L’envol du papillon : éloge de l’ermitage

Le papillon monarque nous impressionne par sa beauté. Aérien, il fréquente le soleil et les fleurs. Gracieux, léger, il est pourtant robuste et capable de hauts vols et de longs voyages. Ce papillon qui nous émerveille a pourtant été une chenille. Une chenille qui s’est enfermée dans un cocon de soi(e) pour accomplir cette extraordinaire transformation.

Nous, les humains, sommes aussi appelés à changer au cours de notre vie et nous avons besoin d’un environnement propice pour y parvenir. Un ermitage est un de ces lieux qui offre, tout comme le cocon, un endroit protégé, solitaire et silencieux, favorable au recueillement et à l’introspection. La chenille semble se replier sur elle-même et se cacher, isolée et solitaire. Elle est en fait à s’accomplir, à se reconstruire, à se métamorphoser, à se préparer à voler avec ses congénères. L’ermite fuit momentanément le bruit et la folie du quotidien, du monde et de la ville pour entendre sa parole intérieure, pour toucher le cœur de son être, se régénérer, et être capable de mieux aimer et entrer en relation avec les autres. La chenille a tout ce qu’il faut en elle-même, simplement, malgré la magie qu’elle opère. Notre inconscient et notre corps sont des guides sûrs pour nous indiquer nos ressources; ils nous révèlent les mystères de l’invisible qu’est notre monde intérieur.

Une chanson dit : « Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs ». C’est vrai. Si ce que l’on cherche est d’être en harmonie, enraciné, heureux, connecté à soi, aux autres et à son environnement, il n’est pas nécessaire d’escalader la plus haute montagne ou de se perdre dans un désert où il y a des mirages. Se donner un temps sacré, se retirer dans le calme, loin des distractions, est une solution parfaite pour un nouveau souffle. C’est une vacance pour l’âme et le corps.

Contrairement à la chenille et au papillon, les changements pour nous sont plus nombreux et ils peuvent être de nature différente. Quand on décide d’un ermitage, on peut le faire pour diverses raisons. Se reposer, se détendre, afin d’en ressortir rafraîchi, rempli d’énergie. Réfléchir pour pouvoir poser un regard neuf sur sa vie. Traverser un épisode de détresse afin de toucher à l’espérance et à la joie. Panser ses plaies pour guérir d’un problème de santé physique ou psychique. Accepter de ressentir sa souffrance refoulée pour s’en libérer. Oser explorer des zones obscures pour y voir clair.

Il ne faut pas avoir peur de cette expérience qui ramène aux sources, à ses origines, seule manière de prendre contact avec soi, de se sentir cohérent, authentique. Retrouver ses racines signifie aller vers ce qui a un sens réel pour nous, une résonance, et cela doit nous ressembler. Il n’y a pas si longtemps, nos parents ou grands-parents connaissaient bien cette idée d’une retraite occasionnelle et plusieurs la pratiquaient. On allait faire son « examen de conscience », c’est-à-dire réfléchir et éclairer les recoins de son « âme ». Cet héritage, cette tradition de sagesse s’est presque perdue, alors qu’on se cherche éperdument. Si autrefois la retraite se faisait dans un contexte religieux, il existe aujourd’hui quelques rares ermitages laïcs qui ne font la promotion d’aucune spiritualité.

Qu’on ressente de l’insatisfaction face à sa vie, ou un désir de dépassement, ce ne sont souvent pas les quelques jours ou semaines de temps libre qui nous aident vraiment. Au moins une fois dans sa vie, il vaut la peine de s’accorder un temps précieux, de renoncer aux divertissements pour se retirer. Suivre son élan vital, se faire confiance, s’abandonner à son destin. Oser s’entendre, se ressentir, vibrer par tant d’intensité, pour que la chrysalide sorte de l’ombre et prenne son essor dans la lumière.

Et si la chenille avait refusé de s’enfermer dans son cocon?

J’ai rencontré mon mari en rêve!

En 1997, je note à mon cahier de rêve que je viens de rencontrer un homme et que nous avons discuté de la possibilité de vivre ensemble. J’ai encore tout frais à la mémoire les détails de sa chevelure épaisse poivre et sel, de son teint basané, des traits de sa figure et il parle anglais. Je note également, sans trop pouvoir l’expliquer, qu’il y a des tables partout autour de nous.

À mon entrée dans la pièce en rêve, je reconnais un bon ami de longue date. « Mais que fais-tu ici? » lui dis-je. Il me répond « Tout comme toi je viens pour rencontrer quelqu’un ». Je le rejoins à table et nous nous parlons de ce qui pourrait nous poser problème si nous décidions de vivre ensemble.

Le temps passe et un ami me propose de me joindre à lui pour aller à un séminaire sur la spiritualité. « Je ne suis pas certaine, lui dis-je, mes finances sont quelque peu serrées, je vais y réfléchir ».

La date du séminaire approche et j’ai l’intuition d’aller vérifier s’il reste des billets d’avion pour Minneapolis. « Vous êtes chanceuse, me dit l’agente, il reste des billets et ils sont en solde. Vous avez jusqu’à 5 h pour vous décider ». Je m’empresse de rejoindre mon ami qui me confirme que les arrangements tiennent toujours.

