Le plus grand moteur de la spiritualité : la gratitude

Nous avons l’habitude de remercier les gens qui nous rendent service. C’est la moindre des choses. Mais il serait peut-être plus important de dire merci à ceux que nous aidons. Paradoxal, n’est-ce pas? Laissez-moi vous expliquer. Au cours d’une tournée de conférences en France, j’ai rencontré, à Aix-en-Provence, un ami du nom de Georges que je n’avais pas vu depuis des années. J’avais appris par une tierce personne qu’il venait de sortir d’une grave maladie. Aussi lui ai-je offert, sans trop savoir pourquoi, de lui faire un traitement énergétique. Aussitôt que je posai mes pouces sur son dos, Georges sentit une forte énergie sortir de mes pouces et investir chaque cellule de son corps. Comme il était déjà très réceptif à cette énergie que je laissais couler naturellement de mon âme à la sienne, il en retira naturellement tous les bienfaits en quelques minutes. Lorsque j’eus terminé, je m’attendais à recevoir un gros merci de sa part. Mais ce ne fut pas le cas. Il me regarda avec ses yeux d’ange et me dit : « Ce fut merveilleux André, et je me demande qui doit dire merci à l’autre. » Je suis resté bouche bée, me demandant quelle mouche l’avait piqué et je fis semblant d’en rire. Puis le temps a passé, et j’ai oublié l’incident. À mon retour au Québec, alors que pour une énième fois je remettais en question ma participation à ces tournées éreintantes de conférences et de stages, je reçus de mon ami Georges un courriel qui allait m’aider à y voir plus clair. Comme par hasard, j’avais passé une partie de la nuit à m’interroger : « Est-ce que je devrais arrêter de donner des conférences? Pourquoi m’entêter à vouloir expliquer des vérités toutes simples à des gens qui les reçoivent uniquement avec leur mental et qui ne semblent pas comprendre mon langage? Pourquoi ne pas me contenter de ne rien faire, d’être tout simplement, au lieu de parcourir le monde en parlant de sagesse? N’est-ce pas dans l’inaction que je pourrais évoluer le mieux? Et pourquoi ai-je tendance à m’enliser dans l’inaction aussitôt que je m’arrête pour souffler un peu? » C’était le genre d’interrogations qui me hantaient à ce moment-là…

Voici donc le message intégral que m’envoya mon Esprit par l’intermédiaire de mon bon ami Georges ce matin-là où j’étais prêt à tout lâcher : « Depuis l’époque des chevaliers du Moyen Âge jusqu’à celle des Templiers, une vieille légende retrace l’histoire du saint Graal. Ce calice aurait contenu le sang du Christ lors de la Dernière Cène. Les Frères de la lumière auraient conservé ce réceptacle afin d’abreuver les hommes qui recherchaient justement cette lumière (la fameuse quête du Graal). Le saint Graal n’a de raison d’exister que s’il remplit sa fonction : se remplir à ras bord et se vider ensuite, pour se remplir de nouveau et se vider à nouveau, et cela, ad vitam aeternam. Il en est de même pour l’homme : ce vase doit se remplir d’énergie pour qu’il puisse vivre, s’en abreuver à satiété et donner aux autres ce qu’il a reçu. Après avoir fait le vide en lui, l’homme a besoin de se remplir de nouveau et de redonner cette énergie. Et ainsi de suite…

Tout ce qui existe dans l’univers est sans cesse dans l’action, comme le ressac des vagues sur la grève. C’est un processus qui se renouvelle à chaque instant. Dès que l’homme a pris la décision de donner, il ne cesse de se renouveler. Jusqu’à ce qu’il devienne un instrument du Grand Architecte de l’univers, un nouveau Frère de la lumière. La maladie ou tout autre aspect négatif n’existe plus en lui, car il renaît à chaque instant de sa vie. Le mouvement ainsi créé chez l’humain élimine les impuretés et régénère automatiquement son corps. Les gens qui demeurent statiques, les indolents ne se fragilisent que dans l’inaction : ils meurent à petit feu. » Ce message arrivait à temps. Il me fit comprendre, entre autres choses, que le fait de cesser mes activités me mènerait à l’inaction, donc à ma perte. Mon rôle était d’abreuver ceux qui avaient soif et de me laisser ensuite remplir par le Grand Architecte, comme mon ami Georges se plaisait à appeler le Créateur.

Mais la leçon n’était pas terminée et je reçus le lendemain un second message qui venait compléter le premier : « Cher André, je n’ai été ou, plus humblement, il m’a été donné de n’être que l’étincelle qui a permis que te soit révélé ce qui était en toi mais dont tu n’avais pas conscience. Dans l’univers, les soleils s’éclairent entre eux, et dans l’infiniment petit, nous agissons exactement comme eux. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. On pourrait longuement parler du saint Graal, mais tenons-nous en à l’essentiel : la quête que chacun entreprend un jour et à laquelle personne ne peut échapper, et qui consiste à s’élever vers la lumière comme l’arbre qui s’élance vers le ciel en se tournant vers le soleil. Le Dieu de notre cœur n’est-il pas justement un soleil? Je crois que le chevalier qui sommeille en nous se limiterait à ce seul et unique combat durant toute son existence. C’est probablement lui qui nous fait prendre conscience que tout, dans l’univers, obéit à cette loi : s’élancer et s’élever pour s’approcher le plus possible du soleil ou de la lumière. Il suffit d’observer les galaxies, les astéroïdes et les comètes pour comprendre quel sera notre chemin. Ne suivons-nous pas tous la même trajectoire à travers les étoiles? Seul le choix des mots fait la différence. »

Même pour le mot merci, il y a une prise de conscience à faire, car on y retrouve la notion de vide et de plein. Celui qui a reçu de l’énergie ­ j’utilise ce terme de façon générale, mais ce peut être un cadeau, un mot tendre, un sourire, un regard compatissant ­ dit merci parce qu’il avait un vide. Son manque a fait qu’il a pu recevoir. Il s’est rempli et, à cause de ce surplus d’énergie, il a eu envie de donner à son tour. Il a donné, puis s’est de nouveau vidé, créant un manque de ce qui allait de nouveau le remplir, comme la sève de l’arbre à la fin de l’automne et au début du printemps. Dès qu’il y a un peu de lumière et de chaleur, la sève remonte dans les veines de l’arbre et prépare la venue des fleurs et des fruits, qui donneront à leur tour des graines. C’est ainsi que la vie s’exprime et que l’univers nous parle : de l’inspire à l’expire, du flux au reflux. Tous des opposés, qui ne peuvent exister l’un sans l’autre, comme le bien et le mal d’ailleurs.

Il n’y a aucune vanité dans la question : « Qui doit dire merci? ». Car nous devrions tous nous remercier mutuellement. Il y a tant de choses à donner, tant de choses à recevoir. Selon moi, il faut dire merci à celui qui nous a permis de donner, car c’est grâce à lui qu’on existe en cet instant même, qu’on sert à quelque chose, qu’on accueille son acceptation et sa confiance. On s’est peut-être vidé de notre énergie pendant une fraction de seconde, mais c’est grâce à cela qu’on va se remplir à nouveau. Cette nouvelle énergie est comme l’eau fraîche que l’on va chercher au petit ruisseau qui descend de la montagne, et que l’on boit au petit matin. Après avoir lu ce message, croyez-vous encore que j’aie eu le goût de m’arrêter? Je me suis aussitôt remis à l’action.

