La solitude pour un rendez-vous avec soi

Une pause salutaire

S’offrir un moment privilégié, se permettre un tête-à-tête avec soi-même est une expérience précieuse. Ce temps de retrait de la vie quotidienne peut être motivé par le simple besoin de repos, l’espérance de se dépasser, ou encore par le désir de résoudre un problème précis ou un malaise vague. Il y a peu d’occasions et de lieux dans notre société où cette rencontre intime et dépouillée est possible. Et pourtant… Depuis longtemps on a compris les bienfaits de l’isolement et c’est ainsi qu’ermites et moines en ont fait leur vie. Sans envisager de se dédier totalement et longuement à l’ermitage, leur exemple nous indique ce qu’il peut nous apporter quand, dans nos vies modernes trépidantes, on décide d’y consacrer quelques jours.

Une rencontre amoureuse avec soi-même

C’est en côtoyant l’autre intimement qu’on apprend à l’aimer, que la relation amoureuse se construit. Ermiter c’est se côtoyer soi-même intimement, c’est se donner les conditions propices pour apprendre à s’aimer, à construire le rapport amoureux avec soi; c’est donc se diviniser puisque Dieu = amour. Mais l’amour sans compréhension n’est que mièvrerie. Se comprendre, c’est devenir conscient, c’est accéder à sa vérité au-delà de ses faussetés. Et comprendre le monde, la vie, l’autre, ne peut être que la projection de la compréhension ou amour de soi-même dans les autres, dans les objets. Pour parvenir à cet amour-conscience, il faut que je me fréquente intimement en me retirant dans la solitude et le silence « afin que je bannisse de mon cœur toutes les sollicitudes vaines qui le tourmentent et que je ne sois emporté par le désir d’aucune chose ou précieuse ou méprisable, mais plutôt que j’apprécie [désire] toutes choses pour ce qu’elles sont » (Imitation de Jésus-Christ).

L’ermitage permet de sortir de ses habitudes et de ses compulsions, c’est-à-dire de son système de défenses et de compensations. Ce système refoule les souffrances, mais peut aussi provoquer maladies, dysfonctionnalités et frustrations dont on veut se guérir ou se reposer dans la solitude et le silence. En sortant ainsi de ses systèmes qui protègent de la conscience de son « moi réel » et douloureux, on entre dans son intériorité. On y rencontre la souffrance de son « moi réel » au sens où l’entend Arthur Janov, « moi réel » que Jung nomme « l’ombre », Freud « l’inconscient », et le chaman « l’invisible ».

Au-delà de ses souffrances

Le moi réel n’est pas que souffrance, l’ombre ne cache pas que des démons, l’inconscient ne recèle pas que des névroses, et l’invisible ne fourmille pas seulement d’esprits maléfiques. On y rencontre certes tout cela, mais bien plus encore. Nos souffrances, nos démons, nos névroses marquent les limites à dépasser, les barrières à défoncer pour accéder à la jouissance, aux dieux, à l’épanouissement, aux esprits bénéfiques. Libérer nos souffrances permet de dynamiser nos ressources, notre créativité, notre génie propre, notre identité. On y parvient en cessant de les refouler par nos mécanismes de défenses que sont nos habitudes quotidiennes compulsives et dysfonctionnelles, nos valeurs et nos croyances, nos dépendances affectives, alimentaires, alcooliques, tabagiques, etc.

L’âme se découvre

Par l’ermitage, on expérimente une ascèse des sens (privation des habitudes, des compulsions) et de l’esprit (renoncement à nos valeurs et croyances). Il ne s’agit pas d’anéantir l’« ego » et d’éliminer nos désirs pour arrêter de souffrir tel que nous le proposent la plupart des grands mystiques traditionnels. Il s’agit plutôt, tel que le suggère saint Jean de la Croix, de « se débarrasser de tout le temporel [habitudes, compulsions] et de ne pas s’embarrasser avec le spirituel [valeurs, croyances] et demeurer en souveraine nudité et liberté d’esprit, laquelle est requise pour la divine union ».

Par l’ermitage, peut s’initier ou s’approfondir un grand détachement du « temporel » les « objets terrestres » (Jean de la Croix) que sont les biens matériels et les êtres humains faisant corps avec nos habitudes et compulsions, ainsi que du spirituel, les « objets célestes » que sont nos valeurs et nos croyances. Selon lui, « le détachement des objets terrestres [et célestes] donne de ces objets mêmes une connaissance plus claire qui permet d’en bien juger. Il met à même d’en jouir d’une manière tout autre que ne le fait celui qui y est attaché. L’homme détaché a sur celui qui ne l’est pas de manifestes supériorités. Il goûte les objets selon ce qu’ils ont de véritable, l’autre selon ce qu’ils ont de mensonger. Le premier, selon ce que qu’ils ont de meilleur; l’autre selon ce qu’ils ont de pire. L’esprit pénètre la vérité et la valeur des choses. »

Goûter à la vie, goûter à l’amour

C’est ainsi « qu’on ne saurait goûter que Dieu seul [amour de soi, de son centre le plus intime, le plus profond, le plus sympathique], et qu’on le goûte en toutes choses [projection de l’amour de soi] quand on l’aime véritablement » (Imitation de Jésus-Christ).