Je m’envole pour Minneapolis. L’avion fait escale à Toronto. L’homme, qui prend siège à mes côtés, se rend au même séminaire. Nous faisons un bout de chemin ensemble jusqu’au centre-ville et je m’empresse d’aller déposer mes bagages à la chambre d’hôtel avant de me diriger vers le Centre des Conventions où le programme du séminaire est sur le point de commencer. Il y a des milliers de personnes dans la salle. À ma surprise, j’y retrouve mon compagnon de voyage assis devant moi à quelques rangées près. Il me signale qu’il y a une danse prévue après le programme et qu’il a l’intention de s’y rendre. Est-ce que je pense y aller? Je lui dis que je vais y réfléchir.

Je me dirige ensuite vers un resto thaïlandais pour prendre un repas. Il est déjà tard, j’ai des ateliers prévus pour le lendemain, je vais plutôt retourner à ma chambre. Mais voilà qu’une petite voix à l’intérieur se fait entendre : « C’est assez d’être sérieuse, vas t’amuser ». « OK, je vais m’y rendre, mais si la personne que je viens de rencontrer n’est pas là je retourne immédiatement à ma chambre ».

Je le repère dans la salle de danse en conversation avec une autre personne. Il m’accueille à sa table et un homme de Toronto vient me tenir compagnie. Après un certain temps, je le quitte pour aller danser seule jusqu’à ce qu’une musique lente force mon retour.

L’homme de Toronto est toujours là, mais un autre homme l’accompagne. Il me dit : « J’aimerais te présenter un bon ami, William ». Je lui serre la main « enchantée William ». En me retournant, j’entends William me dire, « Jocelyne, pourquoi ne danses-tu pas »? Je lui indique de la main « Il n’y a pas d’hommes autour! » Il saisit ma main au vol et me dit « je vais m’occuper de ça ». En marchant, je sens sa main forte, réconfortante, solide, engagée. Je remarque aussi qu’il ne porte pas de jonc, parle anglais, a les cheveux poivre et sel… le personnage du rêve commence à prendre forme.

Nous retournons nous asseoir à une table pour échanger longuement. Il me mentionne durant cette conversation qu’il a participé à un atelier très intéressant le même après-midi sur comment maîtriser le changement et qu’il a fait un collage. Je lui réponds que j’ai l’intention d’y assister le lendemain.

À ma surprise, durant la pause, je le vois entrer dans la salle et se diriger vers l’animatrice pour lui parler. Au retour, elle s’avance au micro et explique que l’homme à ses côtés était à l’atelier la journée d’avant et il vient de lui partager que le collage qu’il a fait s’est manifesté dans les 5 heures qui ont suivi. C’est le plus rapide qu’elle ait jamais entendu et elle aimerait qu’il nous partage son expérience. En entendant cela, je me dis innocemment : « Mais qu’est-ce qui a bien pu lui arriver qu’il ne m’a pas raconté hier soir? »

Il explique alors que son objectif était de rencontrer quelqu’un qui allait ramener de l’amour dans sa vie. Sur son collage, il avait mis un couple en train de danser, une femme avec un grand sourire, un cœur rouge au-dessus de sa tête et les mots « GET CONNECTED NOW », ET « SPONTANEOUS ». Trois chiffres avaient toujours été associés à des événements importants de sa vie : 21, 10 et 11. Il savait que ce séminaire allait être particulier. Il était arrivé au séminaire le 21 octobre (10e mois). Il lui manquait un chiffre et il venait de rencontrer la personne la veille à 11 h.

Me voilà en état de choc. Je repasse rapidement l’horaire de la soirée précédente : le resto à 9 h, le tour de salle à 10 h, les conversations à table puis la danse par moi-même de 10 h à 11 h. « Oh mon Dieu! Il était bien 11 h quand nous avons connecté. C’est de moi qu’il parle! Cet homme est vraiment rapide, il vient de me déclarer son amour devant tout ce monde ». Lui et moi savions dès ce moment où tout cela allait nous mener.

À mon retour à la maison, je me suis précipitée sur mon journal. Le rêve y avait été inscrit 6 mois avant. Nous étions à une danse, voilà ce qui expliquait toutes ces tables dans le rêve. Cet élément du rêve incompréhensible d’abord est venu confirmer que l’homme que je venais de rencontrer était bien l’homme de mon rêve.

Deux mois après il venait de Toronto me demander en mariage. Et… nous sommes toujours mariés et heureux!

En faisant confiance à la guidance intérieure, à l’intuition, au rêve et aux signes reçus, nous nous sommes retrouvés pour une autre étape d’évolution. Les signes divins sont constamment là autour de nous pour nous aider si nous gardons le cœur ouvert. Les rêves sont réels! Lorsque nous dormons, le corps s’endort, mais l’Âme voyage. Par le rêve, l’Âme communique des informations, en provenance des plans intérieurs, qui peuvent vraiment faciliter notre vie si nous leur accordons de l’attention, que ce soit pour améliorer notre santé, trouver un travail, savoir comment aborder un problème ou même trouver un partenaire de vie. Alors, conservez précieusement un calepin tout près du lit et prenez note de vos rêves au réveil. Il se pourrait qu’ils soient embrouillés au départ, mais avec de la patience et de la pratique vos rêves deviendront de plus en plus précis et seront de bons éclaireurs pour vous aider à naviguer dans la vie.

