À la recherche de soi

Des émotions difficiles à vivre peuvent nous envahir et nous écraser. Ces émotions peuvent avoir une cause apparente. Il peut s’agir par exemple de la perte d’une personne aimée, d’un travail valorisant ou encore d’une trahison amoureuse. Elles peuvent aussi provenir de l’enfance et avoir été causées par exemple par un échec scolaire, de la violence subie, l’impression de déplaire, la séparation des parents ou d’autres événements dont on a perdu la trace consciente. Quoiqu’il en soit, ce qui est important, c’est de prendre conscience de ce malaise et de s’en occuper pour retrouver notre énergie vitale et notre joie de vivre.

Chaque humain rencontre des moments de souffrance qu’il cherche à soulager du mieux qu’il peut. Il est plus facile de fuir que de prendre le temps nécessaire de regarder ce qui se passe. La personne qui accepte de confronter sa souffrance fait preuve d’un grand courage qui l’aidera par la suite à mieux se développer et à ne pas répéter les erreurs du passé. Faire appel aux compétences d’un thérapeute n’est pas une marque de faiblesse, mais bien une stratégie du mieux-être.

Le cheminement vers soi n’est pas simple, car des défenses se sont mises en place avec le temps pour ne pas donner accès à la souffrance qui s’est accumulée faute d’avoir pu être exprimée. Ce cheminement doit se faire en douceur, dans un contexte sécuritaire et accueillant. À prime abord, l’atelier d’art-thérapie comme lieu pour prendre soin de soi peut paraître surprenant. Les matériaux qui sont à la vue et à la portée donnent plutôt l’impression de se retrouver à la maternelle. Pour plusieurs, cela donne le goût de redevenir un enfant et de s’amuser. C’est une façon toute simple de retrouver l’enfant intérieur et de lui redonner la place qu’il a besoin de prendre. Jouer, créer, faire des essais et des erreurs sans conséquence, trouver des solutions novatrices à des problèmes de formes et de couleurs, avoir du plaisir à découvrir la magie de la transformation des couleurs.

Certains entrent d’emblée dans des souvenirs pénibles qui peuvent tout de suite être explorés, exprimés et reprendre une place moins envahissante dans le présent. D’autres se demandent ce qu’ils viennent faire là, car ils n’ont jamais été attirés par l’art ou pensent que la thérapeute va découvrir des secrets qu’ils ne veulent pas dévoiler. Il est alors important de prendre un temps pour s’apprivoiser, se connaître, pour faire confiance. En fait, la création devient un moyen de communication qui aide à diminuer l’anxiété et les défenses, à aborder la souffrance sans la confronter directement et à prendre conscience de ses forces et de ses acquis. Imaginez juste les découvertes sur vous qui peuvent être faites lors d’un travail avec des photos de votre enfance!

Quelle couleur suis-je?

Il y a exactement trente ans, j’ai été introduite pour la première fois au concept des quatre couleurs présenté dans ces pages.  Je me souviens de mon étonnement, de mon incrédulité, et d’un certain cynisme face à ce concept.  Comment était-il possible de comprimer l’univers entier dans si peu d’espace?  Comment ma progression spirituelle, mon éveil et ma quête de découvertes intérieures pouvaient-ils bénéficier d’un tel système?  C’était, à mon sens, trop étroit.  L’immensité de l’univers en quatre couleurs?  Plutôt simpliste, non?

Je n’étais pas certaine d’apprécier me faire mettre en boîte, et identifiée par un : « Oh toi, tu es rouge », alors qu’il me semblait tellement plus « spirituel » d’être verte, la couleur des maîtres sur le chemin de l’évolution spirituelle.  Le chemin sur lequel je m’engageais à ce moment-là.

Et pourtant, ce concept des quatre couleurs m’a guidée depuis ce temps à devenir un être équilibré non seulement spirituellement, mais à tous les niveaux.  Les pieds fermement sur terre et le cœur vers les étoiles.

Le chemin de l’éveil spirituel n’est pas le même pour tous.  Et chacun, dans son unicité, doit découvrir sa propre source d’éveil.

Les nuances du bleu

Pour les bleus, l’éveil vient souvent au contact de la nature, les mains dans la terre, le cœur à la protection de l’environnement, à l’émerveillement de la merveilleuse planète sur laquelle nous vivons.  Gaïa, la mère nature, mère nourricière.  Les bleus mangent bio.  Font du trekking dans les montagnes.  S’intéressent à la santé, la leur et celle de leur planète.  J’ai dû apprendre le bleu.  Cette note est magnifique, mais elle ne me vient pas naturellement.  J’ai pris goût au jardinage.  J’ai appris à parler aux plantes, à communiquer avec les animaux et à admirer les montagnes et le ciel.  J’y ai gagné la paix de communier avec l’univers les deux pieds sur terre et j’ai découvert que même les cellules de mon corps se souviennent de la création du monde.