Ce que l’ermite apprécie le plus à la fin d’un ermitage, c’est l’affinement de sa sensibilité, la profondeur de son intelligence et la jouissance inconnue jusqu’alors qu’il découvre dans sa relation à lui-même, à l’autre, à la vie.

Oser chanter sa chanson

J’avais deux ans quand la voisine de palier de ma mère lui avait offert de me garder durant la journée pour lui permettre de dormir avec ma jeune sœur gravement malade. À cette époque des années 50, il était courant d’écouter la radio et de chanter les chansonnettes à la mode. La chanson de Tony Bennett « Because of You » avait tenu la une du palmarès pendant 16 semaines et elle jouait régulièrement à la radio. La voisine aimait chanter. Au fil des semaines en passant du temps avec elle, j’avais appris la chanson. De retour à l’appartement un après-midi, assise dans ma petite chaise berçante, j’avais chanté la chanson au complet en anglais, sur la note merci, à la grande surprise de ma mère. Pour une petite francophone de Rosemont, c’était tout un exploit! Dans son enthousiasme, elle avait renchéri de sa voix et je m’étais tue. Selon elle j’avais ensuite perdu ma voix. Ce que j’avais cru… jusqu’au moment du 50e anniversaire de mariage de mes parents, 45 ans plus tard où m’était venue l’idée de lui rechanter la chanson « Because of You » en signe d’amour et d’appréciation. Grâce à ma mère, j’avais appris à jouer de l’accordéon et je pouvais lire la musique et la jouer, mais la chanter… devant elle, c’était autre chose. De connivence avec moi, ma sœur avait annoncé durant la célébration que je n’allais pas jouer de la musique cette fois-ci, mais que j’allais plutôt chanter. Je me suis approchée du micro en expliquant que c’était la première fois que je chantais en public. J’ai ensuite relaté l’épisode de mon enfance et combien ma mère en était fière pour en avoir parlé pendant des années et que je voulais, en signe d’amour et de reconnaissance, la lui chanter à nouveau. En me voyant approcher du micro, ma mère s’est baissé la tête en se disant assurément « Oh mon Dieu, elle va me faire honte devant toute la famille et les amis d’Europe ».

Me voilà donc au 50e prête à chanter avec les deux musiciens avec lesquels j’avais à peine pratiqué dans le corridor 5 minutes avant l’arrivée de mes parents. À mi-chemin dans la chanson — ma mère surprise d’entendre ma voix —, lève la tête et se met à pleurer abondamment, consolée par mon père. Et voilà qu’à la toute fin de ma prestation, toute la famille se lève pour applaudir et les flashs de caméra pointent de partout. Quel bonheur!

Et vous pensez que le rêve s’est arrêté là? Dix ans plus tard, j’invite une personne à une rencontre dans un café et à un moment donné durant la conversation elle me demande si je sais lire la musique et si j’ai déjà chanté. Je lui réponds que je peux lire et jouer la musique, mais que je n’ai chanté qu’une seule fois au 50e de mes parents. Elle me dit qu’elle fait partie d’une chorale et m’invite à assister à leur 1re pratique de la saison si cela m’intéresse de connaître comment un chœur fonctionne. « Pourquoi pas? » lui dis-je. Je me rends et voilà qu’au beau milieu de la pratique quelqu’un me touche l’épaule pour me demander si j’aimerais passer une audition dans les jours qui suivent. Hésitante je me tourne vers mon amie qui me dit « qu’est-ce que ça te prendrait pour l’audition? » « Ça me prendrait une chanson », lui dis-je. « Est-ce que tu en as une, qu’elle me répond? » « Oui, j’en ai une seule. » « Eh bien n’est-ce pas tout ce que cela te prend? » qu’elle me dit. « Et pourquoi pas » me suis-je dit en riant.

J’ai pris mon courage à deux mains en pensant que j’aurais au moins la satisfaction d’avoir tenté une nouvelle expérience et d’être sortie de ma zone de confort. Mais j’avoue que dans les moments qui ont précédé l’audition, assise à chanter dans l’auto, je me trouvais assez ridicule d’avoir osé une telle expérience. De retour à la maison, mon mari me demande « Comment ça s’est passé? ». « Je ne pense pas avoir beaucoup impressionné le directeur » lui dis-je en riant « mais je suis super fière d’avoir osé l’expérience ».

