South Knowlesville

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problèmes environnementaux et sociaux.

Aux confins du Nouveau-Brunswick, loin des côtes acadiennes et des grandes villes, aux abords de la frontière canado-américaine, se trouve un petit coin qui vaut le détour… D’abord attirée à Knowlesville par mon intérêt pour la construction écologique et pour le projet de cons­truction de bâtiments à charpente en bois, dite « timber frame », du couple Leland et Tegan, c’est une communauté en émergence qui a le plus retenu mon attention.

À la venue de leur premier enfant, ils construisent leur première maison en ballots de paille en utilisant la technique des « murs en paille porteurs ». Le troisième enfant en route, ils terminent la construction d’une plus grande maison en paille, utilisant cette fois une charpente en bois de type poutres et poteaux assemblés.

Les Wong-Daugherty, eux, ont des aspirations qui vont au-delà du développement de leur propre milieu de vie : un voisinage vivant, écologique et solidaire. Lorsque l’occasion se présente d’acheter une terre devant chez eux, ils n’hésitent pas à le faire et à y investir leurs économies. Sur ce terrain, le premier projet qui voit le jour est le Knowlesville Art and Nature Center, projet d’école alternative basée sur les principes des écoles Waldorf, qui prend forme dans une vieille chapelle qui a été déménagée, rénovée et agrandie (en utilisant des ballots de paille, il va sans dire…).

Tous les bâtiments et infrastructures sont alimentés à l’énergie solaire et chauffés au bois. Toutes les toilettes sont à compost.

Le Land Trust
Le but avoué de ces démarches d’acquisition de terrain est très altruiste, tout en étant très intéressé. Il s’agit de rendre des terrains accessibles par la création d’une fiducie foncière communautaire pour que des gens puissent venir s’installer à côté de chez eux, et ce, à peu de frais, en vue de créer un voisinage de proxi­mité axé sur l’amitié et l’entraide.

Deux caractéristiques principales du groupe contribuent à attirer les gens. D’abord, il existe déjà, au sein du groupe, une belle diversité d’origines ethniques, ce qui permet à des gens de tous horizons de s’y trouver une place. De plus, la dimension familiale est très présente : le couple Tegan et Leland a quatre enfants, et une école et un camp d’été ont déjà été mis sur pied. Ainsi, d’autres parents voient un intérêt à venir s’établir dans cette collectivité et à y élever leurs enfants. À cela s’ajoute un bel équilibre intergénérationnel, car des adultes plus âgés, qui ont déjà élevé leurs enfants, sont heureux de venir s’y établir et de retrouver cette énergie; certains choisissent d’acheter une terre avoisinante et de contribuer à créer un voisinage solidaire sans se joindre directement au projet.

Ces projets phares, portés par le leadership et la détermination de gens rassembleurs, créent un pôle d’attraction étonnamment puissant. Ainsi, au fond d’une campagne isolée et dévitalisée, des dizaines de personnes sont venues chercher l’inspiration et faire l’expérience d’une façon différente de vivre.

Comme cela fait plusieurs années que le bal a été lancé, beaucoup d’infrastructures, physiques et autres, ont déjà été mises en place, dont un groupe d’alliés aux aspirations semblables et un réseau de sentiers forestiers, témoins de ces liens maintes fois renforcés, parsemés de buissons de petits fruits et de grands arbres fruitiers bien garnis. Déjà, un espace communautaire existe. Déjà, des petites maisons permettent d’accueillir des visiteurs et des membres potentiels, le temps pour eux de s’installer.

Et cela, ça a une très grande valeur!

Références South Knowlesville Community Land Trust : http://www.back2land.ca/
Knowlesville Art and Nature Center : http://knowlesvillenature.ca

Retrouver l’Unité, le lien avec la terre nourricière et avec le Tout

En affirmant son égocentrisme, l’homme se place sur un plan de domination de la nature et s’en éloigne. Il est pourtant impératif de rétablir ce rapport harmonieux (et harmonique), bienveillant, et en symbiose avec tout ce qui existe à l’échelle du visible comme de l’invisible.

Le plan du visible, pour nous, les humains, comprend les mondes animal, végétal et minéral révélés à nos sens par la lumière, les couleurs, les sons, les formes géométriques et l’espace qui nous entoure. Mais, à l’échelle de l’invisible et de l’infiniment petit, échelle de la cons­cience et de la pensée, tout semble interrelié. C’est ce que la physique appelle désormais la toile cosmique.