Quête spirituelle ou psychothérapie?

Commençons d’abord par définir ce qu’est une quête spirituelle.  Bien que chacun ait sa propre définition, pour la plupart elle équivaut à chercher quelque chose d’abstrait.  Je m’explique.  Si on questionne des personnes qui font une telle démarche, on obtient habituellement comme réponse : je cherche Dieu, l’illumination, l’éveil, le Nirvana, la conscience cosmique, la réalisation du soi, etc.  Or, ces réponses ne sont que des mots, des concepts, et n’évoquent rien de vraiment concret.

Maintenant, si on demande aux personnes ce qu’elles attendent d’une psychothérapie, la plupart affirmeront qu’elles veulent se sentir bien dans leur peau, mieux se connaître, vivre des relations plus saines, moins souffrir, etc.  En d’autres mots, elles aspirent à faire l’expérience de plus de bonheur et de paix dans leur vie.

La psychothérapie semble donc être une démarche plus concrète qu’une quête spirituelle.  Après tout, se sentir mieux dans sa peau – tête, corps et cœur -, plus heureux et plus en paix, n’est-ce pas ce que tout le monde recherche vraiment?

Permettez-moi de partager avec vous en quelques mots mon cheminement.  Pendant longtemps, j’ai mené une quête spirituelle, mais en ne sachant pas réellement ce que je cherchais.  Je lisais beaucoup sur le sujet, je rencontrais des sages, je pratiquais la méditation et le yoga, ce qui en soi n’a pas été néfaste.  En fait, ces rencontres et ces lectures m’ont quand même bien servi.  Il m’arrive encore de m’asseoir en méditation, mais ce n’est plus pour les mêmes raisons.  Lorsque par curiosité, j’ai entrepris une psychothérapie, j’ai mis au jour des vérités cachées qui m’habitaient.  J’ai touché des blessures au tréfonds de mon être dont jamais je n’aurais soupçonné l’existence.  Plus j’avançais dans ma démarche psychothérapeutique, plus je découvrais à quel point j’avais appris à survivre.  J’étais devenu un survivant.

Depuis, je n’ai à vrai dire jamais cessé ma quête spirituelle, mais je dois avouer qu’elle est devenue plus concrète, plus globale.  J’apprends de plus en plus à vivre et non à survivre.

J’ai voulu vous parler brièvement de mon histoire, car j’ai connu et je connais encore trop de gens qui croient suivre une quête spirituelle, alors que ce qu’ils font – dans la plupart des cas, mais pas tous – n’est rien d’autre que de fuir.  Ils ne recherchent rien de concret.  En suivant l’enseignement de leurs gourous ou maîtres, ils ont l’impression de pratiquer une quête spirituelle, alors qu’en réalité ils ne savent pas exactement ce qu’ils recherchent.  Souvent, certains espèrent – inconsciemment – retrouver l’amour et la reconnaissance qui leur ont tant manqué dans leur enfance.  Pour d’autres, c’est de combler un vide dont ils ne sont également pas conscients.  Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre les gourous ou maîtres authentiques.  Plusieurs d’entre eux sont des êtres hors du commun et d’une aide indéniable.  Toutefois, suivre les enseignements d’un maître ne fera pas nécessairement diminuer une névrose, à moins que ce dernier suggère ou préconise un travail d’ordre psychothérapeutique.

À vous donc de choisir.  La quête spirituelle et la psychothérapie sont d’un ordre différent, mais pas nécessairement incompatible.  Au contraire.  La psychothérapie peut venir en aide à une quête spirituelle authentique, laquelle deviendra plus pratique, concrète et complète.

L’éco-village TerraVie

Cheminer dans la vie de… Nicole Fafard

Entrevue réalisée pour la revue Cheminement par Manon Duguay

Nous savons que tu es naturothérapeute, herboriste et peintre.  Nous savons aussi que tu travailles avec les semences ancestrales.  Et surtout, que TerraVie, ton grand projet d’éco-village, avance à grands pas.  Tu es une femme d’action qui travaille concrètement pour l’environnement.  Tu es aussi la gagnante canadienne 2008 du prix Terre de femmes offert par la Fondation Yves Rocher.

NF : Oui, j’ai cheminé d’une façon très concrète pour vivre dans des projets d’éco-villages et des projets communautaires.  Je me suis consacrée à mettre des semences dans la terre, et à voir passer les cycles de la nature.  C’est beaucoup plus réel de voir ce mouvement vers la nourriture, la santé.

MD : Où a commencé ton cheminement?  Où as-tu commencé à prendre conscience de l’environnement?

NF : J’ai étudié en littérature et en théâtre.  Mais mon cheminement n’était pas l’école, je ne m’y sentais pas bien.  Ce n’était pas ma façon naturelle d’apprendre.  J’avais le goût de voyager, alors je suis partie.  J’ai passé quelques mois dans l’Ouest canadien à apprendre l’anglais.

Puis, je me suis blessée en ski.  Une longue convalescence.  Je prenais des médicaments pour la douleur.  J’avais le nerf sciatique tellement endommagé que les médecins voulaient m’opérer.  Ils me disaient que je ne pouvais plus faire de sport, et les sports ont été un tremplin important dans ma vie.  Donc, dire que mon corps a besoin d’aide m’a demandé toute une introspection.  J’avais une décision à prendre et cet accident m’a menée vers les médecines alternatives.  Ça m’a ouvert la porte à la spiritualité.  Je considère la découverte des médecines alternatives comme un cadeau du ciel.  Tout ce questionnement m’a conduite en Californie où j’ai appris de plus en plus sur les médecines alternatives.

La vie nous guide.  J’ai fait des rencontres qui m’ont amenée à partir pour l’Australie.  Là-bas, j’ai travaillé comme gérante d’artiste pour le gouvernement australien.  J’adorais travailler avec les groupes d’un peu partout dans le monde.  Et l’aspect autochtone me parlait.  J’étais fascinée par leurs valeurs pures.  Après l’Australie, j’ai encore beaucoup voyagé, puis j’ai voulu connecter avec les peuples autochtones.

Et quand nos désirs sont clairs, la magie agit.  De retour à Vancouver, j’ai rencontré des gens qui s’en allaient visiter les indiens Hopis.  Je suis partie avec eux.  Ça été le début d’un cheminement avec les autochtones.  J’ai passé du temps avec les amérindiens au Nouveau-Mexique, et en Arizona.

Après une escale d’un an au Québec, je suis allée à Mont Shasta, un endroit reconnu pour sa spiritualité, très nature.  J’ai senti que je me reconnectais avec la nature.  Je me suis dit que si un jour je revenais au Québec, ce serait à partir de la nature.

Après le Mont Shasta, j’ai vécu 7 ans à Hawaï.  J’ai vécu dans des structures naturelles, dans la nature, avec une communauté un peu Mauï.  Au début, on était peut-être une quinzaine de personnes.  Il y avait plusieurs petites communautés avoisinantes avec beaucoup d’échanges et de collaboration.

Je sentais que je faisais quelque chose de positif.  Ça été une période magnifique.  J’ai pris le temps de m’asseoir, de regarder les grenouilles, de regarder comment fonctionnent les insectes, de reconnecter avec la nature.  J’ai pris le temps d’observer.  Là-bas, nous vivions à l’énergie solaire avec des structures qu’on construisait nous-mêmes.  Nous faisions des jardins, avec beaucoup de plantations.