Le lendemain matin j’ouvre l’ordinateur et à ma stupéfaction je lis à l’écran BRAVO! vous êtes admise dans le chœur! Jamais de toute ma vie je n’aurais imaginé qu’un jour je chanterais le « Requiem de Mozart » en concert et bientôt le « Jesu Meine Freude » de Bach. L’année qui avait précédé mon entrée dans le Chœur, je m’étais rendue au Centre national des arts pour entendre Unisson, une chorale formée de plus de 300 choristes recrutés à travers le Canada qui se réunissent le 1er juillet pour chanter lors de la Fête du Canada. J’avais été tellement emballée par leur prestation que j’étais retournée avec mon mari plus tard en après-midi les entendre à nouveau en exprimant combien ça devait être merveilleux de chanter dans une telle chorale. « Oublie ça » disait la petite voix « tu n’as pas de voix ». Et voilà que l’année suivante je me retrouvais parmi les 365 choristes à chanter accompagnée de l’Orchestre symphonique du Centre national des arts pour la Fête du Canada. Je ne peux vous exprimer ce que je ressentais quand les projecteurs se sont allumés et que j’ai vu l’assistance devant moi. Quel retour de situation! En un an à peine, j’étais passée de l’autre côté du rideau! Tout ça pour avoir osé chanter la chanson que j’avais apprise à deux ans!

Et ce n’est pas fini, plus j’avance dans la discipline et l’expression musicale plus je découvre comment comme choriste développer les qualités de pose de voix, de contrôle du souffle, de nuances dans l’expression et le rythme, et de confiance en moi, ce qui contribue à me consolider comme conférencière. J’y découvre également comme consultante les qualités de collaboration, d’harmonisation et de travail d’équipe nécessaires au leadership.

Il n’y a pas de fin à l’expérience entreprise à l’âge de deux ans. Elle me mène graduellement à davantage d’expression, de créativité et de liberté spirituelle.

La vie nous donne régulièrement des opportunités de dépasser les limites des conditionnements familiaux, sociaux, religieux préétablis qui nous définissent, mais aussi nous confinent et limitent notre expression et notre créativité. Elles nous empêchent de découvrir que nous sommes des êtres de potentialité infinie et que les seules limites qui nous retiennent sont celles qu’on accepte et qu’on s’impose. L’imagination est plus forte que la connaissance, disait Einstein, pour réaliser ses rêves. Avec un peu de courage, d’ouverture et d’imagination, on peut être surpris jusqu’où une chanson peut nous mener. Le voyage est sans fin. Je vous souhaite de tout cœur en cette Année 2013 d’oser chanter votre chanson. Qui sait où elle pourrait vous mener et le monde n’en sera que plus riche et meilleur pour cela.

À la découverte de la créativité en soi

L’éveil de la conscience, l’ère de la communication, de l’expression et de la créativité nous propulse dans un mouvement de lâcher prise, de manifestation de nos dons, de notre plein potentiel créatif.

Pour nous épanouir dans notre « être », nous devons avoir un sentiment d’épanouissement, d’accomplissement. Nous devons laisser tomber nos barrières pour laisser notre cœur d’enfant s’émanciper, se découvrir et créer. Qui dit créativité, dit inspiration. C’est dans la création que les gens trouvent une très grande satisfaction. Soyez à l’écoute de votre petite voix intérieure, elle vous guide vers ce qu’il y a de meilleur pour vous, vers de nouvelles connaissances au point de vue créatif.

À travers la créativité et la spiritualité, apprenez à vous connaître au-delà des pensées limitatives et restrictives que vous avez de vous-même en explorant plusieurs techniques et disciplines. Il s’agit d’oser et de vous permettre d’aller puiser dans votre source intarissable et vous en sortirez transformé.

Il est bien important de ne pas se faire d’attentes face au résultat de notre expérience de créativité, de ne porter aucun jugement, mais plutôt de regarder l’expérimentation, la découverte à travers cette aventure. Tout doit être fait dans le plaisir de créer et surtout en laissant libre cours à l’exploration de son enfant intérieur.

La créativité permet de vivre une expérience magique et unique qui vous aidera davantage à prendre contact avec votre divin. En prenant conscience de notre plein potentiel créatif, nous connectons davantage à la véritable source de la vie. Nous devons toujours vivre notre vie et notre créativité avec enthousiasme et beaucoup de gratitude.

Expérimentez votre individualité dans la créativité, apprenez à mettre l’empreinte de votre intuition de façon spontanée. Créer vous procurera un sentiment de bien-être émotionnel, tout en réduisant le stress-anxiété et en augmentant votre confiance en soi dans la joie, le plaisir et la liberté d’être!

Lorsque nous trouvons notre vraie passion, nous sommes dans notre « être », dans notre pureté, notre divinité. À ce moment-là, créer devient une nourriture essentielle à l’âme, autant que l’oxygène pour le corps. Nous n’avons pas besoin d’être artiste pour créer, notre créativité vient de notre imagination, de ce que nous pensons, ressentons, et ce que nous faisons aujourd’hui crée notre vie, d’où l’importance d’en devenir de plus en plus conscient.

Ma mission est d’aider les gens dans l’expression de leur créativité. Si vous avez à cœur de développer vos talents artistiques, venez vibrer dans mon univers de créations inspirantes. Je me ferai un plaisir de vous apprendre différentes techniques et méthodes pour la fabrication de vos œuvres d’art et de vous aider à découvrir vos trésors cachés. Je possède un don pour faire jaillir votre plein potentiel. Au plaisir de vous connaître et de vous faire découvrir le bel être que vous êtes.