Les nuances du vert

Pour les verts, l’éveil vient au contact des maîtres spirituels.  C’est la note des chercheurs de la route vers l’intérieur de l’être et des maîtres à penser.  Des êtres dédiés à répondre aux grandes questions : qui suis-je, quel est le sens de ma vie, comment puis-je apprendre et manifester mon lien profond avec l’univers, existe-t-il dans l’univers un être plus grand que moi, etc.  Les grandes questions, quoi.  La quête pour la profondeur et la compréhension de l’univers dans lequel nous vivons et notre place dans cet univers.  J’aurais tellement voulu être verte!  Pouvoir facilement transmettre mes connaissances et enseigner à d’autres le chemin de l’éveil.  Mais non, quand j’essayais de transmettre ce que je savais, c’était un pauvre ramassis de prêchi-prêcha.  Mais le vert m’a ouvert la porte de l’infini, donné les réponses que je cherchais et m’a montré le chemin de l’extase.  Je suis verte de l’intérieur.

Les nuances du jaune

Pour les jaunes, l’éveil vient le plus souvent quand ils assument la responsabilité d’eux-mêmes, et de la gestion des richesses qui les entourent, dans un esprit d’équité et de justice.  Les jaunes sont de merveilleux gestionnaires des ressources.  Leur esprit travaille constamment à raffiner les méthodes de travail et les outils pour les rendre plus efficaces.  Les jaunes organisent, structurent, et gèrent avec sagesse et respect.  Ils sont une source d’équilibre, de saines répartitions des avoirs sur la planète.  J’ai pas mal de jaune.  En fait, j’en avais trop, trop de règles intérieures qui me coupaient du monde et qui me rendaient rigide et inflexible.  J’ai dû apprendre, en développant mon bleu et mon vert, à être équilibrée.  Maintenant le jaune est pour moi un outil pour manifester mes rêves.

Les nuances du rouge

Pour les rouges, l’éveil peut venir en regardant un film, en assistant à un spectacle ou un concert ou en écoutant de la musique.  Le rouge, c’est la passion, la créativité et les émotions; c’est le plaisir et le jeu; c’est aussi les interactions sociales, la sexualité, la sensualité, étonnement, la curiosité et le goût de l’aventure.  Les rouges sont des boules de feu en route vers l’inconnu dont le plus grand plaisir provient d’exprimer qui ils sont.  Une énergie indomptable, un enthousiasme débordant.  Dieu me protège, je suis rouge jusqu’au bout des doigts.  Pour moi, l’univers est un univers d’émotions et de passions.  La vie se doit d’être vécue à l’extrême.  L’éveil spirituel était, et est toujours, mon but ultime.  Il m’a quand même fallu apprendre à tempérer mes enthousiasmes et à garder les pieds sur terre, afin de ne pas éparpiller mon énergie et arriver à libérer ma créativité positivement.

Personne n’est d’une seule couleur.  Nous possédons tous des nuances de chaque couleur, en différentes combinaisons, qui nous permettent de comprendre les autres.  La merveille du concept des quatre couleurs est de donner une direction à notre éveil.  C’est un guide vers l’équilibre personnel et planétaire.  C’est aussi un peu une manière de comprendre et d’accepter les différentes approches autour de soi.  J’ai beaucoup appris des quatre couleurs.

J’ai appris que tous les chemins peuvent mener à l’éveil, à la connaissance de soi et de l’univers dans lequel nous vivons.  J’ai appris que ma manière de percevoir le monde n’était pas la seule valable.  J’ai appris à aimer et à apprécier la différence autour de moi et à reconnaître l’unique contribution de chacun sur le chemin de la découverte.

La vie en couleurs m’a surtout appris à apprendre, à être réceptive à mon environnement et à apprécier la beauté de l’univers sous toutes ses facettes.  Je vous souhaite bon voyage dans l’univers des couleurs du monde.

L’appel à la vie

Il est de ces expériences qui deviennent des points tournants dans une vie.  Pourtant, des expériences marquantes, j’en ai vécu beaucoup, mais cette dernière a eu un impact profond.  J’aimerais la partager avec vous.

Il y a quelques mois, j’ai demandé à l’univers un outil, un moyen, pour intégrer mon corps à ma réalité spirituelle.  Je sentais que mon corps me ralentissait dans mon évolution, car j’en étais à peine consciente.  Mon corps était là, mais je n’y vivais pas.  Il servait simplement de récipient à ma recherche intérieure, un conduit physique auquel je portais peu attention.  Douloureux et lent, pénible!

Quelques jours plus tard, en potassant des livres, mon regard a été attiré par un titre : « Au cœur de notre corps – se libérer de nos cuirasses » de Marie Lise Labonté (Éditions de l’homme).  Les premiers mots de la préface commencent ainsi : « Nous avons, dans la profondeur de notre corps, un cœur, un centre, un lieu où repose notre essence, notre être.  Le cœur de notre corps n’est pas notre cœur physique, il est le noyau… ».  J’ai ramené le livre à la maison et l’ai dévoré d’une traite.

La promesse : retrouver le cœur de notre corps et entrer en contact avec notre vie et notre créativité par la méthode de libération des cuirasses (MLC).  Wow!  La prémisse m’a rejointe profondément dans mon désir de vivre mon corps autrement.

Conquise et fascinée, j’ai acheté un autre de ses livres : « Mouvements d’éveil corporel » qui vient avec un DVD de certains des mouvements.  Je me sentais attirée comme un papillon à la lumière.  J’ai cherché plus loin et trouvé une praticienne de la méthode, Brigitte Drapeau.  J’ai suivi une première session avec elle, puis une seconde en cours présentement.