À la croisée des chemins

À l’image de l’annonce de l’éditeur de la revue Cheminement, Denis Manseau, qui nous communiquait que la revue était arrivée à la croisée des chemins, il m’est arrivé à un moment dans ma vie où je suis, moi aussi, arrivé à la croisée des chemins.

Après 40 ans sur le marché du travail, je voyais arriver la journée enchante­resse du 7 juillet 2016, date à laquelle mon statut changerait à tout jamais. J’ai décidé de réfléchir sérieusement à la question de mon départ à la retraite en m’engageant dans une démarche de réflexion, d’intériorisation et de grands silences d’une durée de 18 jours. Je me suis inscrit auprès de l’organisme Le Chemin des Sanctuaires : Montréal/Sainte-Anne-de-Beaupré qui propo­sait de vivre une expérience de communication avec soi et avec les autres au moyen d’une très longue marche de 400 km. Ce chemin trouve son origine dans celui des pèlerins du Moyen Âge qui traversaient à pied la France et l’Espagne pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’expression « à la croisée des chemins » fait référence à une étape de choix, à un moment où on doit prendre une décision. Et ce n’est pas toujours facile à vivre. Ainsi, la revue Cheminement a pris la grande décision de se séparer du papier. De mon côté, la grande question était de savoir quand serait le bon moment d’entreprendre la métamorphose et de passer d’état de chenille à celui de papillon : rester au travail plus longtemps pour se mériter un plus gros revenu de pension ou non? Choix déchirant quand on se voit rampant au sol au lieu de voltiger librement dans les airs.

J’ai donc vécu physiquement « la croisée des chemins » de campagne, la croisée de rues de villes, d’avenues et de boulevards, des centaines de fois, à Montréal, à Saint-Ours, à Odanak, au Cap-de-la-Madeleine, à Champlain, à Brise-Culotte, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, à Cap-Santé, à Donnacona, à Québec, à Chute-Montmorency, à Sault à la Puce et à Saint-Anne-de-Beaupré, entre autres.

Je crois que le Québec est arrivé à la croisée des chemins lors de son adolescence et qu’il a fait sa révolution tranquille en jetant le bébé avec l’eau du bain. Exit la religion et l’oppression. Actuellement, notre jeunesse fait face à un grand vide de sens, puisque la première cause de décès de notre jeunesse, donc de notre avenir, est le suicide. Mais faisons-nous la distinction entre la religion et la spiritualité?

D’autre part, un phénomène est en croissance fulgurante : les mar­cheurs vers Compostelle. En 1972, seulement 300 personnes arrivaient à Compostelle. En 2016, c’étaient plus de 300 000! En m’inscrivant aux études doctorales à l’Université du Québec en Outaouais, j’ai voulu démontrer que les Québécois, au prorata, sont ceux qui vont en plus grand nombre vivre l’expérience de pèlerinage spirituel sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (et sur la multitude de nouveaux chemins de ce type ici même au Québec). Et je crois que cela est en partie dû à l’important héritage spirituel des personnes des Premières Nations dont nous sommes partiellement descendants. 

J’ai éventuellement marché sur tout le territoire du Québec, d’ouest en est, de Gatineau à Percé et de Kingston à Montréal, ce qui fait que j’ai eu le bonheur de longer les 1 600 kilomètres de notre majestueux fleuve Magtogoek (« le chemin qui marche » en langue Micmac), ensuite renommé Saint-Laurent. 

En 2018, j’ai marché de Paris à Compostelle afin de célébrer ma nouvelle liberté de retraité et rendre grâce à la vie en parcourant un chemin de gratitude. Je tenais à vivre ce dépassement de soi, également pour honorer le fait que je suis cons­cient de faire partie des personnes les plus privilégiées de notre planète bleue, des personnes qui, comme moi, sont en santé, physiquement, financièrement et qui jouissent de LIBERTÉ. Longue vie au Cheminement, source de mieux-être, sous toutes ses formes. Et que nos routes se croisent!

Devenons des cocréateurs de… notre journée!

Bien des gens qui se disent esclaves de leur supposé destin, subissent leur vie dans une passivité dont ils se targuent même parfois. Pour eux, attendre et ne rien faire est signe de grande spiritualité. Pourtant, leur passion est éteinte puisqu’ils n’ont rien à créer. Nous sommes nés pour créer, non pour être dominés, ni par un dieu, ni par un humain. L’attente passive est dénuée de passion. La création est donc le but de notre incarnation sur cette terre. Si, par exemple, on se demande le matin ce que la vie va nous apporter dans la journée, réalisez-vous qu’on est encore dans l’attente? On est dans l’expectative que quelque chose d’extérieur nous arrive et fasse les choses à notre place – la pensée magique. Cette façon de penser n’est pas mauvaise en soi, à condition que nous ne restions pas inactifs. En restant ainsi trop longtemps sur le mode « attente », on prend le risque de passer à côté de quelque chose d’important si on n’est pas suffisamment alerte. En effet, on a beau croire et clamer à qui veut nous entendre que l’on mérite tous les cadeaux de la vie, encore faut-il avoir l’intuition, la sagesse et la capacité de les reconnaître quand ils passent pour pouvoir les accueillir à bras grands ouverts.