Retrouver le rythme grâce au tricot

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers, une maille à l’endroit, une maille à l’envers… Ne trouvez-vous pas que cette répétition rythmée ressemble au battement d’un cœur, au mouvement de nos bras qui bercent un enfant ou encore au rythme des vagues qui caressent le sable?

Tricoter ou crocheter peut être une méditation active plus accessible pour les cerveaux hyperactifs qu’une visualisation ou un exercice de cohérence cardiaque. En effet, il peut être dérangeant de se contenter de respirer pour devenir zen (comme il peut être frustrant de se faire dire « calme-toi » quand on est tout, sauf calme). La méditation statique et silencieuse n’est pas la solution pour tout le monde. 

Un peu comme la marche ou l’écoute de musique occupent le cerveau pendant que le corps se détend, l’artisanat nous permet de nous arrêter pendant quelques minutes ou quelques heures. On tient notre esprit occupé, tout en le gardant éloigné de la charge mentale du quotidien, de l’ennui ou des scénarios catastrophes.

Même si on en profite pour regarder un film ou pour parler en famille pendant qu’on tricote, une partie de nous est entièrement centrée sur le mouvement de nos mains. Ces mains doivent d’ailleurs être détendues, et la respiration doit être contrôlée sinon le tricot sera tendu lui aussi. Le geste de tricoter ne sera pas agréable : impossible de passer l’aiguille dans une maille trop serrée, sans compter que des tensions musculaires s’installeront dans la nuque, le dos et les bras. Tricoter amène donc à observer notre corps, nos pensées et nos émotions. Un bel exercice de pleine conscience.

En plus de nous amener dans un état de calme actif, l’artisanat nous met en contact constant avec la matière et avec l’essence de la créativité. On part de presque rien (un fil) et on crée quelque chose qui n’existait pas. On doit se consacrer à ce fil qui passe entre nos doigts et qui se transforme au rythme des mailles et des rangs. On fait face à nos compétences et à nos limites devant un patron plus ou moins complexe, devant la fatigue du moment, devant nos restrictions physiques ou mentales ou devant le temps qui passe. On apprend, on évolue, on se lance des défis, on éprouve une fierté personnelle devant notre accomplissement. On peut même partager ces moments avec d’autres pour leur enseigner ou pour apprendre d’eux. 

Quand on tient notre tricot, on se retrouve aussi devant un pouvoir de création et un plaisir partagé. La couverture douce qu’on confectionne pour le bébé d’une amie nous accom­pagne pendant plusieurs heures, mais elle restera dans la vie d’une famille pour encore plus longtemps. Les bas tricotés pour un petit-fils ou le foulard qui tiendra un sans-abri au chaud poursuivront leur chemin après avoir quitté nos mains. En allant habiter chez quelqu’un d’autre, nos créations laissent nos mains libres de créer d’autres tricots créatifs et méditatifs, pour soi ou pour d’autres. À la présence croissante de l’anxiété, des écrans et du « chacun pour soi », pourquoi ne pas répondre par un loisir créatif comme le tricot, la couture, la peinture, la broderie? Ce sont des façons originales de s’imprégner du rythme des vagues et de retourner à l’essentiel.

La créativité et yoga-Shakti

Nous avons tous une force créatrice existante en nous qui est appelée à se développer ou du moins à s’exprimer. Chose certaine, c’est une partie centrale et parfois encore occulte de notre être.

Il est souhaitable que tout le monde soit artiste à sa manière puisqu’il est permis à tous d’être créatif. La clé, c’est de s’abandonner à l’énergie qui donne naissance à toute chose.

Le prana-shakti représente l’énergie divine créatrice à l’état de semence ou bija dans le corps physique. Elle est la contrepartie féminine de la conscience pure ou shiva. Dans son aspect non manifesté, elle symbolise le potentiel de la conscience, la source de toute manifestation ou forme. Sous son aspect manifesté, elle est la Nature, la mère divine.

On l’appelle communément la Kundalini. Sa manifestation créatrice passe dans six centres praniques ou chakras situés le long de la colonne vertébrale. Le prana-shakti est employé pour réaliser son plus haut potentiel dans chacun des niveaux de conscience gouvernés par les chakras.

Les chakras sont la source de tous les pouvoirs dynamiques de notre être; ils organisent leurs actions à travers les divers sujets de vie qui s’échelonnent en séquence ascendante du centre le plus terrestre et mondain au centre le plus spirituel et unifié.

Cette force qui accompagne la croissance de la conscience nouvelle, contribue à faire grandir notre potentiel créateur et l’aide à s’établir à l’intérieur de nous. Elle porte la capacité d’imagination et d’intuition, des vertus indispensables à la créativité.

Sans le pouvoir d’imaginer, on ne peut faire du progrès. L’imagination nous ouvre la voie à la réalisation. Sans cultiver une relation avec l’intuition, nous ne pouvons recevoir les gouttes d’inspiration et de lumière pour créer avec spontanéité.

Il est largement connu que cette force Shakti ou Kundalini est repliée en dormance à la base de la colonne et est assoupie dans tous les centres (chakras) de notre être. Cependant, elle est aussi au-dessus de nous en tant que force divine. Et là, elle n’est ni emprisonnée ni endormie, mais éveillée, consciente, puissante et vaste. C’est aussi à cette force que nous devons nous ouvrir.