La méthode, d’une incroyable douceur, pouvait-elle vraiment avoir l’impact promis?  Je n’en suis encore qu’au début, pourtant je ressens une appréciation sans bornes pour cette méthode douce et simple qui, avec des outils comme des balles mousse, des balles de tennis et un bâton recouvert de mousse, parvient à rejoindre les profondeurs de l’être.  Ma vie se transforme.  Mon corps se détend et s’ouvre.  Mon corps se rappelle à la vie.  L’impact est palpable.

La méthode, si douce pour le corps, ravive des mémoires enfouies profondément dans les muscles, les articulations et les fascias.  On m’avait déjà dit que le corps entrepose en lui toute notre expérience de vie.  Je n’avais pas cru que c’était vrai.  Maintenant, je vis cette réalité avec une grande intensité.  Les émotions, parfois presque insoutenables, s’expriment et se libèrent avec les mouvements d’ouverture, d’étirement et d’harmonisation.  Chaque mouvement apporte avec lui son bagage d’émotions oubliées ou mal vécues et, avec douceur et amour, leur donne vie et les laisse se dire dans la détente du corps.  Il en reste une souplesse plus grande et un grand plaisir.

Je remarque des changements dans ma vie de tous les jours.  Subtils, au début, les changements se font plus importants.  À mesure que je me dirige vers le cœur de mon corps, jour après jour, mon attitude change.  Je suis plus ouverte et réceptive.  Je m’exprime plus facilement.  Mon corps se détend là où auparavant je n’avais même pas perçu de tensions et de rigidité.  Des plans, longtemps remis à plus tard, se mettent en place et commencent à s’actualiser.  J’ai finalement changé les meubles de mon salon et de mon bureau, mais surtout, je me remets à écrire après plusieurs mois sans inspiration… et ça me fait chanter le cœur.

Tout ça avec quelques balles et un bâton, me direz-vous?  Oui, tout ça.  Alors, quand j’ai vu la thématique de ce mois-ci pour le Cheminement – Notre corps nous parle.  Comment être à l’écoute des signaux de notre corps? – j’ai voulu parler, comme d’un cadeau à partager, de cette expérience que je vis présentement avec les mouvements d’éveil corporel.

Je ressens l’appréciation profonde de mon corps qui finalement reçoit l’attention qui lui est dû et dont il a tellement besoin.  Je ressens surtout la nouvelle communication qui s’établit entre mon conscient et mon inconscient.  Un mariage au-delà des mots, dans les profondeurs de mon être, qui me guide vers la vie et, qui sait, vers le cœur de mon corps.  Un corps libéré, harmonisé, heureux.

Ce qui appelle à vivre en nous

J’entame l’écriture de cet article devant un bon café crème, confortablement installée sur une terrasse du vieux Nice, dans le sud de la France.  Dans quelques jours, je suivrai une formation à laquelle je tenais beaucoup et qui me permettra d’approfondir davantage mes connaissances sur le potentiel humain. Cette « pause–cadeau » sur la Côte d’Azur me permet de m’arrêter quelques minutes et de dire merci pour ces moments de douce magie que je me suis autorisée à faire fleurir dans ma vie.

Et vous?  Vous autorisez-vous à faire fleurir votre existence, à votre façon?

Au plus près de votre plus intime désir

Le prêtre, philosophe et psychologue français, Jean-Yves Leloup, répète souvent que la santé, du point de vue des psychanalystes, c’est savoir se tenir au plus près de son plus intime désir.  D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu un espace en moi pour ma vie idéale. Comme une petite voix, une petite lumière toute simple, qui ressent le chemin à suivre et la créativité à me donner pour me sentir saine, vivante et en relation privilégiée avec le monde qui m’entoure…

Chaque fois que j’ai le bonheur d’accompagner les gens dans l’écoute rapprochée de cette petite voix, j’ai l’impression de voir soudain le soleil se lever dans leurs yeux. Ce soleil, ils le connaissent, mais ils ont appris à l’enfermer.  En fait, nous sommes tous plus ou moins prisonniers d’une cage de fausses croyances et de non-amour, construite et maintenue par nul autre que nous.  Une cage prenant la forme de masques ou de mécanismes de défense que nous avons installés, convaincus qu’autrement, nous ne pourrions être suffisamment aimés ou protégés.  Tout le défi consiste à oser sortir de la cage pour enfin manifester nos plus intimes et légitimes désirs.

Connaître sa cage et en connaître la sortie

La psychologie et la psychiatrie modernes se sont spécialisées dans l’étude de la cage.  Si l’on veut être véritablement vivant, nous ne pouvons pas faire l’économie de la connaissance des principaux barreaux qui nous enferment.  Par contre, plusieurs font l’erreur de passer leur vie à tourner en rond dans l’étude de la cage et leur âme finit par mourir d’inanition à force de ne pouvoir s’exprimer.

Philon d’Alexandrie, un thérapeute de l’Antiquité, disait ceci : « Prendre soin de l’Être, n’est-ce pas s’occuper d’abord de ce qui va bien en nous, regarder vers ce point de Lumière qui dissipera nos ténèbres? ».  Connaître mieux notre essence, nos talents, nos passions et ce qui donne un sens à notre vie, c’est le point de départ vers cette vie idéale – et nécessaire! – qui attend de rayonner et qui aura raison de nos zones d’ombre les plus tenaces.