Mais, il existe aussi une autre alternative très intéressante : créer sa journée. Cela se fait au petit matin, lorsqu’on n’est pas totalement réveillé, à l’instant où l’Esprit réintègre le corps après une nuit de sommeil. C’est un ingénieux réflexe à développer qui porte bien des fruits lorsque vraiment intégré. Avez-vous remarqué que lorsque vous sortez du sommeil, il y a un espace-temps très subtil entre le moment où vous êtes encore dans le monde du rêve, et celui où vous devenez conscient? Dans ce court laps de temps, on ouvre habituellement un œil et, pendant un instant, scrutant sa chambre, on se cherche des repères, on se demande où on est, comme si on venait d’atterrir sur le sol d’un pays étranger après un long voyage.

En fait, c’est vraisemblablement ce qui se passe… C’est donc à cet instant précis qu’il faut réagir promptement et créer la journée à venir, la bâtir exactement comme on veut qu’elle soit. Il faut, par contre, agir rapidement avant que le mental ne se mette de la partie et fasse des siennes pour tout bousiller. Ce qu’on a à faire alors, c’est de prévoir (pré-voir) avec le plus de précision possible tout ce qu’on désire qu’il nous arrive. Je ne parle pas ici de souhaiter, ni d’espérer, mais de mettre en place clairement dans notre tête des évènements, des gens ou des situations qui, durant la journée, sauront nous procurer plaisir et satisfaction. Pour vous aider dans votre démarche, voici quelques exemples de phrases que l’on peut utiliser. Faites-le évidemment dans vos propres mots, car il ne s’agit surtout pas de prendre une feuille et d’en faire la lecture. Il serait déjà trop tard de toute façon. Ce n’est pas non plus de la visualisation dont je vous parle, mais de l’utilisation consciente de la force des mots, de la puissance de SES propres mots, et ceci, dans son expression la plus simple.

Remettons le tableau en place : aussitôt qu’on sort de notre léthargie nocturne, alors que la vie consciente entre en nous, on laisse les yeux fermés, on sourit – ça aide à ouvrir son cœur – et on se dit par exemple : « Aujourd’hui, je vais rencontrer des personnes très intéressantes. Aujourd’hui, je vais relever de magnifiques défis qui m’apporteront une satisfaction incroyable. Aujourd’hui, je vais constamment baigner dans la félicité. Aujourd’hui, je serai rempli d’une impérative majesté, etc. ».

En voici d’autres dans lesquelles vous pouvez puiser votre inspiration : « Je vibre et je déborde de délice, de joie, de contentement, de volupté, de bien-être, de bonheur, de délectation, de plaisir, de ravissement, d’extase, d’admiration, de contemplation, d’émerveillement, de béatitude, de jouissance, d’enchantement, d’aise, d’euphorie, d’allégresse, de liesse, de jubilation, etc. » Il suffit de laisser les mots vous imprégner de façon répétée, d’y mettre toute votre conscience et, par le fait même, de les animer d’énergie pour qu’ils se matérialisent et prennent vie. Après seulement quelques tentatives, vous verrez déjà des petits miracles apparaître dans vos journées. Et, le soir, avant de vous endormir, prenez le temps de vous remercier vous-mêmes de vous être permis de créer tout ça. Ainsi, le lendemain matin, vous serez plus apte à reprendre là où vous avez laissé la veille.

Dans la routine de notre quotidien, nous devenons vite programmés et prévisibles dans nos attitudes, habitués que nous sommes à tout anticiper, à revivre les mêmes événements, à orchestrer les mêmes scénarios dans nos journées. Hélas! la répétition que nous créons finit par nous ennuyer et nous nous demandons pourquoi! Nous projetons inconsciemment dans notre vie de tous les jours notre passé rempli de sécurité – parce que nous le connaissons, et cela, qu’il ait été joyeux ou souffrant. Nous vivons alors passivement et nous nous embourbons sans nous en rendre trop compte dans une conception achevée de nous-mêmes. Nous sommes ainsi conditionnés mentalement à être ce que nous sommes depuis toujours, jour après jour, selon nos expériences acquises et ce qu’on accepte comme étant la réalité, car c’est tout ce que l’on connaît.

S’éveiller à la passion de vivre et mordre dans la vie consiste à se rendre compte que nous ne sommes PAS un produit de notre réalité ancienne, mais une présence qui produit SA propre réalité. Quoiqu’en disent certains intellectuels, notre mental ne demeure au fond qu’un instrument primaire de survie. Comme une machine, il est sollicité à chaque instant à négocier avec la réalité extérieure pour répondre le plus efficacement possible à nos différents besoins du moment. Inlassablement, il déroule un programme « sûr », sans variation, pour ne rien perturber. Le mental a horreur de l’imprévu…

Mais personne n’est obligée de se présenter pareil à elle-même jour après jour, sinon c’est l’engourdissement, le sommeil ou pire, la mort – intérieure ou même physique – qui la guettent. Le passionné est un explorateur de voies nouvelles qui, pour cela, se garde en constant mouvement. Il sait que sa nature véritable consiste à avancer, à pas de géant ou à tâtons, peu importe, au cœur d’un univers inconnu aussi fascinant qu’imprévisible. Ne pas créer sa réalité, c’est répéter inlassablement la même réalité donnée, car ce n’est que notre attitude qui précède la teneur de toute décision. La fantaisie, l’impulsivité d’action, la folie douce, l’émerveillement sont les différents moyens mis à notre disposition pour nous surprendre nous-mêmes, pour attirer vers nous les gens et les évènements susceptibles de nous épanouir davantage, et cela, sur une base prolongée. Ce n’est que notre attitude qui engendrera toute occurrence dans notre réalité, qui s’optimisera dans notre subconscient pour rendre la réalité plus adéquate à ce que l’on est et à ce à quoi on aspire – dans le positif comme dans le négatif, il va sans dire. En d’autres termes, nous rendons ainsi conscient… notre subconscient!