La force créatrice peut donc éclater en nous de bas en haut, de haut en bas, s’étendre en largeur ou vers le dehors ou encore se déverser en un pouvoir défini établissant son règne, reliant tout ce que nous sommes.

Le prana-shakti s’éveille tout à fait naturellement à la minute où l’on prend la résolution sincère de faire du yoga ou d’aspirer à élever la conscience pour s’unir au divin.

La créativité vue de cet angle devient donc une qualité particulière que l’on transmet à ce que l’on fait. C’est une attitude ou un alignement intérieur avec ce qui est en mouvement en nous, avec ce qui est vivant, et avec ce qui est en potentiel de devenir.

Si vous vous disposez consciemment à organiser les quatre dimensions de votre être (physique, mentale, émotive et énergétique) en un point de convergence, la source de création est avec vous. L’activité que vous exercez n’a pas d’importance en autant que vous êtes entier et que vous vous exercez dans la joie et l’amour. Vous pouvez peindre, jardiner, danser, chanter ou préparer un repas, si vous laissez le prana-shakti s’exprimer à travers vous et que vous restez ouvert face à son énergie créatrice alors vous êtes créatif. Vous participez donc à transformer la parcelle de création que vous êtes pour devenir cocréateur de la vie.

En conclusion, il est important de souligner que la créativité, sous toutes ses formes, demeurera toujours ce qui est le plus proche du Divin. Dieu est le Créateur, mais plus nous sommes créatifs, plus nous célébrons et reconnaissons notre divinité.

Créer, c’est se sentir vivant!

La créativité, c’est la vie! Regar­dons la nature : il y a une impressionnante force créatrice qui infuse toutes formes de vie. La vie, en nous et tout autour de nous est pure énergie créatrice. S’ouvrir à notre pouvoir créateur, c’est s’offrir une grande permission de joie et de bien-être, car créer, c’est se sentir pleinement vivant!

Oups! Peut-être que déjà le mot « créativité » a fait surgir le critique intérieur, cette petite voix qui vient saboter nos initiatives de créativité : « mais tu n’étais pas bonne en composition… tu ne sais même pas dessiner… tu n’as pas quelque chose de plus important à faire? »  

Nous pouvons alors tous ignorer et faire un pied de nez à ces gens bien intentionnés (professeurs, familles et amis) qui ont découragé nos beaux élans de créativité d’enfants. C’est en fait toute notre société qui a contribué à la répression de notre créativité, et les conséquences se retrouvent dans nos dépressions, notre perte de sens et nos difficultés à vivre ensemble. Heureusement, on n’a qu’intimidé notre créativité, c’est tout. Rassurons-nous : notre artiste intérieur demeure toujours intact dans notre vraie nature, attendant patiemment notre attention. 

Il y a dans l’acte de créer une sensation exaltante que nous connaissons tous. Rien d’étonnant qu’en cette ère de développement personnel, la créativité gagne en popularité. En créant, nous sortons de l’avoir et entrons dans l’être. Le retour à la joie de créer nous sort de l’obsession de la consommation et nous permet d’entrer dans l’espace de la création. C’est un heureux changement de para­digme lorsque, par exemple, nous osons faire nos cartes d’anniversaires au lieu de les acheter. Photos, citations, collage d’images, poésie ou dessins, le cœur se réjouit d’exprimer son affection de multiples façons.

L’écriture offre une possibilité de connexion profonde à soi au moyen du journal quotidien où je laisse couler la plume sur le papier en continu pendant de nombreuses minutes sans ratures ni censure. L’écriture manuscrite dévoile ses secrets, car le cœur arrive alors à se dire spontanément avec la main qui écrit et ouvre des espaces profonds de révélation de soi. Aussi, écrire un poème sur ceux que l’on aime est un cadeau extrêmement touchant. Les possibilités d’écriture s’avèrent innombrables, tant que nous sortons des injonctions et retrouvons le plaisir des mots qui coulent de source. On n’écrit pas ce que l’on sait : on écrit pour savoir. 

Le dessin, quant à lui, peut être abordé tel une contemplation de l’autre forme de vie, créant ainsi une émouvante intimité. La main à nouveau connectée au cœur, l’invitation est de garder l’attention la plupart du temps sur l’objet que nous allons dessiner et non sur le papier. Que nous dessinions un visage, un élément de la nature ou un objet du quotidien, l’expérience vient modifier notre perception alors qu’apparaissent les détails de cette forme de vie. On découvre l’unique beauté de cette feuille de chêne. Son mystère pénètre alors le cœur et unit celui qui regarde à ce qui est regardé. 

Nous sommes tous sans exception des créatrices et des créateurs nés. Ce qui importe n’est pas tant le résultat que le processus, ce qui s’éveille en nous lorsque nous créons. Cette force créatrice qui sort de l’ombre tout innocemment en dessinant, en écrivant, en composant une chanson ou un bouquet de fleurs participe ensuite d’emblée à notre créativité existentielle. Nous allons alors nous surprendre à emprunter des sentiers insoupçonnés et à créer une vie qui nous ressemble remplie de sens. Notre immense pouvoir créateur est un cadeau divin qui attend d’être justement redonné au monde. La créativité est le génie de notre espèce et notre réponse immédiate à la beauté de la vie.