Quelques pistes d’exploration

Avant de passer à l’action pour manifester vos rêves, voici deux questions pouvant vous aider à préciser la nature de votre essence et les aspirations de votre être profond :

  • Quand j’étais enfant, quels étaient mes jeux préférés et quels étaient mes rêves?
  • Qui sont les personnes que j’admire le plus?  Quelles qualités m’inspirent-elles?

Explorez à fond ces deux thèmes.  Ils parlent de vous dans ce que vous avez de plus pur.  Si vous restez bien à l’écoute de votre petite voix, vous trouverez bientôt des idées créatives vous permettant de vivre de plus en plus en accord avec vous-même.  En osant un premier pas vers votre existence idéale, la magie des opportunités et des synchronicités se mettront en branle.

Une fois que vous serez passé de l’étape de la vision à celle de la mise en action, ne craignez pas de commettre des erreurs.  On m’a récemment expliqué que pour intégrer un nouvel apprentissage, comme apprendre à marcher par exemple, un enfant vivra en moyenne 256 échecs.  256 fois, il tombera et se relèvera, sans jamais se juger ou se décourager! Seul l’élan de vie compte.  N’est-ce pas prodigieux?  Et nous sommes tous passés par là!  De la même manière, pour sortir de nos vieux schèmes, il faudra nous attendre à tomber et nous relever.  Mais ce faisant, nous nous ferons aussi des muscles et bientôt, c’est l’élan de vie qui sera le plus fort.  Bientôt, la joie et les moments d’extase seront votre récompense.  Oui, je parle bien « d’extase ».  Ces moments bénis où convergent notre essence et l’instant de pure créativité surviendront.  Vous ne serez pas constamment perchés sur votre nuage, mais retenez que cette forme de joie est aussi possible.  Et je sais qu’au fond, vous le savez…

Que vous cherchiez ou non à vivre ces moments de grâce, il ne fait aucun doute que chacun d’entre nous tente plus ou moins adroitement de répondre à ce qui appelle à Vivre en lui-même.  Plus j’avance sur le chemin de la connaissance de soi, plus ces deux grandes vérités s’imposent constamment :

  1. Le point commun à toutes démarches spirituelles authentiques est de favoriser le Vivant en nous;
  2. Et pour y parvenir, il s’agit de retrouver notre spontanéité et notre authenticité.

De toute manière, il n’y a pas d’échappatoire : la Vie veut la vie en nous et tous les mensonges ou demi-vérités qu’on essaiera de se raconter finissent tôt ou tard par éclater d’eux-mêmes.  C’est le grand paradoxe de l’existence, le beau grand Mystère qui fait que, bon gré mal gré, nous avançons vers notre liberté véritable.  Plus nous autorisons la Lumière à se manifester à travers nos paroles, nos gestes et notre œuvre, plus nous nous sentons aimés et aimants et plus la vie nous le rend.

Créer en famille, créer sa famille, en toute simplicité

La réussite d’une rencontre créative en famille nécessite la réunion de plusieurs conditions, comme pour tout acte de création. L’une d’elles consiste bien sûr à se réserver un lieu adéquat (séjour, chambre, sous-sol, etc.) et une plage de temps suffisante pour ne pas étouffer dans l’œuf une activité qui a besoin de prendre son envol. Il s’agit également de se faire plaisir et de miser sur la confiance, en soi et dans nos proches. L’importance de cette démarche familiale réside bien moins dans l’objectif à atteindre, que dans l’écoute de notre processus créatif, un pas après l’autre et en toute simplicité avec ceux que l’on aime. Enfin, les encouragements, l’esprit du jeu et la spontanéité sont de fidèles alliés pour éviter le sabotage de l’autocritique et des jugements de valeur sur autrui. Très nombreux sont ceux qui dénigrent leur propre potentiel créateur. J’ai fait partie, moi-même, de ceux dont le verdict est en général sans appel, aussi tranchant que la lame du bourreau : « Moi, je ne suis vraiment pas doué en dessin! » ou « Je ne sais pas écrire ». Il est étonnant de constater à quel point l’autocritique – et l’autocensure qui peut en découler – sont des modes de pensée pour lesquels tant de gens développent presque du talent. Une sorte de conditionnement dès le plus jeune âge a relégué la création à une pratique secondaire, voire tout simplement inutile, et réservée à une élite d’intouchables. Pourtant, faire du beau m’apparaît totalement accessoire, tandis que risquer d’être vrai, au diapason de soi-même, constitue le défi majeur de la vitalité.

C’est en devenant père que j’ai expérimenté des jeux créatifs au sein de la famille, afin de tisser des liens plus subtils entre parents et enfants, mais aussi à l’intérieur du couple. Cela a confirmé une fois de plus que la créativité, cet élan vital qui caractérise l’être humain, coexiste autant chez l’enfant que chez le parent adulte. Dans un univers où le travail et le temps prennent beaucoup de place, la créativité rapproche et consolide. Depuis que notre enfant, le plus grand, est en âge de nous accompagner dans nos créations, nous nous retrouvons régulièrement pour du dessin, des collages, de la peinture et des créations originales autour de la table de la cuisine. Ces moments exceptionnels font aujourd’hui partie de notre quotidien. Pour réaliser des cadeaux, bien sûr, mais surtout sans objectif particulier, pour passer un moment de détente et de plaisir, ensemble. L’avantage est aussi de reléguer aux oubliettes pour quelques heures l’omnipotence des écrans de télévision, de jeux et de téléphonie, capables d’aspirer toute une famille dans son gouffre de passivité et d’individualisme.