J’y ai rencontré deux grands-mères très près des plantes avec lesquelles j’ai appris l’herboristerie.  Elles me disaient que ce sont les plantes qui nous enseignent et qui communiquent avec nous.  Ce n’est pas dans les livres qu’on apprend.  C’est comme ça que j’ai appris le plus au niveau de la naturopathie.

J’ai découvert les esprits de la nature, qu’ils appellent les petites algues de la nature.  J’ai pris le temps d’être là, d’ouvrir mes sens à une communication plus intime avec la nature.  Je me suis impliquée socialement.  J’y ai acquis mon expérience d’éco-village ou d’éco-communauté.  En l’an 2000, j’ai ressenti le besoin de voir ma famille, de revenir ici.  C’était difficile.  Je ne voulais pas partir des tropiques.  Mais toute ma vie j’ai fait confiance à mon intuition, alors je suis revenue.

Je suis allée chercher mes licences en naturopathie et en herboristerie.  Je me suis remise à travailler.  J’ai loué une maison pour essayer de m’habituer à cette vie.  Je n’étais pas capable.  J’étais trop imprégnée par la vie communautaire.  La vie dans la nature me manquait.  Alors graduellement, j’ai regardé ce qui se passait au Québec.  Je cherchais des projets d’éco-village, de communautés écologiques.  Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.

Plusieurs personnes me disaient rêver d’une telle communauté.  J’ai fait des recherches et TerraVie a commencé à mijoter.  Dans ce temps-là, j’habitais à Val-David.  J’avais loué une grosse maison qui est devenue un genre de maison collective.  Tout de suite, il y a eu beaucoup de musique.  Je parlais de communautés.  Je demandais est-ce qu’on fait un éco-village?  C’était oui.  On a commencé à être plus concrets.  En décidant de revenir au Québec, je savais que je revenais pour accomplir quelque chose.  Je me suis dit que j’allais construire un éco-village.  Je l’ai pris au sérieux.

MD : Bâtir une communauté, c’est beaucoup de travail.

NF : À Hawaï, j’habitais sur des terrains où les gens avaient déjà fait le travail.  Ils étaient dans le quotidien du financement.  Un aspect que je n’ai jamais touché.  La mise en forme de TerraVie a été vraiment progressive.  Nous regardions des terrains en même temps que le processus évoluait.

TerraVie, c’est faire un éco-village.  Construire une petite maison écologique tout en regardant l’aspect collectif.  Quand j’habitais en Californie, et à Hawaï, j’avais assisté à des rencontres sur les fiducies foncières.  J’étais intéressée par leur fonctionnement.  J’ai fait des recherches au Québec sur les communautés basées sur des fiducies foncières habitables, il n’y en avait pas.

Au Québec, les projets étaient souvent privés.  Donc des gens qui achetaient des terrains et qui s’organisaient en communautés.  J’ai rencontré plusieurs anciens du mouvement par l’entremise de TerraVie.  Je partais d’un contexte de vivre dans la nature à Hawaï, vraiment pieds nus dans la nature.  Pour moi c’était ça l’environnement.  Et me voilà à monter une structure légale, organisationnelle et administrative, avec les gouvernements.  Il y a eu une rencontre avec André Boisclair, alors ministre de l’Environnement.  Nous avons parlé de zonage indigo et de fiducies foncières communautaires.  La réunion a été formelle, mais super sympathique.

Mettre TerraVie en place, était un besoin personnel.  Je sentais qu’il fallait être plus local ou autonome par rapport à nos ressources naturelles.  Je voulais faire des jardins, faire des échanges, comme à Hawaï où il y avait énormément de troc.  J’étais bien dans l’aspect communautaire.

Je me suis promenée dans plusieurs villes de Polynésie.  J’étais attirée vers les festivals autochtones.  Les Polynésiens sont des gens simples aux yeux brillants, toujours le sourire aux lèvres, et ils n’ont pas grand-chose.  Alors je me disais qu’il y a vraiment quelque chose, dans leur façon de vivre, qui est sain.  Le jet set moderne est plate.  J’étais toujours mieux quand je revenais dans le bois, dans la nature près de gens aux valeurs simples.  On ne peut pas retourner à la survie dans la nature où on se déconnecte des technologies.  Mais nous pouvons créer un équilibre… que ce soit un choix, comme le mouvement simplicité volontaire, ou choisir de moins consommer.  Ça veut dire être plus autoproductif au niveau de l’alimentation, encourager des produits et services locaux.

Ici, l’été, nous faisons partie des marchés à Val David.  Ils existent depuis 4 ans.  C’est le premier élan de marchés comme ça que je connais dans les Laurentides.  Les gens adorent aller acheter des produits directement des producteurs, même si ça coûte 50 cents de plus.

MD : Que cultivera TerraVie?

NF : Nous allons cultiver beaucoup de produits.  Nous étudions présentement la possibilité d’acquérir l’ancien magasin général du village.  Ça fait 10 ans qu’il est fermé.  On y ferait un café, un genre de place recyclée.  Pour les produits locaux.  Pas juste de nos projets.  TerraVie est un pont.  On veut encourager les gens locaux.  Ramener un peu cet élan de participation, de manière abordable.

Ici, au Lac des Becs-Scie, il y a beaucoup d’habitations, mais je connais peu de personnes car il n’y a pas d’endroit central pour rencontrer les gens.  Les gens se regroupent à travers les marchés qui commencent à prendre forme au Québec.  On le voit dans différentes régions.  Il y a un élan de retour à des produits sains.

Je reviens toujours à ce qui a motivé TerraVie.  Les bases sont le contact avec la nature.  Terravie est un organisme de conservation qui appartient à tout le monde.

MD : Où en est TerraVie dans son développement?

NF : TerraVie a mis en place l’aire protégée à Montcalm, la 2e aire protégée des Laurentides.  Le terrain est acheté sur les rives du Lac Brochet.  Nous avons 24 conventions vendues, pour 24 maisons pour 24 familles.  La coopérative est en place.  Les infrastructures seront aménagées cette année.  TerraVie commence à bâtir les maisons au printemps 2009, en partie avec des matériaux recyclés.  Celles-ci utiliseront l’énergie solaire.  Les plans sont faits, les critères de développement sont en place.  L’éco-village devient réalité.  TerraVie prévoit déjà l’achat de d’autres terrains.  Un modèle à suivre pour le développement d’une économie sociale durable et la création d’autres éco-villages au Québec.

MD : C’est fantastique.

NF : C’est fantastique.

Merci, Nicole!

Pour tous les détails sur le fonctionnement de TerraVie et leurs projets d’avenir, lisez l’entrevue en entier au www.cheminement.com. TerraVie : www.terravie.org.

Ce qui appelle à vivre en nous

J’entame l’écriture de cet article devant un bon café crème, confortablement installée sur une terrasse du vieux Nice, dans le sud de la France.  Dans quelques jours, je suivrai une formation à laquelle je tenais beaucoup et qui me permettra d’approfondir davantage mes connaissances sur le potentiel humain. Cette « pause–cadeau » sur la Côte d’Azur me permet de m’arrêter quelques minutes et de dire merci pour ces moments de douce magie que je me suis autorisée à faire fleurir dans ma vie.

Et vous?  Vous autorisez-vous à faire fleurir votre existence, à votre façon?