Reconquérir l’écrit

Contrairement à la messagerie instantanée, aux publications dans les médias sociaux et à la parole, l’écrit offre le temps de se poser, de réfléchir, de ressentir, de choisir les mots et le ton. Ce n’est pas pour rien que plusieurs thérapeutes préconisent l’écriture d’un journal et de lettres (même si elles seront brûlées ou déchiquetées). Écrire force l’auteur à s’arrêter, à ralentir sa respiration et à se placer face à lui-même. 

Devant la page blanche ou l’écran vide, comment se connecte-t-on aux mots?

D’abord, pas de stress. À moins d’écrire dans le but de remporter un Nobel de littérature, écrire se fait dans le plaisir avant tout. Il n’y a pas de compétition, pas d’urgence. Même si on se donne un échéancier ou un nombre de mots à atteindre, faisons-le pour nous motiver, pas pour ajouter une pression qui risquerait de bloquer les mots avant qu’ils atteignent notre main. 

Établir un nombre de mots ou de pages à écrire chaque jour peut nous forcer à dépasser la surface et nous amener dans des zones libératrices, en plus de créer une habitude. Le cerveau demande moins d’efforts pour se mettre en mode créatif s’il sait d’avance que c’est le moment de l’écriture. 

Si on ne sait pas quoi écrire, on écrit quand même, même si c’est seulement pour dire qu’on ne sait pas quoi écrire. Éventuellement, d’autres idées arriveront, d’autres émotions monteront. Soyons à leur écoute comme on le ferait avec un enfant qui offre un pissenlit : accueillons sans jugement, avec amour. Soyons reconnaissant pour cette partie de soi qui s’invite.

Pas de stress, non plus, pour la révision linguistique. Même si on ne corrige pas ses erreurs au fur et à mesure, elles ne se sauveront pas. Il sera toujours temps d’ajouter un S ou de trouver un synonyme pendant la relecture. La révision de la langue stimule la partie cognitive du cerveau, alors qu’on veut rester connecté à la partie instinctive pour un premier jet. 

Rien ne nous oblige à écrire de façon linéaire. Les lignes droites, de gauche à droite, c’est une convention qui ne tient pas la route quand on écrit pour soi. Même chose pour la calligraphie qui frôle la perfection. Choisissons le crayon qui nous plaît, qui glisse bien sur la feuille et laissons-nous aller aux arabesques si elles nous interpellent. Varions la grosseur des lettres, leur couleur, décorons-les si l’envie nous prend. 

Même le sens n’a plus besoin d’avoir de sens. Commencer une histoire par la fin ou écrire à partir du bas de la feuille peut apporter de nouvelles idées. Si on écrit une autobiographie, on peut y aller à rebours, en commençant par le présent et en remontant le fil des années. Même chose pour une fiction : on peut écrire les parties dans le désordre. Il sera toujours temps de réorganiser le texte si on veut préparer un livre pour l’entourage ou pour un éditeur. 

Certains ont un plan en tête (parfois, aucune écriture ne semble possible sans un plan détaillé, sinon, c’est l’angoisse totale). Donnons-nous la liberté de déroger de la structure au gré des inspirations. La structure est une béquille qui peut s’avérer utile, mais à un certain moment, il faut accepter de s’en séparer pour prendre confiance en sa plume. 

La tempête d’idées demeure un dégivreur de mots efficace. On part d’un mot, d’une expression, d’une citation ou d’une image; on trace des lignes vers d’autres termes, qui génèrent d’autres idées à leur tour. On ne bloque rien, on ne juge rien. On écrit tout ce qui nous passe par la tête en encerclant chaque terme avant de passer à l’autre. Si on hésite, on dirige le regard vers un autre mot et on poursuit notre cheminement.

Éventuellement, des mots se lieront entre eux, se répèteront. Des thèmes apparaîtront, des émotions naîtront. On pourrait se surprendre à voir jaillir le mot « joie » grâce au mot « balançoire », alors que le mot de départ était « mort ». 

On peut mettre une minuterie et se donner le défi d’écrire tant que l’alarme n’a pas sonné. On peut écrire des enchaînements de mots jusqu’à être à sec d’idées. Dans ce cas, j’encourage à continuer quelques minutes; c’est souvent à ce moment que l’émotion cachée ou les idées de génie se révèlent. 

On pourra toujours s’inspirer d’un mot ou de l’ensemble du tableau pour écrire un texte par la suite. On ne sait jamais où les mots nous mènent, laissons-les nous guider!

La complicité du corps et de l’esprit

En programmation neuro-linguistique, nous partons de l’idée que le corps et l’esprit (les pensées, les émotions) s’influencent l’un l’autre et forment un tout.

Mais qu’est-ce que cela signifie dans les faits? Doit-on se sentir coupable lorsque l’on manque de vitalité, qu’on attrape un rhume ou si l’on fait l’expérience de la maladie?