Cette initiative créative est aussi venue bousculer des traditions ancrées depuis des générations, comme Noël et les fêtes d’anniversaire. La croissance de nos enfants a coïncidé avec une surabondance de cadeaux souvent inutiles et dispendieux. Cette tendance ne cesse de s’accroître, avec à chaque fois la torture quasi-obligatoire, pour nous autant que pour les autres, de « faire plaisir » et de trouver une bébelle à chacun. En particulier, cette tradition de fêter on ne sait plus trop quoi – le changement d’année, la naissance d’un messie ou l’arrivée du gros barbu par la cheminée – me pèse de plus en plus péniblement. La question s’est posée et se pose encore avec acuité : comment sortir de la spirale infernale du cadeau obligé? Cela n’a pas été facile et ce n’est pas encore gagné, nous avons pourtant introduit l’idée d’offrir « autre chose » à nos proches. Quelque chose de plus humain, dans lequel nous investissons temps, passion et bonne humeur. Nous risquons une attitude différente, démontrant à chaque fois qu’il est possible de s’amuser, et de grandir aussi, dans une activité de créativité familiale. La dernière fois, nous avons ainsi disposé de vieilles chutes de contreplaqué, de colle et de restants de peinture, auxquels se sont rajoutés roches, bois flotté et morceaux de verre dépolis ramassés sur la grève de Tadoussac. Cet assemblage magique a permis la fabrication de cadres à photo très originaux. Dans ces moments-là, plus besoin de parler, car ce sont les mains qui se mettent à raconter, les pinceaux qui chuchotent et les sourires qui créent la connivence. Notre œuvre collective est surprenante, inattendue et n’apparaîtra sûrement pas dans une galerie d’art. Pourtant, elle a été remise par mon fils à ses grands-parents, et je sais que ce présent « fait maison » représente bien plus qu’un cadeau ordinaire. Imparfait, croche, mais unique.

La vivance, une qualité d’être au monde

Je pense avoir inventé ce mot dans les années soixante-dix, dans un poème amoureux où je tentais de dire combien l’amour me semblait être le ferment d’une vivance capable d’amplifier la vie. Mais peut-être ce mot, avait-il été déjà découvert avant, quoi qu’il en soi, je l’ai souvent utilisé car je trouvais qu’il convenait bien à l’expression de plusieurs de mes thèmes autour des vibrations que secrète (ou non) la vie en l’intérieur de nous à l’occasion de certains évènements, moments privilégiés ou émotions fortes.

La vivance est une qualité d’être qui nous habite et dynamise le potentiel de vie qui est en chacun. Elle relève d’une dimension vibratoire qui crée une alchimie particulièrement active entre nos pensées, les ressources de notre créativité, les élans de notre imaginaire et les accords possibles avec la réalité qui nous entoure.

La vivance nous permet d’être plus présent au présent et aussi, c’est une de ses qualités, de gagner sur le malheur, de combattre le mal de vivre ou de se laisser aller dans l’errance infinie de la victimisation. Elle confirme et nourrit notre confiance non seulement en nous-mêmes, mais aussi dans les autres et même en l’avenir.

Surtout l’avenir que je ressens depuis quelque temps non fiable, si incertain qu’il n’est pas certain qu’il puisse accueillir la vie de mes petits-enfants. Un avenir violenté par ce que nous faisons, imposons aujourd’hui à la planète et à nos semblables. Violences visibles et moins visibles liées aux tromperies, aux mensonges de certains hommes politiques, aux malversations à l’échelle planétaire de certains individus protégés par leur anonymat, au surgissement de crises financières et économiques déclenchées par l’aveuglement (ou l’habileté) de ceux qui peuvent jouer avec l’argent, les économies du plus grand nombre.

Je crois qu’en période de crise, il faut prendre garde d’éviter un repliement sur soi, un enfermement dans la bulle de ses intérêts personnels, une fixation autour d’une vision paranoïaque concernant nos gouvernants et aussi nos semblables, même si chaque jour apporte la preuve de leur nocivité, de leurs prédations dans beaucoup de domaines. Je crois qu’il faudra éviter de rester dans des comportements d’autoprotection liés à la survie en oubliant la solidarité, l’engagement dans des actions de lutte et de confrontation. Je crois qu’il nous appartient de rester un témoin de la Vie. C’est peut-être cela le sens de notre passage sur terre, le maintien, l’épanouissement de la Vie sous toute ses formes, même si aujourd’hui nous sommes à l’origine de beaucoup de violences à son égard. Au-delà d’un travail sur soi, pour maintenir au plus haut notre potentiel de vie, il nous faudra militer, s’associer, se concerter pour faire un contrepoids au développement de la souffrance, au grandissement de l’injustice, à l’expansion de la misère et surtout de la faim et de la non-éducation de millions d’enfants.

Au final, s’appuyer sur sa vivance pour s’engager auprès des plus démunis.

Quelle est votre mission de vie?

Nous sommes mis sur terre pour réaliser notre mission de vie; celle de créer quelque chose qui sera la solution à un problème en particulier. – Nathalie Ayotte

La majorité des gens sont inconscients d’être sur terre pour accomplir une mission divine. Plusieurs autres passent leur vie entière à la recherche de leur raison d’être. Rares sont ceux qui savent ce que l’Univers attend d’eux. Une chose est certaine, nous sommes tous mis sur terre pour réaliser notre mission de vie; celle de créer quelque chose qui sera la solution à un problème en particulier.