Cette interconnexion est proclamée depuis des millénaires par les spiritualités orientales et elle est confirmée aujourd’hui par la physi­que moderne qui avance que cette connexion pourrait être de nature quantique. Tout l’Univers est Un, inséparable, et nous, les humains, sommes des éléments actifs de ce réseau. En conséquence, notre rapport de cohabitation avec le vivant, dans son infinie diversité, mais aussi avec le genre minéral, notamment l’eau, source de vie, devrait parfois être reconsidéré.

En raison de cette interconnexion, notre comportement envers les humains et les autres êtres vivants a un impact sur eux et sur nous-mêmes, et c’est dans cette optique que les mots compassion et générosité prennent tout leur sens. Ainsi, notre dévouement pour le bien-être de la communauté et celui de tout le vivant nous apporte souvent un bienfait insoupçonné. Mais comment migrer vers un rapport de cohabitation symbiotique avec tout ce qui construit la vie sur notre planète?

Les études démontrent, par exem­ple, un lien entre la dégradation de l’environnement et le niveau de pauvreté des populations ainsi que l’apparition de certaines pathologies. D’autres études semblent indiquer que les plantes possèdent une forme de conscience de leur propre existence. Notamment, lorsqu’elles sont mises en situation de danger, elles réagissent en créant de surprenantes réponses de survie. Peut-être nous arrive-t-il d’avoir une certaine forme de communication avec les plantes? Il reste que s’entourer de quelques plantes intérieures a un effet bénéfique sur notre bien-être global, tout comme flâner dans la nature.

Quant à notre rapport à l’eau, indis­pensable au maintien de la vie, il est éminemment troublant. Nous souillons l’eau, la traitons souvent avec négligence, la combattons et, simultanément, nous réclamons qu’elle soit impeccable et pure, pour notre survie et nos besoins quotidiens (consommation, agriculture, pêche). À l’occasion, nous lui attribuons un caractère sacré ou même des miracles. Soixante-quinze pour cent de la surface de la terre est recouverte d’eau, tout comme nous, êtres humains, sommes constitués d’environ 75 % d’eau. Tout cela est-il fortuit?

L’eau possède des particularités physiques et biochimiques étonnantes, notamment des capacités de mémorisation des matériaux avec lesquels elle est en contact (d’où l’intérêt de privilégier des conte­nants de verre plutôt qu’en plastique). Cette mémoire, qui est à la base de l’homéopathie, est probablement liée à la capacité de l’eau de créer des assemblages de molécules en réseaux tridimensionnels infiniment complexes, variés et durables. L’eau possède également une très large plage d’absorption des ondes électro­magnétiques, telle une antenne de communication, d’où l’importance de limiter les ondes wifi dans son environnement. De nombreuses études montrent également que l’eau est sensible à la pensée, probablement par des phénomènes quantiques impliquant les spins des protons. En conséquence, il y a de nombreux bénéfices à reconnaître le caractère précieux de l’eau, que ce soit comme source de vie, sur le plan environnemental ou pour son mystérieux potentiel thérapeutique.

Nous avons un impact sur l’environnement, et notre environnement a une influence sur nous, tel un échange constant d’informations dont il est impératif de rétablir l’équilibre.

Qu’est-ce qu’un quartier énergétique? Comprendre les réseaux du futur

Lorsqu’on pense à un projet de construction écoresponsable, le commun des mortels pense à des aspects conventionnels : toit vert, récupération des eaux pluviales, panneaux solaires, etc. Mais en réalité, ce sont souvent les éléments cachés d’un immeuble qui le rendent plus vert. Pour son nouveau projet Zibi, le Windmill Development Group compte adopter un processus existant et unique en son genre, mais peu connu, et le développer de façon à le rendre encore plus efficace.

Le concept de quartier énergétique repose sur le principe d’une centrale énergétique pouvant générer de la vapeur, de l’eau froide et de l’eau chaude pour un quartier déterminé. Plusieurs villes et quartiers utilisent déjà ce principe pour chauffer ou refroidir, mais rarement les deux simultanément. Grâce à sa proximité de l’usine de recyclage de papiers et cartons Kruger qui utilise de l’énergie thermique comme source importante d’énergie pour sa production, Zibi sera en mesure d’utiliser les deux. En récupérant la vapeur, l’eau et la chaleur déchargées à la suite de la production, Zibi pourra les rediriger vers sa communauté au moyen de l’infrastructure existante. Les décharges seront ensuite refroidies ou réchauffées, le cas échéant, dans une usine centralisée, puis redistri­buées dans les immeubles.