Face aux défis de la vie quotidienne, garder une bonne santé mentale et physique peut paraître un défi.

Une chose à la fois. Commençons par le corps qui influence l’esprit.

Comment nourrissez-vous votre corps? Que buvez-vous, en quelle quantité? Respectez-vous vos heures de sommeil? Prenez-vous régulièrement un bol d’air frais et une dose de soleil? Faites-vous bouger votre corps? Et qu’en est-il de votre sexualité?

Vous le savez déjà : un manque ou un excès pour l’une de ces questions influence votre état d’esprit. Vos idées se font moins claires, vous manquez de motivation, vous êtes facilement irritable, votre créativité est au plus bas, votre moral baisse, etc.

Le plus magnifique des projets est de garder votre corps plein de vitalité au quotidien. Un défi autant qu’une responsabilité!

Poursuivons avec l’esprit qui influence le corps.

Ce qui se passe entre vos deux oreilles ne passe pas inaperçu dans votre corps. Le flot de vos pensées influence votre flux d’énergie. Autrement dit, vos émotions s’expriment à travers votre corps. Vous avez sûrement déjà eu des sueurs froides, le cœur qui bat la chamade ou le ventre qui se noue.

Mais contrairement à ce que bien des gens croient, les émotions elles-mêmes ne sont ni positives ni négatives. C’est l’intensité que l’on donne à une émotion qui la transforme en sentiment.

Prenons, par exemple, la colère. Quelqu’un a, selon vous, dépassé les bornes. Vous sentez la moutarde vous monter au nez.

Scénario 1 : Vous êtes attentif à vous-même et vous avez l’humour nécessaire pour remettre gentiment la personne à sa place? Vous en riez ensemble? Bravo!

Ou peut-être avez-vous été pris de court et n’aviez pas les moyens de bien réagir. Mais vous y réfléchissez à tête reposée, vous relativisez la situation et vous vous promettez de corriger la situation à la prochaine occasion. Vous poursuivez votre journée le cœur léger et le corps plein de vitalité.

Dans ces deux façons de répondre, la colère est loin d’être négative, car elle a joué son vrai rôle : connaître vos limites et les exprimer.

Scénario 2 : Pour éviter un conflit, vous ne réagissez pas et faites comme si tout était normal alors que dans les faits, vous êtes furieux. Ou encore, vous avez essayé d’exprimer votre mécontentement, mais la personne n’a rien voulu entendre. La journée passe, vous ruminez des pensées négatives, et votre colère s’intensifie et se transforme en rancune. Vous passez la journée sans entrain, vous manquez d’énergie pour accomplir vos tâches et vous vous couchez fatigué.

Dans ce scénario 2, la rancune puise une énergie considérable dans le corps et l’épuise. À la longue, une accumulation de sentiments négatifs finit par ronger le corps et le rendre malade.

La bonne nouvelle, c’est qu’à tout moment, vous pouvez transformer vos pensées et changer vos perceptions.

Quand vous vous sentez irrité ou triste face à une situation ou à une relation, prenez le temps de vous poser, de vous déposer à l’intérieur de vous. Prenez de profondes respirations jusqu’à retrouver un équilibre corps esprit. Dans cet état paisible, posez-vous la question : quelle serait une meilleure façon de réagir pour moi?

Ou encore faites une activité physique intense. Partagez ce qui vous arrive avec un ami de confiance ou parlez à une personne ressource.

En bref, en surveillant vos pensées et en faisant de votre corps un allié, vous vous donnez les moyens de vous garder en bonne santé.

Réaliser ses projets et ses rêves

Il y a plusieurs décennies, des chercheurs de l’Université Yale ont mené étude auprès de diplômés. Ils ont demandé qui avait des objectifs écrits et un plan pour le réaliser. La réponse était 3 %. Ils ont distribué le même questionnaire à ces mêmes diplômés 20 ans plus tard. Ils ont découvert que les 3 % qui avaient un plan écrit étaient plus heureux que les autres qui n’en avaient pas. Ce n’est pas ce qui est le plus marquant. Ils ont aussi découvert que les 3 % qui avaient des objectifs et un plan pour le réaliser étaient plus riches ensemble que tous les autres réunis.

Le pouvoir du désir
Je crois que tout le monde peut réaliser ses projets et ses rêves. L’être humain est un immense chantier de construction qui n’attend que d’être développé. Si on sait ce que l’on veut et qu’on l’écrit sur papier, cela fait une différence.

Tout d’abord, les objectifs et les plans donnent une vision positive de l’avenir. Ils rendent l’être humain optimiste et animent sa créativité.

Ensuite, les objectifs et les plans précisent nos pensées pour nous aider à profiter de la loi de l’attraction. Selon cette loi, nos pensées attirent ce que l’on veut dans la vie. Je connais plusieurs personnes qui ont concrétisé leurs rêves et qui ont témoigné de son efficacité. Il suffit de penser à l’acteur américain Jim Carey ou encore à Oprah Winfrey, qui savent exactement ce qu’ils veulent dans leur vie.