Au plus près de votre plus intime désir

Le prêtre, philosophe et psychologue français, Jean-Yves Leloup, répète souvent que la santé, du point de vue des psychanalystes, c’est savoir se tenir au plus près de son plus intime désir.  D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu un espace en moi pour ma vie idéale. Comme une petite voix, une petite lumière toute simple, qui ressent le chemin à suivre et la créativité à me donner pour me sentir saine, vivante et en relation privilégiée avec le monde qui m’entoure…

Chaque fois que j’ai le bonheur d’accompagner les gens dans l’écoute rapprochée de cette petite voix, j’ai l’impression de voir soudain le soleil se lever dans leurs yeux. Ce soleil, ils le connaissent, mais ils ont appris à l’enfermer.  En fait, nous sommes tous plus ou moins prisonniers d’une cage de fausses croyances et de non-amour, construite et maintenue par nul autre que nous.  Une cage prenant la forme de masques ou de mécanismes de défense que nous avons installés, convaincus qu’autrement, nous ne pourrions être suffisamment aimés ou protégés.  Tout le défi consiste à oser sortir de la cage pour enfin manifester nos plus intimes et légitimes désirs.

Connaître sa cage et en connaître la sortie

La psychologie et la psychiatrie modernes se sont spécialisées dans l’étude de la cage.  Si l’on veut être véritablement vivant, nous ne pouvons pas faire l’économie de la connaissance des principaux barreaux qui nous enferment.  Par contre, plusieurs font l’erreur de passer leur vie à tourner en rond dans l’étude de la cage et leur âme finit par mourir d’inanition à force de ne pouvoir s’exprimer.

Philon d’Alexandrie, un thérapeute de l’Antiquité, disait ceci : « Prendre soin de l’Être, n’est-ce pas s’occuper d’abord de ce qui va bien en nous, regarder vers ce point de Lumière qui dissipera nos ténèbres? ».  Connaître mieux notre essence, nos talents, nos passions et ce qui donne un sens à notre vie, c’est le point de départ vers cette vie idéale – et nécessaire! – qui attend de rayonner et qui aura raison de nos zones d’ombre les plus tenaces.

Quelques pistes d’exploration

Avant de passer à l’action pour manifester vos rêves, voici deux questions pouvant vous aider à préciser la nature de votre essence et les aspirations de votre être profond :

  • Quand j’étais enfant, quels étaient mes jeux préférés et quels étaient mes rêves?
  • Qui sont les personnes que j’admire le plus?  Quelles qualités m’inspirent-elles?

Explorez à fond ces deux thèmes.  Ils parlent de vous dans ce que vous avez de plus pur.  Si vous restez bien à l’écoute de votre petite voix, vous trouverez bientôt des idées créatives vous permettant de vivre de plus en plus en accord avec vous-même.  En osant un premier pas vers votre existence idéale, la magie des opportunités et des synchronicités se mettront en branle.

Une fois que vous serez passé de l’étape de la vision à celle de la mise en action, ne craignez pas de commettre des erreurs.  On m’a récemment expliqué que pour intégrer un nouvel apprentissage, comme apprendre à marcher par exemple, un enfant vivra en moyenne 256 échecs.  256 fois, il tombera et se relèvera, sans jamais se juger ou se décourager! Seul l’élan de vie compte.  N’est-ce pas prodigieux?  Et nous sommes tous passés par là!  De la même manière, pour sortir de nos vieux schèmes, il faudra nous attendre à tomber et nous relever.  Mais ce faisant, nous nous ferons aussi des muscles et bientôt, c’est l’élan de vie qui sera le plus fort.  Bientôt, la joie et les moments d’extase seront votre récompense.  Oui, je parle bien « d’extase ».  Ces moments bénis où convergent notre essence et l’instant de pure créativité surviendront.  Vous ne serez pas constamment perchés sur votre nuage, mais retenez que cette forme de joie est aussi possible.  Et je sais qu’au fond, vous le savez…

Que vous cherchiez ou non à vivre ces moments de grâce, il ne fait aucun doute que chacun d’entre nous tente plus ou moins adroitement de répondre à ce qui appelle à Vivre en lui-même.  Plus j’avance sur le chemin de la connaissance de soi, plus ces deux grandes vérités s’imposent constamment :

  1. Le point commun à toutes démarches spirituelles authentiques est de favoriser le Vivant en nous;
  2. Et pour y parvenir, il s’agit de retrouver notre spontanéité et notre authenticité.

De toute manière, il n’y a pas d’échappatoire : la Vie veut la vie en nous et tous les mensonges ou demi-vérités qu’on essaiera de se raconter finissent tôt ou tard par éclater d’eux-mêmes.  C’est le grand paradoxe de l’existence, le beau grand Mystère qui fait que, bon gré mal gré, nous avançons vers notre liberté véritable.  Plus nous autorisons la Lumière à se manifester à travers nos paroles, nos gestes et notre œuvre, plus nous nous sentons aimés et aimants et plus la vie nous le rend.

Myriam ou la dimension sacrée du féminin

Interview avec Jean-Yves Leloup

Il y avait longtemps que le personnage de Marie-Madeleine m’interpellait.  Il faut croire que sans bien le comprendre, je pressentais la force de ce symbole féminin par excellence.  En tout cas, depuis le jour où j’ai reçu l’éclairage de Jean-Yves Leloup sur ce personnage mythique, je ne cesse de découvrir les multiples facettes de la Marie-Madeleine en moi et de me mettre au défi de vivre les prises de conscience que cela suppose.  Tout un contrat, vous verrez!  Et en même temps, un chemin fabuleusement transformateur…

Prêtre orthodoxe d’origine française, docteur en psychologie, en philosophie et en théologie, Jean-Yves Leloup est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages hautement inspirés et chaudement accueillis par le public.  Cet homme à l’intelligence du cœur peu commune s’est rapidement intéressé au personnage de Myriam de Magdala (Marie-Madeleine), d’abord dans le cadre d’une démarche personnelle, puis en tant qu’érudit.

Q.  Jean-Yves Leloup, comment vous êtes-vous intéressé au personnage de Marie-Madeleine et à ce qu’elle symbolise?

R.  Cela s’est produit lorsque j’ai visité la Sainte-Baume, en Provence, qui est un lieu sacré dédié à la présence de Myriam de Magdala.  On peut dire que Myriam est l’incarnation du féminin face à la présence du personnage de Jésus, lequel est l’incarnation du masculin.  Tout cela est à réconcilier : que l’on soit de sexe masculin ou féminin, retrouver en soi le féminin sacré passe d’abord par une réconciliation psychologique et même physique avec sa propre mère, avec sa propre matrice.  Tant qu’on n’a pas rencontré son propre féminin ou son propre masculin, on le projette sur l’autre.  Quand on a l’impression de connaître quelqu’un depuis très longtemps et qu’on a ce que l’on appelle un coup de foudre, c’est en fait une partie ignorée de nous-même qui réagit.  La personne aimée nous aide à découvrir ce féminin ou ce masculin qu’on ne connaissait pas.  Lorsqu’on a retrouvé cet autre aspect en soi, il arrive alors qu’on se demande ce qu’on peut bien faire avec cette même personne!  Mais c’est peut-être justement le moment où on va commencer à l’aimer vraiment et à ne plus la considérer comme la projection d’une partie de soi-même.