Toute création sert à solutionner un problème

C’est vrai. Chaque chose a été créée en fonction de combler un manque, subvenir à un besoin et apporter une solution. Par exemple : une porte sert à garder le froid et les bestioles dehors, une veste sert à tenir au chaud, des souliers servent à protéger les pieds, la musique sert à divertir, une voiture sert à se déplacer, etc.

Chaque personne crée quelque chose d’utile ou devient quelqu’un qui comble les manques et apporte les solutions pour d’autres. Tel est le cas pour les médecins, les avocats, les comptables, les thérapeutes, etc.

Et vous? Quelle est votre raison d’être? Lorsque vous trouverez le problème que vous pouvez solutionner, vous trouverez votre raison d’être! Et si vous trouvez la solution, vous réalisez votre mission de vie.

Découvrir le problème que vous devez solutionner

Afin de vous aider à découvrir votre raison d’être, répondez aux questions suivantes :

1. Qu’est-ce qui vous passionnait lorsque vous étiez enfant? Notez les jeux et les passe-temps qui occupaient le plus de votre temps.

2. Que remarquez-vous? Un vétérinaire remarque un malaise ou une maladie chez un animal, un technicien de son remarque si le son est clair ou grincheux, un professeur de français remarque les erreurs grammaticales et d’orthographe. Qu’est-ce qui attire votre attention quand ça ne fonctionne pas bien? Une relation? Une voiture? Un grille-pain?

3. Qu’aimez-vous faire? Les gens qui ont du succès réussissent en faisant ce qu’ils aiment. Céline Dion aime chanter, Tiger Woods aime jouer au golf, Oprah aime faire une différence dans la vie des gens, etc.

4. Que seriez-vous prêt à faire gratuitement? Listez les choses que vous faites pour aider les gens, même spontanément.

5. Qu’aimez-vous apprendre? De quoi aimez-vous parler? Est-ce la programmation informatique? Les langues? La danse? Les voyages?

6. Quel genre de livres trouve-t-on dans votre bibliothèque? Des livres sur le design graphique? Sur la rénovation? La couture?

7. Qu’est-ce qui est facile pour vous? Est-ce la cuisine? L’écriture? La menuiserie?

8. Qu’est-ce qui allume votre créativité? Les arts? Les affaires? La radiophonie?

9. À quoi êtes-vous bon? Réparer des bijoux? Faire de la recherche? Remarquer les détails?

10. Qu’est-ce qui vous rend heureux? L’entraînement physique? La musique jazz? Recevoir des amis?

Révisez vos réponses. Remarquez les traits communs. Connaissez-vous des gens qui ont réussi dans la vie et qui ont des caractéristiques similaires aux vôtres? Encerclez l’élément sur la liste qui vous passionne le plus, celui que vous croyez pouvoir faire à tous les jours pour le restant de vos jours.

Félicitations! Vous venez de découvrir votre mission de vie. Si par contre, l’exercice n’a pas donné de résultats clairs, ne vous inquiétez pas. Vous venez de semer une demande dans l’Univers, soyez patient, ça viendra!

Se choisir plutôt qu’endurer

Le désir de changer quelque chose dans sa vie émane souvent d’une situation qui nous amène à vivre un malaise tellement intense qu’il nous devient impossible d’y rester. Les « moins » finissent par l’emporter sur les « plus ». Par contre, certaines situations comportent presqu’autant d’avantages que de désavantages. Les choses ne sont pas aussi claires, le malaise n’est pas nécessairement accompagné d’un désir urgent de changement, mais génère une insatisfaction assez importante. C’est dans ces sphères que notre volonté nous manque souvent quand nous visons le changement.

La roche dans le soulier

Avez-vous déjà eu une petite roche dans votre soulier? Elle ne vous faisait pas assez mal pour l’enlever, mais juste assez mal pour vous rappeler sa présence. Votre raison vous dirait d’arrêter votre marche, d’enlever votre chaussure et d’enlever la roche. Vous vous évertuiez à l’oublier, à penser à autre chose, mettre moins de poids sur ce pied, secouer votre pied pour la loger à un endroit où vous ne la sentiriez plus (solution temporaire car la roche éventuellement reviendrait là où elle se ferait sentir). Nous avons tous fait ça. Vous voyez où je veux en venir?

Ça fait mal mais pas tout à fait assez

Notre vie est souvent un soulier plein de roche. Certaines sont là depuis tellement longtemps qu’on ne les sent plus. D’autres se font sentir à travers les événements et relations qui composent notre vie. Lorsque la douleur est intense, nous sommes forcés de nous arrêter et faire quelque chose avec la « roche » peu importe la forme qu’elle prend. Mais les autres petites roches pas encore assez douloureuses elles? Vous savez les choses dans notre vie qui auraient besoin d’être transformées, mais qui ne nous dérangent pas encore assez? Celles qu’on endure?

Ma vie, un marathon?