Enfin, les objectifs et les plans écrits assurent qu’on avance tous les jours. C’est très important, parce qu’en faisant du surplace, on régresse.

Réalisation d’un rêve
J’ai eu la chance de réaliser un rêve. Lorsque j’étais jeune, je voulais étudier en France. J’aimais la culture, l’architecture et le mode de vie français. J’ai atteint cet objectif quelques années plus tard lorsque j’ai fait un master en changements climatiques à l’Université d’Aix-Marseille.

Lorsque j’étais dans l’avion et que j’ai vu Marseille, j’ai senti qu’il s’agissait d’un nouveau départ dans ma vie. J’ai ressenti une effervescence inoubliable. Je souhaite que tout le monde vive au moins une fois cette sensation dans sa vie.

Commencer un rêve
Une question qui me vient souvent est celle-ci : par où commencer pour réaliser un rêve? La solution est de trouver des héros que vous admirez. C’est de faire exactement ce qu’ils font tout en gardant votre personnalité. La capacité de bien choisir ses modèles est peut-être l’étape la plus importante pour réussir.

Tout ce qu’il vous faut pour commencer, c’est d’étudier la vie des gens que vous admirez. Puis, vous allez trouver votre chemin par vous-même si vous avez un idéal.

L’écriture qui dénoue les blocages

« Ce que nous portons de vieilles blessures, de problèmes non résolus, de regrets et de souffrances devient comme une force souterraine susceptible de contaminer notre vitalité et d’entraver le flot naturel de la créativité. »  − Anne-Marie Jobin, Créez la vie qui vous ressemble

L’écriture est une forme d’art accessible à la plupart d’entre nous et nous avons accès à cet outil presque en tout temps : dès le réveil, au travail, dans un restaurant, au lit…

Les mots sont les matériaux de l’écriture. À travers eux, le sens, les souvenirs, les désirs, les émotions surgissent. Pour déjouer l’autocensure et les blocages, certaines techniques existent, entre autres l’écriture à l’aide de la main non dominante.

Associée à l’écriture automatique où on laisse couler les mots sans restriction, cette technique favorise le lien avec l’hémisphère de notre cerveau auquel on a un accès moins direct. L’être entier sort de sa zone de confort en déjouant l’habitude et il relâche ses défenses. Ce qui apparaît sur la feuille n’est pas filtré par la logique, les peurs ou les croyances.

On peut se servir de cette technique pour écrire une lettre. Votre papa est décédé et la petite fille en vous n’a jamais pu lui dire qu’elle l’aimait ou qu’elle lui en voulait? Donnez-lui ce droit. Le collègue qui vous fait souffrir ne lira jamais vos mots, mais ils vous soulageront d’un poids. Ce qu’on exprime ne moisit pas en dedans… En mettant par écrit tout ce qui nous passe par la tête et par le cœur, nous prenons conscience d’éléments demeurés inconscients et qui drainent notre énergie.

Nous pouvons aussi nous écrire à nous-même, que ce soit à la personne que nous sommes dans le présent, à l’enfant que nous avons été, ou à la personne que nous serons au moment de mourir. Cela peut aider à clarifier des intentions, à valider des opinions, à nous pardonner. Dans cette démarche, soyons notre meilleur ami et disons-nous les choses telles qu’elles sont, sans gants blancs ni malice.

On peut écrire seul ou être accom­pagné, ou encore se servir de nos écrits comme complément à une autre approche, après un rendez-vous plus bouleversant chez un thérapeute­ ou pour mettre en lumière ce qui nous turlupine avant de rencontrer­ un thérapeute. Si écrire fait monter des sentiments intenses, l’accompagnement peut permettre d’approfondir la démarche en toute confiance.

Pour les gauchers qui ont été forcés de troquer leur « vraie » main dominante pour la main droite sur les bancs d’école, écrire librement de la main gauche peut contribuer à guérir certains traumatismes. Pour eux, je dédie la chanson de Danielle Messia :

Je t’écris de la main gauche
Celle qui n’a jamais parlé
Elle hésite, est si gauche
Que je l’ai toujours cachée

Écrire de la main non dominante est un exercice puissant, mais exigeant. Les muscles de la main non dominante se fatiguent vite et les doigts deviennent crampés. Il faut conti­nuer, quitte à prendre une minute de pause. Par contre, plus on reste concentré sur l’exercice, plus l’effet est intense puisqu’on ne donne pas la chance à la logique d’occuper l’espace. On peut même illustrer nos écrits… toujours avec la main non dominante!

C’est aussi un exercice de lâcher-prise : devant les lettres mal formées et les lignes croches, notre esprit cartésien risque de se rebeller. Laissons-le taper du pied. Le but n’a rien d’esthétique, c’est une communication avec des parties de nous qui sont trop souvent ignorées. Redonnons-leur un espace, une lettre à la fois.

Le livre Écrire. Un plaisir à la portée de tous de Faly Stachak propose 350 techniques d’écriture créative pour inspirer ceux qui souhaitent écrire pour eux-mêmes ou pour être lus, peu importe la main choisie…