Q.  Vous voyez donc le personnage de Marie-Madeleine comme un symbole non seulement spirituel, mais aussi purement psychologique?

R.  Je crois que cela a d’abord été une démarche psychologique de connaissance de moi-même à partir des différentes polarités, ce qu’on appelle « l’Anima » chez Jung.  Mais à côté du féminin spirituel, un féminin sacré; on parlera de la Sophia, c’est-à-dire de la sagesse.  Je crois que c’est en se réconciliant avec la dimension féminine de l’être que l’on se réconcilie avec sa dimension spirituelle.  C’est Graf Dürckeim qui disait que le chemin vers le spirituel passe par la reconquête de la dimension féminine, contemplative, creuse : la coupe qui accueille l’Être, le Graal.

Q.  On parle de l’Anima et de l’Animus en psychanalyse, du yin et du yang dans le Tao, mais dans l’enseignement chrétien, il me semble qu’on en parle très peu, hormis peut-être les personnages de Marie et Joseph?

R.  Dans la tradition chrétienne, c’est le personnage de Marie, la mère de Jésus, qui a pris toute la place.  Nous avons tous à vivre ce que Marie a incarné dans sa réceptivité.  Marie, c’est la terre, c’est le cosmos, c’est la matière qui accueille le Verbe, la formation créatrice.  Chacun de nous est appelé à devenir une Mère de Dieu, c’est-à-dire à mettre Dieu au monde.  Cela peut sembler un peu curieux que pour devenir mère, il faille devenir vierge!  Lorsqu’on dit que Marie est vierge, ce n’est pas dans le sens anatomique ou physique du terme, mais c’est la virginité de l’esprit, du cœur.  Dans ce silence du cœur, du corps, de l’esprit, une autre conscience peut naître, le verbe peut naître.

Q.  Dans l’imaginaire de bien des gens, Marie-Madeleine est en effet la prostituée.  Dans vos livres, vous remettez les pendules à l’heure sur ce point.

R.  Nulle part dans les Évangiles, il n’est question de Myriam de Magdala comme une prostituée.  C’est une création de l’Église qui est apparue par la suite.  Myriam était considérée comme une pécheresse, comme quelqu’un de hors-la-loi, qui n’entre pas dans les normes de la religion, dans la société de son époque.  La raison en est qu’elle cherchait la connaissance par l’étude de la Torah et des Écritures, un domaine réservé aux hommes.  Les femmes devaient rester à la maison, s’occuper des enfants et du ménage, et voilà qu’apparaît une femme libre à la recherche de la Connaissance.

Q.  Croyez-vous que les gens sont maintenant prêts à comprendre que ces métaphores s’adressent à des aspects intérieurs de nous-mêmes?

R.  Bien sûr, les écrits sacrés sont des écrits symboliques où Marie n’est pas simplement un personnage de l’Histoire, mais elle représente un archétype.  On pourrait dire qu’elle incarne le « oui originel ».  On parle toujours du péché originel, mais on peut aussi parler de la grâce originelle :  de cet état de Oui qui précède tous les Non.  Dans nos vies, le Oui consiste à découvrir ce qui est plus profond que notre premier Non, c’est-à-dire à trouver ce qui est plus profond que la peur.  Trouver le féminin sacré en nous, c’est découvrir en nous le « Oui à la vie », le « Oui sans peur ».  Chacun de nous a à découvrir en lui-même la Marie de son être, le féminin de son être.  On pourrait dire que chacun de nous a à vivre l’Immaculée conception, c’est-à-dire le silence immaculé qui conçoit le Verbe.  Il y a ce que l’on conçoit parce qu’on l’a appris, on l’a médité, on l’a lu, on l’a acquis.  Et il y a aussi ce qui est conçu à partir du silence, c’est ce qu’on appelle une Immaculée conception.

Q.  À quoi pourrait ressembler une société où le féminin reprendrait tout à coup ses droits?

R.  Ce serait une société beaucoup plus tranquille.  Ce ne seraient pas les valeurs de production et la réussite sociale qui compteraient.  L’important n’est pas d’être riche et d’avoir beaucoup.  L’important, c’est d’être et d’être riche dans ses relations.  Ne pas avoir peur du silence, de l’espace dans lequel la vie apparaît.  Se réconcilier avec le féminin, c’est se réconcilier avec la vacuité, avec cet espace dans lequel apparaissent toutes choses.

Cheminer vers l’harmonie, un état d’esprit!

Les 4 phases majeures d’apprentissage

« Tout dégouline ces jours-ci! La spiritualité dégouline! Me dites-vous que je ne peux pas donner un sens à ma vie parce que je n’aspire à aucune réincarnation? »

Tel était les propos de Pierre Foglia, journaliste pour La Presse, le samedi 15 novembre dernier. Ce constat, fait par une personne qui se dit athée, est bien représentatif de l’état dans lequel se trouve la société d’aujourd’hui, cette société encore bien ancrée dans le dualisme, encore en train de chercher des réponses dans ce monde. Cherche et ne trouve pas…

Et pourtant, ce fameux monde dans lequel nous cherchons et où nous pensons être, n’est qu’un reflet, selon les physiciens quantiques, d’une expérience locale par des êtres non locaux, vous. Vous avez l’impression d’être ici et vous avez peut-être l’air d’être là, mais l’espace n’est qu’une idée de séparation, de dualité, comme le temps. Tout dans cet univers nous ramène au mode de pensée dualiste, où ce que l’on vit, semble bon seulement en comparaison avec le mauvais. Le beau semble beau seulement en comparaison avec le laid. Le gentil ne peut exister que si un méchant existe aussi. Que serait le gentil si le méchant n’existait pas? Il serait, tout simplement!

Le dualisme est le domaine du sujet et de l’objet, le mode de pensée de ce monde, de cet univers dans lequel nous semblons vivre. Il y a vous et les autres. « Il y a vous et Dieu, apparemment séparés l’un de l’autre ». Cette attitude dualiste, très bien expliquée par la physique newtonienne, nous amène à croire que Dieu est à l’extérieur de soi. Ainsi, Dieu est lui aussi considéré avec une attitude dualiste; il est bon ou mauvais, il aime ou il punit ou les deux en même temps… selon son humeur! Ceci décrit bien le conflit par lequel passe chaque être humain en cheminement vers l’harmonie. Cette vision dualiste est un état d’esprit, une attitude intérieure qui décrit la première phase majeure d’apprentissage de l’être humain sur le chemin de la spiritualité.

La seconde phase est une forme plus douce de dualisme. Ici, l’esprit accepte que Dieu soit amour, mais l’esprit reste encore en conflit avec cette idée car si Dieu est amour, est-ce qu’il peut détester? Si Dieu est amour, peut-il être imparfait? Si Dieu aime son fils, est-ce qu’il va le punir? Ce mode de pensée, que l’on pourrait appeler semi-dualiste, en est un où l’esprit commence à perdre une partie de sa peur secrète de Dieu. Dieu semble moins menaçant. Il est encore à l’extérieur de soi, mais on sent qu’il n’est pas nécessairement la cause de notre situation.