Une bonne façon de savoir où nous avons certains blocages et où notre vie gagnerait à être améliorée est de s’arrêter et regarder quelles sont les situations que nous « endurons » en ce moment. Quand l’endurance s’étend dans le temps, notre vie prend des allures de marathon. Cela use et gruge notre énergie vitale. S’arrêter, regarder ce qui fait mal et lâcher prise sur des façons de fonctionner néfastes pour nous semblerait une chose normale et logique. Pourtant, c’est souvent la dernière chose que la plupart d’entre nous faisons. Nous sommes persuadés qu’endurer constitue une solution efficace. En fait, c’est une solution temporaire que nous avons mis en place souvent parce que nous croyons ne pas avoir d’autres moyens pour nous en sortir. Endurer une situation est en général insatisfaisant et nous éloigne de notre joie de vivre et notre créativité. Arrêter d’endurer veut dire se choisir, décider de répondre à ses besoins et aller vers une vie plus satisfaisante.

5 étapes pour mieux se choisir

1- Faites une liste écrite honnête des choses que vous endurez en ce moment : dans vos relations, au travail, financièrement, dans votre santé. Prendre conscience est la première étape.

2- Endurer une situation signifie souvent que nous passons outre certains de nos besoins importants. Comment pourriez-vous vous réengager face à vous-mêmes et votre bonheur? Tout part de vous. Sans à tout prix changer l’extérieur, votre attitude intérieure peut faire toute la différence entre endurer une situation et la choisir.

3-Allez chercher de l’aide. Sortir le problème de soi, changer sa perception d’impuissance et se connecter sur des ressources constitue des moyens efficaces.

4- Prenez conscience qu’il y a de nombreuses raisons parfois complexes au fait d’endurer une situation. De plus, il est possible que vous enduriez une situation, car vous ne savez pas exactement ce que vous voulez réellement dans la vie. Et que si vous le savez, vous ne savez pas comment l’obtenir, vous avez peur de ne pas y arriver et souvent la peur de l’inconnu vous paralyse.

5- Si pour le moment endurer une situation est plus fort que vous, ayez de la compassion envers vous-mêmes. Vous juger et vous critiquer ne font qu’aggraver les choses et augmenter votre paralysie.

La contemplation, une façon de ralentir pour gagner du temps!

Dans un effort pour retrouver « mes esprits », j’ai redécouvert dernièrement la valeur incroyable et la richesse de créativité et de ressources auxquelles j’accède en consacrant 20 à 30 minutes de mon temps à la contemplation tous les jours.

La réalité telle qu’on la connaît cache une Réalité beaucoup plus vaste qui la sous-tend et à laquelle on accède seulement quand on prend le temps de s’arrêter et de prendre contact avec le courant intérieur. On peut alors cesser de se buter sur les mêmes obstacles pour découvrir des réalités et des solutions qui génèrent de réels changements. Einstein disait qu’on ne peut pas régler les problèmes à partir du même mode de pensée avec lequel on les a créés. Un vrai changement nécessite un changement de perspective, de conscience.

La contemplation me permet de m’élever au-delà du flot incessant des exigences, des défis et des préoccupations journalières, où je me perds à l’occasion, pour mieux voir la situation. Un peu comme si perdue en forêt, je montais dans un arbre pour observer d’en haut quels sont les meilleurs chemins à prendre pour atteindre la clairière.

Une occasion également de sortir du courant de la conscience sociale pour prendre contact avec un courant intérieur qui me connecte à la dimension créative d’Âme que je suis. J’y suis guidée vers des lectures, des personnes ressources, un geste d’amour à poser durant la journée, une façon différente d’aborder une situation où un lâcher prise libérateur. Je lisais dans The Art of Spiritual Dreaming (1999) « l’Âme… (page 199) ne peut travailler si vous paniquez. L’anxiété ferme les centres de créativité. Quand vous ne pouvez penser, tout ce que vous tentez de faire se transforme en une série d’erreurs. Si vous ralentissez, le principe spirituel peut commencer à s’exprimer à travers vous de façon à ce que vous puissiez trouver la solution au problème qui vous concerne ». (traduction libre)

Paradoxalement, c’est en ralentissant et en reprenant ma pratique de contemplation journalière que j’avance le plus dans la prise de conscience d’attitudes à changer, que j’arrive à voir derrière l’illusion, à « télécharger » (comme le dit Julia Cameron dans son livre The Artist’s Way, 1992) sous forme d’intuitions et d’inspirations, la guidance inspirée des mondes intérieurs pour m’en servir dans mon quotidien.  Dans cet espace calme et détaché, je découvre des façons de prendre soin de moi, d’améliorer mon existence et celle des autres.

La contemplation est un exercice simple et puissant qui est pratiqué dans plusieurs cultures et qui consiste à se retirer des activités du quotidien pour s’accorder un temps de solitude et de réflexion. « Nous sommes si agressés par le bruit que nous ne maîtrisons plus l’art de la contemplation. Notre âme subit les conséquences de la diminution de notre capacité d’attention… contemplare, dérive de… templum…, soit « temple », et signifie « observer avec attention ». (Gelb, 1999)

Voici comment je la pratique :