Une dernière chose avant de clore le sujet. Les qualificatifs utilisés dans nos affirmations matinales sont très importants, car ils servent à fournir l’énergie affective nécessaire à la réalisation de nos vœux. Plus on ressentira profondément l’effet de nos demandes, plus celles-ci auront de chance de se manifester. La Source est toujours prête à donner. Nous seuls faisons la mesure!

Trouver le sens de sa vie

Aimeriez-vous connaître le sens de votre vie? Je l’ai découvert en lisant plus de 500 livres traitant de développement personnel.

Quand votre vie a un sens, vous avez motivation d’avancer chaque jour. Vous persévérez dans la joie comme lorsque vous courez un marathon. L’excellence vous anime. Vous êtes heureux.

Depuis que j’ai trouvé le sens de ma vie, ma confiance en moi est bien meilleure. Je saisis les occasions, profite des bons moments et redonne aux gens autour de moi.

Le bonheur
Je crois que le secret du bonheur est le développement personnel. L’être humain est fait pour grandir, pour devenir une meilleure personne. Les enfants n’en sont-ils pas la preuve?

En effet, les enfants apprennent, et, comme eux, j’ai décidé de ne jamais cesser d’apprendre. Vous pouvez apprendre le bonheur, la joie, la productivité, le leadership, la cuisine, tout finalement parce que toute compétence s’apprend et s’améliore.

Être heureux demande de garder son cœur d’enfant et de rêver grand pour le bien de sa communauté. Pourquoi vivre une vie ordinaire quand nous sommes des êtres extraordinaires?

Trouver la clé pour ouvrir son monde intérieur
La meilleure façon de trouver le sens de sa vie est d’avoir un idéal, une belle et grande idée qui soit parfaite. L’idéal est comme un aimant qui tire vers le haut. Et puisque l’idéal est impossible à atteindre, vous progressez à l’infini. Un exemple d’idéal peut être la protection de la biodiversité par le biais de l’innovation. Les mots protection, biodiversité et innovation sont sans limite, alors ils vous permettent de cheminer inépuisablement.

Il est préférable de n’avoir qu’un seul idéal pour un maximum d’efficacité. Lorsque j’étais jeune, je voulais devenir vulgarisateur scientifique. Mon idole de jeunesse était Charles Tisseyre de l’émission Découverte à la télévision de Radio-Canada. J’ai donc fait mon baccalauréat bidis­ci­plinaire en communication et en sciences politiques à l’Université d’Ottawa. Puis, j’ai fait un master en changements climatiques à l’Université d’Aix-Marseille. À mon retour à Gatineau, je me suis retrou­vé devant un dilemme : j’avais à cœur l’environnement, le leadership, la bourse, la spiritualité et parler en public. J’avais trop d’idéaux. J’ai donc dû faire un choix : celui de devenir conférencier idéaliste. Je me suis rendu compte que je ne pouvais exceller dans deux domaines à la fois, les changements climatiques et les conférences. Depuis que je n’ai qu’un seul idéal, celui de faire du développement personnel vers le progrès et la prospérité, j’ai le vent dans les voiles.

Le moment parfait
Il n’y a jamais eu un meilleur moment que maintenant dans l’histoire pour apprendre, trouver un sens à sa vie et aller au bout de ses rêves. Toute personne qui fréquente une bibliothèque municipale a accès à une mine d’information et peut parfaire son éducation. Il suffit d’avoir le désir d’explorer les possibilités inconnues de l’existence.

Le besoin pour une vraie spiritualité augmente d’année en année!

Il existe actuellement à travers le monde un besoin qui va en augmentant pour une vraie spiritualité.

Les différentes catastrophes écologiques (tremblements de terre, inondations, éboulements, tsunamis…) qui ont dévasté plusieurs villages et villes en Haïti, au Chili et ailleurs dans le monde devraient nous amener à réfléchir sur notre petitesse d’être humain face à la gigantesque puissance cosmique de l’univers. Cette Force de l’univers qui se manifeste aujourd’hui se produira encore plusieurs fois dans l’avenir et toujours selon des cycles précis et bien définis dans le temps. Il s’agit de la précession des équinoxes connue depuis la nuit des temps par les anciens, prophètes, devins et astrologues. Depuis toujours, la Terre a connu de grands bouleversements et il en sera ainsi jusqu’à sa fin.