Viens par la suite la troisième étape d’apprentissage qui est représentée par la vision spirituelle non dualiste. Celle-ci nous amène à remettre en question sérieusement notre croyance en la séparation. Nous prenons conscience de l’effet miroir (l’extérieur de soi est à l’intérieur de soi et vice-versa) et du principe de l’unité où tout est relié. Il n’y a plus de sujet, ni d’objet, nous ne faisons qu’un…, mais avec qui ou avec quoi? « Presque tous ceux qui se posent cette question y répondent en disant que c’est avec Dieu ». Le non-dualisme peut sembler répondre à la satisfaction de plusieurs êtres qui sont en quête de vérité et de maîtrise de leur esprit, comme l’a effectivement fait Bouddha. Mais le non-dualisme ne reste encore qu’une imitation de l’unité authentique, le non-dualisme pur. Il n’en demeure pas moins que le non-dualisme traditionnel est une étape nécessaire, car il éveille chez les gens la capacité de remettre en question tous leurs jugements et toutes leurs croyances. Ainsi, ils reconnaissent le principe de l’unité, ce qui est un pas dans la bonne direction. La physique quantique démontre très bien cette idée de non-séparation et d’illusion par le simple fait que la pensée crée, que l’on ne peut même pas observer une chose sans causer un changement en elle au niveau subatomique. « Tout est dans l’esprit, y compris notre corps. » Par contre, il y a une vérité qu’aucune philosophie n’enseigne, sauf une et qui est rarement bien acceptée dans ce monde; « c’est que cet esprit est lui-même une illusion ». L’erreur du non-dualisme est de présumer que l’être humain et cet univers tout entier ont été créés dans leur forme présente par Dieu, ce qui permet de les légitimiser plutôt que de les abandonner éventuellement.

Si l’unité seule existe, tout autre chose qui paraît exister doit avoir été inventée. Abandonner l’idée que Dieu est l’auteur du monde est la prochaine étape à franchir pour atteindre la quatrième phase d’apprentissage de l’être, le non-dualisme pur. Si Dieu est parfait et éternel, tout ce qu’Il crée doit l’être également. Nous ne pouvons pas avoir à la fois notre univers et avoir Dieu. « Ils s’excluent mutuellement. Tout ce qui vient de Dieu doit être exactement comme lui. Le non-dualisme pur ne fait aucun compromis sur cet énoncé ». Dieu ne pourrait rien créer qui ne soit pas parfait. Cette logique est sans faille. Mais c’est quelque chose que pratiquement personne ne veut réellement étudier et apprendre. Ça effraie tout le monde inconsciemment (et consciemment!), puisque ça implique l’abandon de toute individualité ou identité personnelle. Et pourtant cette étape nous apprend que l’on ne perd rien pour recevoir tout (ou le TOUT!). Si Dieu est amour, Il n’est rien d’autre et nous non plus. Le non-dualisme pur nous fait prendre conscience que nous n’existons même pas individuellement, à aucun niveau, qu’il n’y a même pas d’âme individuelle ou séparée. Il n’y a que Dieu… ouf, pas facile à digérer! Il ne faut pas oublier que chacune des quatre phases majeures d’apprentissage est un long chemin vers la paix, un chemin imprévisible, parfois difficile et à travers lequel un individu interprétera un même texte de façon différente, selon la phase d’apprentissage dans laquelle il sera engagé. Toutes ces phases ne sont qu’une attitude intérieure, un état d’esprit qui nous amène à cheminer vers l’harmonie.

Guérir sa vie

Toutes mes années de réflexion ainsi que toutes les découvertes que j’avais faites, je me devais de les partager avec le plus grand nombre de personnes possible, mais comment? Il fallait que je réussisse à mettre en place un concept de santé globale adapté.

Après des heures de réflexion dans la nature, l’application de ce concept m’est apparu comme étant la solution.

L’objectif premier de cette approche ne se résume pas uniquement à guérir une maladie comme étant un élément isolé, mais bien comme le symptôme d’un déséquilibre touchant la personne dans son entier. Ce concept aurait pour nom Guérir sa vie.

Son but est d’aider la personne à reprendre le volant de sa vie bien en mains en comprenant pourquoi cette maladie a pris place en elle, ce qu’elle doit faire pour en stopper la progression, pour se guérir et mettre en place une hygiène de vie capable de prévenir l’apparition de nouvelles maladies.

La santé en six points

Le concept de santé globale Guérir sa vie porte sa réflexion sur les six points suivants, domaines de notre vie que l’on doit questionner avec conscience afin de pouvoir repérer quels sont nos indicateurs de santé et de maladie.

  • L’alimentation

Voilà la première piste à explorer. La personne est invitée à devenir consciente de sa façon de manger, de la qualité des aliments qui entrent dans son assiette ainsi que des émotions qui sont associées au fait de manger. « Est-ce que tu manges tes émotions? ». Voilà une question à laquelle chacun de nous doit répondre.

  • Le stress

Quelle place occupe le stress dans votre vie? Ici, je m’intéresse surtout aux petits stress anodins qui passent trop souvent inaperçus. La gestion du stress est aussi une question de gestion des émotions : colère, tristesse et de la surchauffe des cerveaux.

  • Le mouvement

Dans l’application du concept de prise en charge de sa vie, l’activité physique est primordiale. Comment bouger sans devenir des martyrs? Il faut d’abord bouger intérieurement, se mettre en action et, tout comme pour l’alimentation, retrouver son centre et son instinct pour découvrir le type d’exercices approprié pour nous.

  • L’environnement

On ignore trop souvent que notre habitat peut être à l’origine de nombreux problèmes de santé : moisissures, champs électromagnétiques, micro-ondes, etc. Voilà autant d’éléments dont il faut tenir compte dans notre quête de guérison.

  • La spiritualité

La spiritualité est pour moi synonyme de la réflexion que l’on porte sur le sens de sa vie. Est-ce que votre vie fait du sens? Dans quelle direction allez-vous? Quels sont vos objectifs? Toutes ces questions et bien d’autres encore doivent trouver réponse.

  • La génétique (nos ancêtres et notre code génétique)

Notre monde rapide a vite fait d’oublier ses ancêtres. Par l’intermédiaire du méridien du rein, la médecine chinoise nous rappelle que ceux et celles qui nous ont précédés ont non seulement laissé des traces génétiques, mais aussi des traces émotives en nous. Plusieurs conflits actuels viennent de vieilles lésions familiales. Chaque personne est donc invitée à faire un bilan généalogique durant son voyage intérieur.

Dans les chroniques qui vont suivre, nous allons explorer ensemble ces points un à un, nous allons même les décortiquer afin de vous aider à mieux les maîtriser, à jouer avec chacun d’eux pour vous permettre de maintenir l’équilibre dans votre vie, pour vous aider à guérir votre vie.

Anecdote

Durant un stage en recherche, je demande au pathologiste responsable comment il explique le fait que les gens attrapent la grippe après avoir eu froid aux pieds. Pour toute réponse, il me dit : « Je ne le sais pas! ». Je restai bouche-bée! Dans mon esprit, la science venait d’en prendre un coup. J’ai trouvé plus tard la réponse avec la médecine chinoise, qui nous enseigne qu’un coup de froid peut amener un déséquilibre dans les circuits d’énergie du méridien rein-vessie ouvrant la porte à une faiblesse potentielle des autres méridiens, dont celui du poumon.