  1. Je prends l’habitude à tous les jours de m’asseoir à heure régulière (matin ou soir) dans un endroit tranquille pour 20 à 30 minutes.
  2. Après quelques bonnes respirations, je mets mon attention sur le troisième œil (œil spirituel ou l’écran mental). Je rentre alors dans un état de relaxation en tournant mon attention graduellement vers l’intérieur (une façon d’apprendre à changer le monde de l’intérieur plutôt que de l’extérieur) où je laisse l’inspiration me guider.
  3. J’utilise ce temps de contemplation pour :
    • Revoir les rêves faits la nuit précédente.
    • Parcourir des extraits de mon cahier de rêve et faire des liens avec des événements de ma vie courante.
    • Réfléchir sur mon journal de réflexion et prendre la distance avec les événements qui me troublent ou revenir sur les éléments dont je n’ai pas encore compris le sens.
    • M’abandonner à la guidance par rapport à une situation particulière en m’arrêtant sur un extrait de livre ouvert au hasard pour trouver une réponse.
    • Écrire une lettre à mon guide par m’aider à résoudre un problème et observer la réponse durant la journée qui suit.
    • Varier mes contemplations à partir d’un livre d’exercices spirituels pour développer ma créativité d’Âme ou tout simplement utiliser mon imagination pour inventer de nouveaux exercices.
  4. J’accompagne cette contemplation d’un chant sacré, le chant du HU, (un ancien nom de Dieu, se chante : you… you…) un mantra qui élève ma conscience et qui m’apporte réconfort et protection.
  5. Je prends note des informations qui me viennent en contemplation pour les utiliser plus tard dans ma journée ou pour améliorer certains aspects de ma vie.

J’approche ce temps de contemplation comme une rencontre privilégiée avec le divin et je respecte ce temps de rencontre avec autant d’engagement que mes rendez-vous quotidiens. Ça donne une toute autre couleur à ma journée, à ma vie.

Cette contemplation, je la poursuis parfois durant ma marche au bureau, en écoutant la musique dans l’auto, en restant attentive aux rêves éveillés et aux paroles de sagesse que les gens me lancent souvent sans s’en rendre compte durant la journée et qui m’apportent des éclaircissements sur des situations demeurées sans réponse. Avec le temps, j’ai fait de la contemplation un exercice continu.

Une façon de ralentir qui me fait gagner beaucoup de temps.

Bonne contemplation!

Références :

Klemp, Harold, The Art of Spiritual Dreaming, ECKANKAR, Minneapolis, 1999

Gelb, J. Michael, Pensez comme Léonard de Vinci, Les Éditions de l’Homme, 1999

L’épanouissement que nous procure la pratique artistique

Nous avons tous en nous une énergie qui nous pousse à créer avec le geste, la couleur, la matière. Ce processus amène l’individu à explorer son propre rythme intérieur et à approfondir la dynamique de la perception.

Accomplir un acte de création ou entrer simplement en contact avec notre créativité n’est pas chose acquise pour la plupart d’entre nous. Les milieux de travail sont souvent axés sur la productivité, la rentabilité et la performance. Notre travail ne nous appartient plus et l’environnement stressant dans lequel nous évoluons, loin de favoriser la réalisation de notre potentiel créateur nous conduit à l’ennui, au sentiment de vide, d’échec ou encore, au burnout. Le burnout signifie, entre autres, que nous nous perdons de vue, coupés de nous-mêmes, séparés de ce que nous sommes vraiment, loin de notre besoin fondamental de créer… notre vie.

L’artisan de tous les temps a un lien privilégié avec l’objet qu’il fabrique; il participe à l’ensemble du processus, de la conception jusqu’à l’échange ou la vente de l’œuvre, donnant ainsi un sens au travail accompli. Son action intègre la culture de son époque, l’expression de la vie. L’artiste quant à lui ose redéfinir constamment sa relation avec lui-même et avec les autres. Il est le miroir de la collectivité, l’ange gardien qui lui fait prendre conscience de sa réalité et de son propre mouvement. Son rôle est essentiel, il est un signe de santé et de qualité de vie dans toute société.

Le pouvoir de libérer notre énergie créatrice, s’il n’est pas manifesté pleinement, se transforme en déception toujours renouvelée. L’acte de créer a cette capacité d’exprimer l’indicible, l’ombre qui agit derrière notre personnalité.

L’être humain, dans un acte de création, communique sa vision personnelle du monde perçu et ressenti comme quelque chose d’unique. Ce besoin de créer n’est, en fait que la volonté de dire ce que nous sommes; non pas l’image qui nous est imposée par une « conscience sociale » uniforme, mais celle qui vient du dedans de nous, unique et originale, reflet poétique de nos expériences, de nos perceptions et de nos émotions. Nous y arrivons par la peinture, la sculpture, l’écriture, la danse, le théâtre, et tout ce que notre imaginaire peut inventer afin de communiquer cette vision personnelle d’une réalité visible ou invisible ressentie par le corps et par l’âme.

C’est un signe de santé que d’accepter d’être intimidé par ce contact profond et de se permettre d’être dans un processus de création. En s’exprimant avec des mots, des gestes ou de la matière, il en résulte pour l’être un mieux-être, une satisfaction profonde et durable, allant du plaisir au droit d’exister.

Il est impératif pour l’être humain vivant dans une époque troublée de s’accorder le temps nécessaire à l’expression artistique. D’une part, parce que cela nous met en face de ce qui nous habite et qui agit à travers nous; d’autre part, par cette prise de conscience, nous touchons à un pouvoir, celui de transformer notre réalité.

La pratique artistique, c’est laisser place à l’inconnu, à l’apprivoisement de notre être profond, à la reconnaissance et la validation de qui nous sommes comme personne unique. C’est une source intarissable de plaisirs et de connaissance de soi.

Cet article a été écrit conjointement par Marie-Doris Valois et Normand Roy