Pourquoi utiliser un tel système? Parce qu’il permet de réutiliser l’énergie qui, autrement, serait gaspillée. Et parce que l’eau qui était auparavant rejetée dans la rivière trouvera un second usage. De plus, l’énergie que produit ce système permettra de réduire la charge du réseau d’énergie de la municipalité. Le système fonctionnera en tandem avec une usine de biomasse qui viendra soutenir le quartier énergétique lorsque celui-ci ne sera pas en mesure de fournir l’énergie nécessaire. Cette usine sera aussi en mesure de partager cette énergie avec l’usine Kruger et avec la ville, ce qui constituera un nouveau modèle de partage énergétique local.

Pour l’utilisateur-payeur, il s’agit d’un moyen d’agir sur sa consommation énergétique. En général, les gens consomment de l’électricité et reçoivent une facture d’Hydro-Québec sans vraiment y porter attention. Le chauffage est soit électrique, soit au gaz naturel, lequel provient principalement de l’Alberta. Quant au refroidissement, il est possible grâce à un climatiseur mural électrique. Le nouveau système permet d’utiliser les ressources de proximité, permettant ainsi aux utilisateurs de regarder de près les diverses sources d’énergie, ce qui crée chez eux un certain sens de responsabilité psychologique en tant que consommateur. Aussi, les utilisateurs pourront suivre leur consommation en temps réel et apporter des ajustements au fur et à mesure. Cette façon de faire permet aux gestionnaires de formuler des recommandations à l’intention des utilisateurs et de leur donner une bonne vue d’ensemble de leur consommation moyenne.

Le principe du réseau de chaleur et de froid s’inscrit très bien dans le modèle One Planet auquel Zibi adhère, modèle qui regroupe 10 principes qui soutiennent la durabilité et l’écoresponsabilité. Le réseau de chaleur est considéré comme étant neutre en carbone, puisque ses émissions proviennent des décharges d’une autre source. Le réseau de froid, quant à lui, est zéro carbone, puisque sa source d’énergie est entièrement renou­velable. Ensemble, ils forment l’un des seuls systèmes de ce genre au monde et possiblement un nouveau­ modèle à suivre pour les futurs développements immobiliers et de communauté.

C-Vert : un programme parascolaire multi-écoles… en environnement

Octobre annonce chaque année le lancement d’une nouvelle cohorte du groupe C-Vert à Gatineau. La première réunion hebdomadaire du groupe réchauffe le cœur de tout observateur : 20 adolescents, ayant entre 14 et 16 ans et provenant de quatre écoles secondaires différentes du secteur Gatineau, qui se rassemblent volontairement pour partager leur passion à l’égard du développement durable. Des jeunes qui bravent le temps automnal, après l’école, pour participer à une rencontre. Des jeunes qui affrontent les barrières sociales pour faire équipe et devenir amis avec des jeunes d’autres écoles. Des jeunes qui défient l’oisiveté en venant apprendre et découvrir après les classes. Il y a de quoi être impressionné!

C-Vert est un programme d’engagement environnemental pour adolescents de l’école secondaire du Versant et des écoles polyvalentes Nicolas-Gatineau, Le Carrefour et de l’Érablière. Pourquoi ces jeunes se réunissent-ils chaque semaine avec une animatrice? Pour en apprendre davantage sur les enjeux environnementaux locaux et mondiaux et pour développer leur leadership écocitoyen grâce à des projets concrets dans leur communauté.

En effet, après avoir découvert, pendant quelques séances, quelles sont certaines des problématiques environnementales auxquelles notre monde doit faire face (p. ex., gestion des déchets, surconsommation, protection des cours d’eau, survie de la biodiversité), les participants du groupe C-Vert sont peu à peu appelés à trouver des idées de projets qui leur permettraient de contribuer à un changement à l’échelle locale en lien avec une ou plusieurs des problématiques étudiées. Une fois les projets choisis en groupe, les adolescents, avec l’aide de leur animatrice, apprennent les rudiments de la gestion de projet et du leadership communautaire afin de pouvoir mettre en œuvre toutes les étapes requises pour réaliser leur projet. Ensemble, tout au long de l’année scolaire et même pendant un stage d’été de quatre semaines, ils s’emploient à transformer leur communauté grâce à des projets environnementaux positifs.

À titre d’exemple, la cohorte 2015-2016 de C-Vert Gatineau a conçu une activité de sensibilisation sur le thème des matières résiduelles pour les enfants inscrits au camp de jour de la ville de Gatineau. Avec certains groupes d’enfants du camp de jour, elle a créé des œuvres d’art hautes en couleurs à partir de matières récupérées. Ces œuvres d’art ont été exposées à la bibliothèque Guy-Sanche pendant un mois pour continuer à transmettre un message relatif à notre consommation et à notre façon de réutiliser les objets en fin de vie. Qui plus est, ces jeunes ont procédé au verdissement de base de la cour arrière de la SPCA de Gatineau pour que non seulement des employés du lieu, mais aussi les animaux qui sortent jouer dans la cour, puissent en profiter. La cohorte précédente avait planté des arbres fruitiers le long d’un jardin communautaire, en plus d’avoir récupéré des vélos usagés dans la communauté pour les réparer et les remettre aux enfants du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau afin de les inciter au transport actif.