Réflexions :

« Bien que le cours de médecine se déroule sans histoire, déjà l’autre côté des choses m’attire. » Jean Drouin

« Chaque être humain porte un trésor. À nous de le découvrir. » Gilles Vigneault

« Si l’ennemi est trop fort, reculez, et s’il faiblit, revenez, mais demeurez toujours là en évitant judicieusement tous les tirs. » Mao Tsé Toung

« Tout se tient dans l’Univers, ici encore la médecine chinoise l’avait observé bien avant nous. » Jean Drouin

Où est donc le plaisir?

Bon Dieu que j’ai cherché… pendant 20 ans, j’ai cherché le plaisir partout, dans tout et surtout, dans la spiritualité. Parfois, je le trouvais, certaine de l’avoir bien ancré en moi et hop, après un certain temps, il m’échappait. À certains moments, j’étais convaincue que je l’avais trouvé pour de bon, après toutes ces recherches spirituelles, après avoir goûté tout le buffet du nouvel-âge, je l’avais enfin trouvé, je le dégustais finalement et hop, les problèmes se manifestaient et vlan, tout était à recommencer. C’était à n’y rien comprendre.

Et, il y a un an et demi, j’ai compris. J’ai compris ce monde dans lequel nous vivons, un monde duel où les pôles se marient autant qu’ils s’entrechoquent. J’ai également compris la non-dualité, le principe de l’unité où tout est relié jusque dans l’infiniment petit. Et j’ai finalement compris le non-dualisme pur où ce monde dans lequel nous vivons et le monde de Dieu s’excluent mutuellement. Le plaisir n’était plus très loin, je le sentais, mais allait-il s’échapper encore une fois?

Le plaisir est toujours relié à une recherche, une sensation, une émotion, un besoin. Est-ce possible que le plaisir soit utilisé pour combler un vide? Est-ce possible d’être en paix avec le plaisir dans un monde où le plaisir est l’ultime but?

Ce monde dans lequel nous vivons demande une attention spéciale et toujours incessante, notre corps demande également une attention particulière. Le corps a constamment des besoins, c’est une machine à besoins (le mot machine est plutôt faible ici) : besoin de manger, besoin d’oxygène, besoin de repos, besoin d’affection, besoin d’attention, besoin de plaisir, besoin d’exercice, besoin d’amour, besoin d’argent, besoin de protection contre les éléments…

Je ne suis jamais en paix avec le monde de la forme, il m’en demande toujours. Même avec le minimum de la simplicité volontaire, les demandes sont toujours là pour nous éloigner continuellement de l’essentiel, l’esprit. Tout existe dans ce monde pour nous détourner de l’esprit, là où la paix peut réellement habiter et où le plaisir a un sens. Vous pouvez vous retrouver sur une montagne verdoyante où le soleil chatouille tendrement vos orteils et votre corps repose sur une herbe veloutée, les oiseaux caressant avec harmonie vos oreilles, mais si votre esprit est perturbé, tout cet attirail devient une simple illusion de paix. Mais vous pouvez également vous retrouver dans ce même endroit thérapeutique et après plusieurs jours en ressortir paisible et détendu. Malgré tout, force est d’admettre que cela ne durera pas. Le monde dans lequel nous vivons est dysfonctionnel, les problèmes vont refaire surface. Rien dans ce monde ne peut apporter en permanence la paix d’esprit recherchée, le plaisir de la béatitude, le sourire satisfait de la Joconde. La paix de l’esprit n’est pas de ce monde, elle est dans notre esprit et c’est là que réside le vrai pouvoir.

Il est important de découvrir le but derrière notre poursuite de plaisir, même derrière ces petits plaisirs simples du quotidien tant encouragés par la psychothérapie. Aussi longtemps que l’on va rechercher le plaisir dans les choses extérieures (objets, personnes, situations…), la recherche va continuer. Le seul plaisir durable et profond n’est-il pas celui de la paix intérieure, celle que l’on acquiert justement en ne cherchant pas dans le monde, mais en soi? Cet état d’esprit paisible est justement le point de départ vers le plaisir, car il ne dépend pas d’un état extérieur, mais plutôt d’une attitude intérieure.

Ce n’est plus important si j’écoute un magnifique concert au clair de lune avec mon amoureux ou si je suis prise dans le trafic en retard d’une heure pour le rendez-vous de ma vie. La paix intérieure m’habite, m’inonde, et c’est elle qui m’apporte du plaisir, c’est elle qui me fait sourire, c’est elle qui me nourrit et m’émerveille, peu importe ce que je vis extérieurement. Je ne dépends plus des situations de ma vie pour être en paix, je suis libérée, je suis libre. Et en affirmant ceci, je ne nie pas pour autant le plaisir dans ce monde. Mais je sais qu’il est impermanent et changeant. Je choisis de ne pas en dépendre. Je peux ainsi l’apprécier davantage sans y mettre une charge émotionnelle importante, sans y rechercher quoi que ce soit. Je suis détachée et en paix.

Donc, est-ce si important de savoir si le monde fonctionnera mieux ou non ? Est-ce primordial de changer ce qui se passe à l’extérieur de nous quand le réel changement n’appartient pas à ce monde? Le plaisir vient de mon esprit, mon attitude, ma perception. Le système de pensée auquel je vais adhérer va réellement déterminer mon expérience. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. Un esprit en paix amène inévitablement un monde en paix. Tant que nous chercherons à l’extérieur de nous pour acquérir un état d’être intérieur, nous ne trouverons pas. La solution n’est pas dans ce monde, mais dans notre esprit. Que le plaisir soit avec vous… et avec votre esprit!

Complice du plaisir

Le plaisir peut être yin, doux, sensuel, subtil, passif, contemplatif, ou il peut être yang, intense, brutal, extraverti, dominant, dynamique. L’un est apparenté à la délicatesse féminine, et l’autre à la virilité masculine. Qu’on soit femme ou homme, hétéro, bisexuel, ou gai, on a tous avantage à explorer la gamme du yin et du yang et à équilibrer notre être. Notre société tend à valoriser le yang et à dénigrer le yin, et la plupart d’entre nous ont davantage besoin d’explorer la féminité et l’aspect yin du plaisir.

Le plaisir pour moi, c’est un tremplin vers la spiritualité, l’illumination, l’extase… C’est indispensable à ma survie.

J’ai donc choisi comme complice, ma plume frémissante et délicate, pour vous inviter à pénétrer dans mon univers intime. C’est ma plume à l’encre de cerise rouge, qui se couche sur cette page d’histoire pour vous dévoiler les secrets de mes plaisirs charnels.

L’interdit du péché de la chair

Le plaisir, m’a-t-on enseigné dans ma tendre et timide enfance, c’était l’interdit du péché de la chair. Donc, si comme moi, vous êtes venu au monde dans la virginité d’une bonne famille puritaine et réservée, lisez ces lignes à vos risques. Je confesse qu’en fait, le plaisir s’est avéré un tremplin vers l’extase et la spiritualité (même l’illumination) et un outil de transformation personnelle indispensable à ma survie. Je suis honorée de vous confier le récit inédit du pèlerinage de mon voyage initiatique vers le plaisir extatique.

