profonde et un bonheur durable sont des objectifs qu’il est possible d’atteindre.

Le bonheur n’est pas le résultat de la loto de la vie où nous avons été chanceux ou malchanceux. Le bonheur est la conséquence de la mise en œuvre de certaines attitudes qui non seulement augmenteront notre bonheur quotidien, mais nous aiderons à atteindre une attitude de joie et de sérénité profonde que les circonstances extérieures pourront affecter, mais jamais détruire. Cette attitude demande de faire un premier choix de courage, de transformation personnelle, de conscience et d’amour : « Je choisis d’être heureux et je sais que cela dépend de moi ». Je vous souhaite de faire ce choix et j’essaierai de vous y aider dans la « Chronique du bonheur » qui paraîtra dans les mois qui suivent dans la revue Cheminement et où j’exposerai les différentes attitudes qui, selon mon expérience avec mes étudiants et mes clients, mènent au bonheur. Soyez heureux! C’est le chemin!

Que nourrissez-vous : La fin du monde ou la naissance d’un nouveau monde?

Oui, nous vivons des temps de turbulence, c’est évident! Nos vies, nos manières de penser, nos attitudes, nos croyances, tout y passe. Partout où se porte notre regard, nous voyons des gens aux prises avec des difficultés matérielles, émotionnelles ou mentales. Mais justement… Comment est-il ce regard? Car c’est lui qui crée le sentiment que nous éprouvons et qui revient ensuite, comme une boucle, teinter à nouveau notre vision des choses. Un cercle vicieux, qui se nourrit de lui-même, qui se confirme, se valide d’avoir porté ce regard…C’est bien là toute la définition de ce qu’est un cercle vicieux, ou vertueux!

Le sentiment qu’on porte en soi, qui teinte le regard sur la vie, crée ensuite notre réalité, puisque, par magnétisme, on attire à soi les mêmes vibrations qu’on émet, souvent bien inconsciemment.

Comment est mon regard sur le chaos qui règne en ces temps dans pratiquement tous les aspects de la Vie sur cette planète et sur ce que nous sommes en train de traverser?

Est-ce que je ne vois que guerres et catastrophes? Est-ce que je vis dans l’inquiétude, la peur, la préoccupation, l’urgence de faire quelque chose sans même savoir quoi? Est-ce que je me sens impuissant devant l’ampleur de ce qui m’apparaît comme un désastre?

Ou est-ce que je vois le désir de l’humanité à vouloir sortir enfin des prisons qu’elle s’est créées? Est-ce que je perçois le chaos comme une étape normale de déstructuration des conditions rigides d’existence, de cette matrice inhumaine qui prévaut depuis si longtemps? Est-ce que je me réjouis de ce vent de liberté qui souffle sur les pays dirigés par des dictateurs? Est-ce que je ressens de l’optimisme à voir les gens parler de plus en plus de ce qui les fait vibrer et de vouloir vivre ce qu’ils portent dans leur cœur? Est-ce que je célèbre mes pas et ceux des autres pour nous affranchir des croyances limitatives et gagner peu à peu notre liberté, tant intérieure qu’extérieure?

Deux regards, deux réalités… Que choisissez-vous?

De ce choix si important dépendra non seulement notre vie, mais aussi ce que collectivement nous nous donnerons à vivre. Car, étant tous reliés ensemble, le choix personnel participe au choix collectif. Et ce choix collectif manifestera une réalité planétaire.

Vous connaissez les égrégores? Ces amas d’énergie qui gravitent tout autour de la planète? Il y en a de toutes sortes : des égrégores d’amour, de bienveillance, de compassion, ainsi que beaucoup d’autres moins lumineux, des égrégores de peur, de domination, de tristesse, etc…

En ce moment, il en est un qui s’amplifie à mesure que la fin de 2012 approche. C’est l’égrégore de peur de la fin du monde! Et pourquoi s’amplifie-t-il? Parce que lorsqu’un être vibre dans une émotion, celle-ci ouvre un chemin vers la même vibration, créant un circuit énergétique qui alimente les deux pôles. Vous ressentez la peur? Vous vous branchez automatiquement sur cet égrégore qui fait en sorte que votre peur augmentera de manière démesurée. Vous devenez ainsi contrôlé par cette émotion intense de peur générée par tous ceux qui la nourrissent.

Parallèlement à ce mouvement de peur qui court sur la planète entière, un autre mouvement, nourri d’amour et de conscience par les êtres humains qui croient en l’avènement d’un nouveau monde et, comprenant que l’ancien doit s’effriter, crée un égrégore de paix, de sérénité et de certitude que nous allons manifester ensemble le monde auquel nous rêvons.

Sachant que nous créons nos vies, individuellement et collectivement, et que chacun de nous est aussi important que l’ensemble, que choisissez-vous de nourrir : la fin du monde ou la naissance d’un nouveau monde?