Tout comme ses habitants, notre planète Terre se transforme et l’homme ne peut rien y faire. Le plus important dans tout ça, c’est de rester fidèle à son âme, d’être à l’écoute de celle-ci et d’obtempérer à ses besoins. Nous devons continuer à croire en l’Intelligence Cosmique, Divine et Universelle, qui a le Pouvoir de tout transformer autour de nous, de contrôler Ciel et Terre ainsi que tous leurs habitants.

C’est durant ces périodes de grandes souffrances et de malheurs que l’être humain doit démontrer sa foi envers son Créateur, l’Esprit Universel ou Dieu. Il doit de même réaliser que la vie lui a été donnée pour acquérir de nouvelles connaissances, non seulement sur le plan matériel et mental, mais aussi et surtout sur le plan spirituel.

Les relations : aller au-delà de notre zone de confort

« La nécessité d’interagir est profondément enracinée dans notre code génétique. Tellement que l’absence de connexion sociale déclenche des cloches d’alarme primaires semblables à la faim, la soif et la douleur physique. »
– John Cacioppo, professeur, fondateur et directeur du Centre de neurosciences cognitives et sociales de l’Université de Chicago

En tant qu’êtres humains, nous n’étions pas conçus pour être solitaires. Nous avons naturellement évolué pour survivre en communauté ou au sein de tribus. Une vie sociale est essentielle à notre survie et elle mène même à la longévité selon des recherches réalisées par National Geographic (The Blue Zones). Pourtant, même dans un contexte d’abondance sociale, on peut souvent ressentir un sentiment de solitude profonde dans notre vie.

Notre esprit est puissant et peut nous fournir de bonnes raisons de nous isoler et, ainsi, garder closes les portes de notre intimité; c’est ainsi qu’on repousse un potentiel de joie et de tendresse. Cette solitude nous donne l’impression d’être plus sécurisés. Et pourtant, parfois sans même qu’on se l’admette, cette solitude peut être fondée sur une profonde tristesse.

Même dans le domaine de la spiritualité, nous pourrions trouver de bonnes raisons de rester isolés. Pourtant, ces portes fermées protègent souvent des blessures non cicatrisées, et nous pouvons vivre toute une vie en les consolidant.

Il existe cependant un processus naturel pour se libérer de ressentiments, de blessures et de la négativité. Nous avons la capacité d’être présents, de vivre l’amour et la bonté, sans jugement. Nous pouvons honorer nos sentiments et apprendre à accéder à une partie plus profonde et plus libre en nous.

Le jugement est souvent à la base de ces portes closes. Nous nous jugeons nous-mêmes, ou nous jugeons les autres; ce faisant, nous nous fermons, nous nous tenons tout simplement à l’écart. Je me suis rendu compte de ce principe dans ma vie. Jeune femme, je trouvais des façons de rester à l’écart du monde, et cette timidité créait en moi un certain sentiment d’impuissance et de tristesse.

J’ai appris qu’il est plus facile que je ne le pensais d’ajouter à ma vie une perspective positive et chaleureuse. Je me suis rendu compte qu’abandonner la lourdeur des jugements me permettait d’être plus présente, plus réceptive, plus reconnaissante. Alors, j’ai vu les portes de l’amitié et de l’amour s’ouvrir.

En pensant à cette possibilité en méditation, j’ai pu réaliser que la séparation est d’origine superficielle. Comme il est triste de vivre une vie individualiste! Et cela m’a donné envie d’ouvrir encore plus grand mes portes. Être présente, avec gentillesse et compassion. Car l’amour est sûrement l’émotion la plus importante sur terre. L’amour nourrit l’âme, la nôtre et celle des autres. L’amour guérit le corps et l’esprit, car c’est notre essence.

L’expérience spirituelle

À la fin de mon premier article, paru en juin dans l’édition d’été de Cheminement, j’annonçais que, dans le numéro suivant, je traiterais de l’expérience spirituelle. Eh bien, voici. Pour moi, l’expérience spirituelle est le processus consistant à entrer en relation avec cette réalité beaucoup plus vaste que l’expérience que je peux en faire, soit la SPIRITUALITÉ. Un chemin intérieur me permet de découvrir l’expérience de mon être et de vivre une expérience spirituelle.

Lorsque je suis connecté à mon intérieur, mon esprit me fait vivre quelque chose qui me dépasse, quelque chose de plus grand que moi. Cela me permet d’apprécier aussi les biens matériels qui me permettent de vivre de façon la plus équilibrée possible. Je contemple les beautés de la Nature et le mystère de son harmonie. Cela a quelque chose de transcendant, d’humain et de divin à la fois. Mon Soi intérieur profond est comblé.

Le souvenir de la naissance de mes trois enfants me rend admiratif et reconnaissant. Ma vie a un sens, celui de donner et de rendre service. Une peinture me transporte. Un coucher ou un lever de soleil, ou encore une pleine lune me fascinent. Mon corps, mon âme, mon esprit, mes aspects social et religieux ne font qu’un et sont des dimensions complémentaires dans tout mon être. Par mes sens, je peux jouir des belles choses de la vie. Mon âme garde mon corps animé. Mon esprit est source de contemplation. Ma relation aux autres et à Dieu me fortifie et me fait me sentir unique, apprécié et aimé.