La peur de l’envahissement

Ma quête est une histoire à la fois banale et périlleuse. Elle débuta dans la prison de la tour de mon enfance, où féminité, affection, sensualité et sexualité sont confondues, emprisonnées dans le même tabou de ma ceinture de chasteté où parents, clergé, éducateurs et société m’ont enfermée, pour mon propre bien. Amen. L’ère du féminisme sonna pendant mon adolescence, et timidement, la princesse a revendiqué son émancipation sexuelle. Elle s’est métamorphosée en femme de carrière indépendante, portant le tailleur 3 pièces et même la cravate pour mieux se blinder. Inconsciente que mon aventure féministe me conduisait en réalité plus vers la masculinisation que l’émancipation, j’en ai tout de même profité pour sortir de ma tour fragilisante et faire basculer le pendule de ma quête (mon besoin) d’équilibre et m’enraciner dans des chaussures à talon plat, plus stables et sécures. J’avais recyclé (troqué) ma désuète ceinture de chasteté en bouclier protecteur, complété d’un masque à l’air hautain et invincible. Derrière se cachait ma peur. La peur des hommes, de l’autorité, de l’abus, de l’agression, de l’envahissement, de me faire embrasser contre mon gré, d’être consommée par l’incontrôlable testostérone, alouette!

Merci à la loi de la gravité et de l’équilibre qui a su ramener le pendule féministe trop yang, dans une direction plus yin, celle de la féminité, en passant par le centre du cœur et de l’amour de soi. Quelques prises de conscience s’imposaient.

Me dévoiler telle que je suis?

Ah oui, comment puis-je attendre de l’autre qu’il m’aime, me respecte et m’honore pour l’être authentique que je suis, si je n’ai pas appris à m’aimer moi-même et à me présenter sans masque ni bouclier (me dévoiler telle que je suis)? Comment peut-il me deviner et respecter mes besoins et désirs, si je n’ai pas appris à me connaître moi-même. Comment puis-je m’abandonner en toute confiance à vivre l’intimité, à être réceptive et accueillante, attentive et perceptive à l’autre, si je ne me fais pas confiance à moi-même. Bien sûr, si je sais m’écouter, me faire écouter (entendre), observer et exprimer mes désirs, je saurai, en toute assurance, trouver et inviter un partenaire digne de partager mes draps d’intimité.

Ah oui, j’avais du déblayage à faire pour départager affection, sensualité, sexualité et permettre à ma féminité de s’exprimer dans toute sa gamme vibratoire, avec tous ses atouts sensoriels, émotifs et spirituels. Bien sûr, je devais prendre le temps de m’initier et d’explorer les délices yin du plaisir et laisser fleurir la geisha* en moi. Je pourrais ensuite revêtir le kimono de la shakti**, incarner le plaisir, et inviter mon partenaire à découvrir la complice du plaisir.

Mettez vos récepteurs en appétit

Glissez-vous lentement et sensuellement dans un kimono de soie et mettez en appétit tous vos récepteurs sensoriels – vos papilles gustatives, récepteurs tactiles, cils olfactifs, vos tympans, vos rétines oculaires – pour découvrir la geisha en vous. Préparez-vous à la réceptivité, l’émerveillement de la découverte des sensations dansantes et imprévisibles, dans le moment présent, sans prendre pour acquis où vous mènera le sentier de cette expérience, l’altitude de votre ascension, ou la latitude de votre escapade. Soyez dans le sans attente, dans l’ouverture à ce qui est dans le moment présent. Différez le réflexe orgasmique à l’extase de caresser chaque cellule de votre être physique et subtil. Le plaisir est une perle précieuse. Le partager, en toute complicité, est un privilège.

Manouche

* Au Japon, la geisha est une artiste gracieuse et sensuelle (pour tous les 5 sens)

** Dans le système tantrique, le shakti est le principe yin.

La maturité spirituelle

L’éveil à une spiritualité authentique est une expérience inespérée qui nous propulse bien au-delà de nos programmations limitatives si savamment renforcées au cours de notre vie. Découvrir le moi véritable siégeant aux confins de nous-mêmes, établit dans la plénitude de la conscience pure, demeure en effet un délice que nulle autre expérience terrestre ne peut égaler.

L’éveil entraîne une forme d’ivresse, un état béatifiant qui nous révèle le sens caché de l’existence et de nos possibilités inconcevables. Mais dès que les premières expériences spirituelles ont fait leur œuvre miraculeuse sur nous, la longue route vers la sagesse ou la pleine maturité, s’élance vers les cimes où nul nuage terrestre ne peut assombrir la lumière de l’Éternel. Le chemin de la maturité spirituelle est une longue intégration des enseignements de la sagesse éternelle. Il implique une assimilation dans le cœur des lois spirituelles et une cohérence irréprochable envers elles. L’éveil à notre pouvoir inné est une chose et la sagesse en est une autre. En vérité, sans sagesse la spiritualité peut aisément nous faire déraper dans le délire, le déni et la fabulation. Le but de notre quête à tous est de réaliser une plus haute sagesse et la révélation des grands secrets de la vie et de la mort ne suffisent pas à faire de nous des êtres forts, matures et aimants. Pour réaliser une haute émancipation, il demeure incontournable que l’esprit soit entraîné à la vacuité et que les émotions soient purifiées. La pratique de la méditation demeure « l’art sans âge » qui conduit à ces états de grâce. En effet, le recueillement quotidien dans « le temple du cœur » permet l’émergence progressive de la sagesse de l’âme. Lorsque le cœur s’ouvre, que le silence s’établit et que l’ego se retire, nos richesses enfouies émergent de notre nuit. Une femme ou un homme doué de maturité spirituelle demeure avant tout un être qui fait l’expérience continuelle de son identité supérieure. L’immaturité de l’ego s’efface paisiblement sous la lumière du grand moi; « le souverain caché », détenteur de la sagesse salvatrice. Lorsque nous retirons les vêtements de notre ego que sont les peurs, les dépendances et le besoin de pourvoir, nous découvrons en nous une force qui n’a besoin de rien. Se spiritualiser reste avant tout se départir de ce qui nous encombre et qui retient la lumière du dedans. C’est donc une démarche qui aboutira au retrait du système de pensées de victime si déresponsabilisant et à une prise en charge de son pouvoir de créer sa vie.

Dans son sens plus profond, la maturité d’un être relève de l’étendue de l’expérience de l’âme. Néanmoins, l’âge physique d’une personne est une bien pauvre indication pour déterminer son degré de maturité. En définitive, cela n’indique pas grand-chose, car ils sont plus que nombreux à traverser leur vie sans se questionner et sans ressentir le besoin de s’améliorer. L’amour, la force et la sensibilité nous en dit long sur la place qu’une personne occupe sur l’échelle évolutive. L’âge d’un être correspond au nombre d’incarnations et d’expériences qu’a traversé l’âme au cours de sa longue épopée terrestre. Il existe donc des âmes plus anciennes que d’autres qui se manifestent à travers des personnalités plus matures que d’autres. Les indiens qui savent si bien reconnaître ces âmes les appellent « les mahatmas » ou les grandes âmes. Autant il faut de temps à la nature pour transformer un charbon en diamant, autant il en faut pour élever l’être humain à une haute sagesse. Notre maturité correspond à ce que nous connaissons de nous-mêmes. De nos limites, de nos possibilités, de notre divinité et du sens de nos vies. Elle est également liée à notre sens des responsabilités et à notre faculté de nous assumer pleinement. L’être sage est conscient de son pouvoir créateur. Il reconnaît qu’il demeure l’artisan de son succès comme de son malheur. Il s’est libéré de ses programmations limitatives et du sentiment d’être victime, par une quête sacrée de lui-même. Il n’exige plus rien de personne, il ne demande plus rien, il ne revendique plus rien.