La solitude pour un rendez-vous avec soi

Une pause salutaire

S’offrir un moment privilégié, se permettre un tête-à-tête avec soi-même est une expérience précieuse. Ce temps de retrait de la vie quotidienne peut être motivé par le simple besoin de repos, l’espérance de se dépasser, ou encore par le désir de résoudre un problème précis ou un malaise vague. Il y a peu d’occasions et de lieux dans notre société où cette rencontre intime et dépouillée est possible. Et pourtant… Depuis longtemps on a compris les bienfaits de l’isolement et c’est ainsi qu’ermites et moines en ont fait leur vie. Sans envisager de se dédier totalement et longuement à l’ermitage, leur exemple nous indique ce qu’il peut nous apporter quand, dans nos vies modernes trépidantes, on décide d’y consacrer quelques jours.

Une rencontre amoureuse avec soi-même

C’est en côtoyant l’autre intimement qu’on apprend à l’aimer, que la relation amoureuse se construit. Ermiter c’est se côtoyer soi-même intimement, c’est se donner les conditions propices pour apprendre à s’aimer, à construire le rapport amoureux avec soi; c’est donc se diviniser puisque Dieu = amour. Mais l’amour sans compréhension n’est que mièvrerie. Se comprendre, c’est devenir conscient, c’est accéder à sa vérité au-delà de ses faussetés. Et comprendre le monde, la vie, l’autre, ne peut être que la projection de la compréhension ou amour de soi-même dans les autres, dans les objets. Pour parvenir à cet amour-conscience, il faut que je me fréquente intimement en me retirant dans la solitude et le silence « afin que je bannisse de mon cœur toutes les sollicitudes vaines qui le tourmentent et que je ne sois emporté par le désir d’aucune chose ou précieuse ou méprisable, mais plutôt que j’apprécie [désire] toutes choses pour ce qu’elles sont » (Imitation de Jésus-Christ).

L’ermitage permet de sortir de ses habitudes et de ses compulsions, c’est-à-dire de son système de défenses et de compensations. Ce système refoule les souffrances, mais peut aussi provoquer maladies, dysfonctionnalités et frustrations dont on veut se guérir ou se reposer dans la solitude et le silence. En sortant ainsi de ses systèmes qui protègent de la conscience de son « moi réel » et douloureux, on entre dans son intériorité. On y rencontre la souffrance de son « moi réel » au sens où l’entend Arthur Janov, « moi réel » que Jung nomme « l’ombre », Freud « l’inconscient », et le chaman « l’invisible ».

Au-delà de ses souffrances

Le moi réel n’est pas que souffrance, l’ombre ne cache pas que des démons, l’inconscient ne recèle pas que des névroses, et l’invisible ne fourmille pas seulement d’esprits maléfiques. On y rencontre certes tout cela, mais bien plus encore. Nos souffrances, nos démons, nos névroses marquent les limites à dépasser, les barrières à défoncer pour accéder à la jouissance, aux dieux, à l’épanouissement, aux esprits bénéfiques. Libérer nos souffrances permet de dynamiser nos ressources, notre créativité, notre génie propre, notre identité. On y parvient en cessant de les refouler par nos mécanismes de défenses que sont nos habitudes quotidiennes compulsives et dysfonctionnelles, nos valeurs et nos croyances, nos dépendances affectives, alimentaires, alcooliques, tabagiques, etc.

L’âme se découvre

Par l’ermitage, on expérimente une ascèse des sens (privation des habitudes, des compulsions) et de l’esprit (renoncement à nos valeurs et croyances). Il ne s’agit pas d’anéantir l’« ego » et d’éliminer nos désirs pour arrêter de souffrir tel que nous le proposent la plupart des grands mystiques traditionnels. Il s’agit plutôt, tel que le suggère saint Jean de la Croix, de « se débarrasser de tout le temporel [habitudes, compulsions] et de ne pas s’embarrasser avec le spirituel [valeurs, croyances] et demeurer en souveraine nudité et liberté d’esprit, laquelle est requise pour la divine union ».

Par l’ermitage, peut s’initier ou s’approfondir un grand détachement du « temporel » les « objets terrestres » (Jean de la Croix) que sont les biens matériels et les êtres humains faisant corps avec nos habitudes et compulsions, ainsi que du spirituel, les « objets célestes » que sont nos valeurs et nos croyances. Selon lui, « le détachement des objets terrestres [et célestes] donne de ces objets mêmes une connaissance plus claire qui permet d’en bien juger. Il met à même d’en jouir d’une manière tout autre que ne le fait celui qui y est attaché. L’homme détaché a sur celui qui ne l’est pas de manifestes supériorités. Il goûte les objets selon ce qu’ils ont de véritable, l’autre selon ce qu’ils ont de mensonger. Le premier, selon ce que qu’ils ont de meilleur; l’autre selon ce qu’ils ont de pire. L’esprit pénètre la vérité et la valeur des choses. »

Goûter à la vie, goûter à l’amour

C’est ainsi « qu’on ne saurait goûter que Dieu seul [amour de soi, de son centre le plus intime, le plus profond, le plus sympathique], et qu’on le goûte en toutes choses [projection de l’amour de soi] quand on l’aime véritablement » (Imitation de Jésus-Christ).