Les dimensions « bio-psycho-sociale-spirituelle-religieuse » sont à la fois interdépendantes et interreliées. Mon Soi profond contribue à intégrer tous ces aspects en moi. Mon inspiration provient aussi bien de mes sens que de mon esprit, de mon âme et de mes contacts avec les autres et avec le Tout-Autre. Une puissance supérieure et transcendante m’ha­bite. Je prends conscience de mes forces à tous les niveaux et de mes limites aussi. Je suis un et unique. Je mets l’accent sur le spirituel. J’apprivoise le caractère inconscient de ma dimension spirituelle et je cherche à la rendre de plus en plus consciente.

Je chemine pour que mon spirituel inconscient devienne de plus en plus conscient, en faisant appel à la méditation, à l’admiration de la Nature, à l’écoute attentive du plus profond de moi-même, au lâcher-prise, à mes réflexions personnelles, à mes lectu­res et à tout ce qui peut m’élever, tout en demeurant bien enraciné dans la réalité. Mon être global comporte donc plusieurs dimensions, lesquelles s’alimentent les unes les autres afin que je devienne meilleur chaque jour et que je sois heureux dans le moment présent, dans chacun des instants qui me sont donnés si généreusement.

Yvon R. Théroux a fourni la définition suivante de l’expérience spirituelle : « S’ouvrir à cette vie profonde et intime, entrer dans son intériorité et conformer son agir en conséquence, ce qui va conduire à donner un sens unifiant et fondamental à l’existence ». En terminant, je me permets de décrire brièvement quelques-uns des critères d’une expérience spirituelle :
• spontanéité : la surprise nous oblige à être naturelle et vraie;
• unicité : l’expérience ne peut réagir de façon répétée de manière identique;
• apprentissage : suscite une nouvelle croissance;
• intériorité : permet une transformation profonde quand on est branché à son Soi;
• liberté intérieure : procure une énergie nouvelle;
• relation aux autres : poser des gestes gratuits et solidaires;
• relation avec le Transcendant : explorer une dimension plus grande que soi;
• réalité : assumer le réel dans « l’ici et le maintenant »;
• quête de sens : chercher un sens à l’existence.

1Théroux, Yvon R., « Le cheminement spirituel : un processus de maturation? », conférence donnée à Châteauguay en avril 2005 (Google).

Projets d’éducation

En harmonie avec les valeurs humaines et la spiritualité. Des projets pour la paix.

Une des belles façons d’être en paix dans notre vie, est d’être centré dans notre cœur et que les valeurs humaines et les projets auxquels nous participons soient en harmonie avec notre essence spirituelle.

Cela permet que l’épanouissement de nos qualités d’être et de notre potentiel soient cohérents avec notre essence spirituelle. Cela nous permet aussi de participer à des accomplissements qui sont en harmonie avec ce pour quoi nous sommes incarnés sur la Terre, et d’explorer qui nous sommes et nous reconnaître dans ce processus. Cela permet de vivre l’expérience concrète de la spiritualité.

Alors que nous arrivons à la rentrée scolaire…
… il pourrait être intéressant pour les enseignants, parents et autres personnes qui accompagnent les enfants, de proposer des apprentissages avec des projets basés sur les valeurs humaines.

Projets et valeurs humaines
C’est quoi en concret un projet basé sur les valeurs humaines? C’est un projet qu’on réalise en harmonie avec les valeurs humaines et notre essence spirituelle. Cela permet de vivre le processus de réalisation des projets avec conscience, et de vivre l’expérience concrète de ces valeurs humaines et d’être en paix avec soi.

Étape 1. Valeur
Quelles sont vos valeurs fondamentales?
Quels sont les apprentissages et expériences des valeurs humaines et de reconnaissance de leur essence spirituelle que vous voulez proposer aux enfants? …que vous voulez faire?
Si vous amenez votre attention dans votre cœur, qu’est-ce qui vous est inspiré?

Étape 2. Sujet-Domaine-Matière-Intérêt
En conservant votre attention dans votre cœur…
Quels sont les apprentissages que vous voulez proposer aux enfants? …que vous voulez faire?
Qu’est-ce qui les intéresse? …qui vous intéresse?
Quels sont les sujets et domaines dans lesquels les enfants et vous-même aimeriez apprendre, découvrir, expérimenter, réaliser, créer, exprimer, jouer… quelque chose qui est en harmonie avec votre intuition du cœur, avec la lumière dans votre cœur?

Étape 3. Contexte-Application
Dans quels domaines et pour quelles applications les enfants aimeraient-ils épanouir leurs qualités d’être et développer leur potentiel? …et vous, dans quels domaines et pour quelles applications aimeriez-vous épanouir vos qualités d’être, développer et utiliser votre potentiel?

Étape 4. Projet
Aligner les réponses aux étapes 1, 2 et 3 pour créer un projet en harmonie avec les valeurs humaines et qui vous permet d’être en paix avec vous-même et avec les façons dont vous épanouissez vos qualités d’être, et dont vous développez et utilisez votre potentiel.