En bref, le programme C-Vert mérite d’être mieux connu, car les adolescents qui s’y inscrivent sont de véritables modèles d’écocitoyens qui contribuent de façon positive à l’avancement écoresponsable et durable de notre société.

Enviro Éduc-Action est gestionnaire de C-Vert à Gatineau, un programme mis en œuvre et soutenu financièrement dans six régions au Québec grâce à la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman, au Secrétariat à la jeunesse du Québec, aux YMCA du Québec et, pour Gatineau, au programme Présents pour les jeunes de la Banque nationale.

Geneviève Carrier, Enviro Éduc-Action
gcarrier@enviroeducaction.org

Cohabitat Québec

Dans cette chronique, je vous présente différents projets au sujet du mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces projets représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problè­mes environnementaux et sociaux.

Le cohabitat (cohousing en anglais) est un type de communauté intentionnelle composée d’unités d’habitation privées ayant des aires collectives. Ainsi, à la différence d’une coopérative d’habitation, les membres sont propriétaires de leur unité d’habitation qui peut être un condo ou une maison.

Le projet de Cohabitat Québec est situé dans le quartier Saint-Sacrement de Québec, à deux pas du cégep Garneau. Il est constitué de 42 unités d’habitation, soit 32 logements de 1 à 3 chambres et de 10 maisons de ville de 3 ou 4 chambres.

Dix ans avant le début du projet, Michel Desgagnés visite plusieurs projets de cohabitat aux États-Unis et en Europe et il prend beaucoup de notes et plusieurs photos. L’un des éléments importants qu’il retient de ses visites est l’importance de construire la maison commune en même temps que les habitations afin de s’assurer que l’espace de convivialité et de confiance entre les voisins s’établit dès le départ. À la suite de ces visites, un premier groupe se constitue pour bâtir un projet au Québec. Au bout de quelques années, les gens se rendent compte que certains voient le projet en campagne, d’autres en ville, et d’autres encore en banlieue. Pour Michel Desgagnés, il est clair que le projet doit se développer en ville. Il démarre donc un nouveau noyau sur cette base. Le groupe achète un terrain en juillet 2010, et la construction commence en 2012. La fin de la construction et l’emménagement des premiers membres ont lieu en juin 2013, quelques mois après le triste décès de son fondateur.

La construction est certifiée LEED Platine. Il n’y a que 22 places de stationnement pour les 42 unités d’habitation, dont l’une est dédiée à Communauto. On récupère les eaux de pluie et on en fait un jardin d’eau. On a fortifié la structure de l’un des toits pour accueillir éventuellement un toit végétal. En outre, on a conçu de petites unités d’habitation parce que les résidents ont accès à des espaces communs. Parmi ceux-ci, on compte des chambres d’amis, une salle de jeu pour les tout-petits, une autre pour les ados, une salle de lavage, des ateliers, du rangement, une grande cuisine collective et une salle commune.

Des résidents nous ont confirmé que la vie collective est vraiment active : pédibus, aide aux devoirs, repas communautaires une ou deux fois par semaine, prêts et emprunts de voitures et entre 9 et 12 heures de tâches communes chaque mois. La vie en cohabitat semble vraiment géniale. Parmi les voisins, il y en a qui s’occupent de choses spécifiques, comme une agronome qui travaille dans les jardins, des enseignants à la retraite qui offrent de l’aide aux devoirs, un menuisier qui aide dans l’atelier, etc. Les unités d’habitation sont bien situées pour les gens qui travaillent en ville. Les résidents ont une bonne conscience environnementale (ils habitent dans un bâtiment LEED Platine!). On sait que les enfants grandissent dans un environnement stimulant. Finalement, le projet est si bien conçu que quiconque peut envisager la vie en commun sans faire trop de concessions sur son mode de vie.

Le moment est parfait puisque des unités sont actuellement disponibles.

Référence : site Web de Cohabitat Québec : http://www.cohabitat.ca

Le camp de formation en agriculture urbaine à la Ferme Moore s’enracine

Cet été, des adolescents ont pu exercer leur pouce vert grâce à leur participation au Camp de formation en agriculture urbaine au magnifique domaine de la Ferme Moore. Pendant trois semaines, ces jeunes ont semé, désherbé, cueilli et dégusté les délicieux légumes qu’ils ont aidé à faire pousser. Pour plusieurs, il s’agissait d’une première expérience de jardinage, mais certainement pas de la dernière!