Ce que l’ermite apprécie le plus à la fin d’un ermitage, c’est l’affinement de sa sensibilité, la profondeur de son intelligence et la jouissance inconnue jusqu’alors qu’il découvre dans sa relation à lui-même, à l’autre, à la vie.

L’éveil de la conscience

L’évolution de l’homme se fait presque toujours à son insu. Personne ne s’est encore vu naître et personne ne se verra mourir. Nous avançons tous vers quelque chose qui ne peut être autre chose que la voie de la connaissance, résultat d‘un vécu.

La compréhension de notre propre individualité, de nos origines biologiques et cosmiques est indispensable pour comprendre le but de notre incarnation sur terre. Apprendre à se connaître est la première chose à faire pour celui/celle qui désire s’aider et les autres par la pratique métaphysique.

La très grande majorité des gens d’aujourd’hui vivent dans l’attente de jours meilleurs, ils ignorent qu’ils sont les maîtres d’œuvre de leur propre destin. Ils sont ignorants du fait qu’ils ont la possibilité de changer les choses, de rompre certaines relations devenues nuisibles pour leur santé physique et mentale, de changer de milieu, etc…

Gaspillage et perte de temps

Durant quelques jours, je me suis astreint à observer le comportement routinier de certaines personnes de mon entourage. J’ai constaté avec étonnement que la plupart d’entre elles dépensaient énormément d’énergie à raconter dans les moindres détails les différentes nouvelles entendues à la télé ou lues dans les journaux. Température exécrable, désastres écologiques, injustices et pauvreté, perte d’emploi… bref, tout sur les malheurs et maladies des autres.

Bien sûr, il est vrai que le profane peut difficilement discerner combien il est influencé dans tous ses penchants, ses humeurs, ses décisions et ses états d’âme, par les données obscures de son âme, ces puissances dangereuses ou salutaires qui forment son destin ou karma. La conscience individuelle me fait penser à un acteur qui aurait oublié qu’il joue un rôle. Quand la représentation est terminée, celui-ci doit pouvoir se rappeler sa réalité subjective.

Nous vivons sans vraiment connaître ce qui va nous arriver demain. Nous évoluons tous à l’intérieur d’une conscience collective à laquelle nous sommes rattachés par les différents médias et influences qui nous entourent. Le bruit, la douleur, le froid et le chaud, l’espoir et le désespoir, l’amour et la haine, la foi et l’incertitude, sont des causes qui nous affectent tous dans le quotidien. Et nos réactions à toutes ces causes produisent évidemment des effets, qui créeront à leur tour d’autres causes… etc. C’est la loi cosmique de Cause à Effet.

Apprendre à bien vivre, c’est notamment apprendre à réagir positivement aux événements qui nous arrivent durant une journée. Celui qui apprend à se connaître vraiment, apprend à connaître le fonctionnement de son propre esprit et ainsi à connaître les autres. Sachant cela, il pourra, par l’application de certaines techniques métaphysiques, progresser beaucoup plus rapidement vers sa réussite personnelle. Comme disait Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Nous sommes, pour la majorité d’entre nous, inconscients de l’évolution de notre propre personne; lorsque nous faisons référence à nous-mêmes, nous avons surtout en tête l’image de notre corps physique, de notre apparence, de nos avoirs et de notre pouvoir, mais très rarement nous pensons à nos défauts, à nos faiblesses, même s’ils font partie intégrante de notre être.

Nous croyons souvent à tort que les autres pensent comme nous, qu’ils ont nos connaissances et qu’ils devraient agir comme nous, cela même s’ils sont de culture, de race, de religion ou de croyances différentes. Aussi, le moyen d’abolir notre ignorance est la pratique du discernement; faire travailler son esprit afin de voir ce qui se cache derrière les mots, différencier le réel de l’illusion qui nous est présentée à travers les différentes annonces publicitaires.

Selon William James, le père de la psychologie américaine, la raison pour laquelle il y a de par le monde tant de discorde et de misère, c’est que les hommes ne comprennent pas l’interaction de leur propre esprit conscient et de leur esprit inconscient. Lorsque les deux principes travaillent d’accord, dans la concorde, la paix et la synchronisation, nous obtenons la Santé, le Bonheur, la Paix et la Joie de vivre. Il n’y a pas de discorde ni maladie quand notre esprit Conscient et le Subconscient agissent ensemble et harmonieusement. L’Ère du Verseau dans lequel nous entrons, va nous enseigner beaucoup de choses sur ce que nous sommes en tant qu’être humain. Nous découvrirons certainement que nous sommes en pleine évolution, que nous possédons l’outil ultime, l’arme permettant de construire un nouveau monde, plus évolué, plus instruit, plus conscient de ce qu’il est, de ce qu’il peut accomplir. Toutefois, nous découvrirons aussi que nous possédons l’outil pour détruire en quelques jours ce que la Nature a mis des années-lumières à créer. Voilà la raison pour laquelle notre esprit conscient doit être bien ajusté à notre subconscient.