Un exemple.
1. Valeur humaine : paix
2. Sujet-domaine-matière-intérêt : apprentissage sur l’alimentation bio
3. Contexte concret du projet : dégustation
Aligner les étapes 1, 2 et 3
4. Projet : faire l’expérience de la paix dans…
– la préparation et l’organisation d’une dégustation pour apprécier plusieurs aliments biologiques ou plusieurs variétés d’un même fruit ou légume biologique
– la préparation personnelle avant de commencer la dégustation
– être présent à l’expérience de manger, déguster, savourer, etc. (éveil des sens, conscience, état d’être, santé)
– le partage d’information pour contribuer aux apprentissages par rapport aux aliments biologiques (plusieurs thèmes peuvent être abordés avec des recherches, partages d’expériences, compositions, présentations orales, projets de germinations, collations-dégustations régulières, etc.)

C’est une approche simple. Lorsque les projets et valeurs sont en harmonie avec notre essence spirituelle, cela nous permet de matérialiser la spiritualité et d’avancer avec plus de cohérence dans nos chemins de réalisation personnelle et de paix intérieure. Cela contribue aussi à la motivation et à des états positifs, harmonieux et conscients pour apprendre, découvrir et créer.
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Un projet plein de lumière et de conscience
Je prépare des projets en harmonie avec les valeurs humaines et notre essence spirituelle depuis un bon moment déjà. C’est un projet plein de lumière et de conscience pour aider et faciliter de rester centré, enraciné et aligné dans cette période de changements qui élève les vibrations de la Terre vers la 5e dimension, et dans laquelle plusieurs êtres ascensionnent et se réalisent… Projets basés sur les valeurs humaines préparés pour plusieurs sujets, matières, domaines d’intérêts différents, projets de communication positive et bienveillante et autres thématiques, ateliers ou formations complètes.

La spiritualité : un état d’être

J’ai eu le privilège et la responsabilité d’enseigner le cours Psychologie de l’expérience spirituelle durant le semestre de l’hiver 2016 à l’Université Saint-Paul, à Ottawa. Je suis content de vous faire part de quelques réflexions et recherches au sujet de la spiritualité. À cause de la sécularisation de la société, le religieux a accordé une importance plus grande à la spiritualité. Elle est reconnue comme une dimension essentielle de la personne. La spiritualité forme un tout avec les autres dimensions humaines, soit biologiques, psychologiques, sociales et religieuses. Il est essentiel de considérer l’expérience humaine dans sa globalité. Le spirituel n’est pas un plus, un à-côté ou un ailleurs. C’est essentiellement intégré dans tout notre être.

La spiritualité, une façon d’explorer nos dimensions à la fois plus profondes et plus élevées, constitue une voie d’éveil et de croissance. Elle favorise un voyage ou une exploration vers son Soi plus profond. Elle n’a rien d’une vérité toute faite et invite chaque personne à découvrir qui elle est en profondeur et à se former sa propre vérité. La spiritualité est une quête de sens, d’espoir et de libération. Comme l’exprimait Jean-Luc Hétu, le spirituel, c’est l’intérieur qui se distingue de l’extérieur, c’est l’essentiel qui se distingue de l’accessoire, des appa­rences 1. Les réalités du monde matériel peuvent manifester l’ouverture au plus grand que soi, par exemple la Nature.

L’intériorité fait rentrer en soi-même afin de se connaître et de se comprendre. La démarche spirituelle nous conduit ainsi vers un lieu intime et secret dans notre espace intérieur sacré. La vie spirituelle devient une manière d’être, une recherche et une ouverture d’une voie de réalisation du bonheur, lequel est un état fugitif et passager, mais combien épanouissant. Toute spiritualité est au service de soi, des autres, de la Nature, du Transcendant. Être à la fois pour soi et pour autrui aussi. La spiritualité nous permet de nous reconnecter à notre essence profonde, laquelle nous aide à unifier tout notre être. Comprendre et accepter que nous sommes les acteurs de notre vie constitue un pas important de notre évolution spirituelle.

Se décentrer de soi, après être rentré en soi, amène à se définir en tant qu’être-en-relation avec soi tout d’abord, puis avec les autres et avec le Transcendant tel que chacun(e) l’entend. Ceci implique certainement dialogue, réciprocité, échange, accueil. La transcendance du Soi suppose la capacité de se dépasser soi-même, d’établir une relation authentique avec les autres, de se consacrer à des causes humanitaires et de réaliser un projet imprégné d’un sens profond. Christian Bellehumeur précise de la façon suivante la quête personnelle : chercher à comprendre, faire appel à l’expérience subjective et obtenir des réponses à des questions fondamentales relati­ves à la vie, au sens et à propos des relations avec le Sacré ou le Trans­cendant 2. Les besoins spirituels de base : sens de la vie, amour, confiance, espoir, pardon, paix intérieure.

Dans un prochain article, je décrirai en quoi consiste une expérience spirituelle, laquelle est le processus d’entrer en relation avec cette réalité beaucoup plus vaste que l’expérience que nous en faisons, soit la spiritualité. Je conclurais l’article d’aujourd’hui en mentionnant que la spiritualité est cette qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de la matérialité tout en restant connecté à la réalité matérielle. Il s’agit donc d’une voie intérieure permettant à une personne de découvrir l’expérience de son être et de vivre une expérience spirituelle.

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1 Hétu, Jean-Luc. (2001). L’humain en devenir, une approche profane de la spiritualité. Montréal, Fides.
2 Bellehumeur, Christian. Cours Spiritualité et développement humain. Université Saint-Paul, Ottawa.