Le projet a été développé par l’organisme sans but lucratif Enviro Éduc-Action, dont le mandat est d’offrir à la population de Gatineau une occasion d’apprendre concrètement sur l’environnement dans une perspective de développement durable. L’organisme possède une dizaine d’années d’expérience en éducation expérientielle en environnement, mais le camp était sa première incursion dans le monde de l’agriculture. Or, la dyna­misation de la Ferme Moore en 2015 a fourni une occasion exceptionnelle qui a permis à ce projet sans égal à Gatineau de voir le jour.

Les jeunes participants, âgés de 12 à 16 ans, ont pu profiter au maximum de tous les avantages d’être en ville tout en passant la majeure partie de leur temps à la ferme. Des sorties à la plage du parc Moussette et des ateliers sur l’histoire de l’Outaouais ont permis de mieux situer la ferme dans son contexte urbain. L’exploration du Marché de l’Outaouais, des cours d’agronomie ainsi que le travail aux champs ont inculqué une connaissance fine de l’agriculture. De plus, grâce à un partenariat avec les Potagers à partager des quartiers Wright et Saint-Jean-Bosco, les jeunes ont pu mettre en application leurs connaissances en matière d’agriculture urbaine; ils ont notamment contribué à faire fleurir leur­ communauté en faisant profiter les résidents de leur savoir-faire en jardinage.

Ce sont surtout les amitiés tissées au fil des jours passés ensemble lors de ce camp de trois semaines qui ont marqué les participants. Il n’était pas rare qu’ils restent ensemble au domaine de la Ferme Moore une fois terminées les activités de la journée pour profiter des merveil­les de la nature. Comme quoi il est encore possible, en cette ère d’Internet et de gadgets électroniques, de jouer dehors avec ses amis.

Au final, non seulement ces jeunes ont pu découvrir le monde de l’agriculture urbaine, mais ils sont devenus des jeunes citoyens écoresponsables. Avec l’expérience qu’ils ont acquise pendant l’été, ils pourront proposer des solutions pour répondre aux défis d’aujourd’hui.

Enviro Éduc-Action souhaite renouveler l’expérience à l’été 2017 et est ouvert à tout type de partenariat permettant de bonifier l’expérience pour un maximum de jeunes. Enviro Éduc-Action tient d’ailleurs à remercier le Club optimiste de Hull qui s’est associé au projet en offrant des bourses d’inscription qui ont permis à six jeunes de participer gratuitement au camp de cet été. 

La communauté de jeunes retraités du presbytère de Saint-Alphonse

Dans cette chronique, je vous pré­sente différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problèmes environnementaux et sociaux.

Bertin nous accueille sur place par un après-midi brumeux. L’intérieur du presbytère est un vrai chantier. Les premiers résidents ne pourront y emménager qu’à l’automne. « Une commune, oui, dit Bertin, mais une commune de vieux. On n’aménage pas tant notre vie que notre fin de vie. »

Le nom de l’organisme, la part des anges, s’inspire de la fabrication d’alcool, plus particulièrement du fait que, du tonneau à la bouteille, il y a toujours une partie de l’alcool qui s’évapore : c’est ce qu’on appelle la part des anges. On a affaire à des gens qui aiment rire et avoir du plaisir, des gens qui ont de l’humour et qui aiment jouer sur les frontières du politically correct. De vieux margi­naux, quoi!

Au départ, le projet est celui d’une bande d’amis, des gens très proches qui s’aiment et qui aiment refaire le monde en faisant bombance. La plupart des gens viennent de Saint-Alphonse (en Gaspésie) ou y ont habité pendant de nombreuses années. Ils ont un fort attachement au village et à son histoire, une grande volonté de le protéger, de le voir se développer, de participer à son rayonnement et au développement régional. Tout cela en se tournant vers l’avenir tout en trouvant racine dans son histoire. Il y a six ans, ils ont acheté le presbytère du village.

Plusieurs ententes ont été conclues, mais la part des anges n’est pas encore une entité à part entière. La structure juridique, « ce n’est pas pour nous autres, on n’en a pas besoin. […] Si c’était un ‘campe’ dans le bois, pas un presbytère, personne ne nous achalerait avec ça. Au fond, on fonctionne un peu comme une OBNL. Le presbytère est détenu en copropriété indivise dont chacun détient une part égale puisque tout le monde investit le même montant ».

La recette secrète de la part des anges, c’est :
• une bande d’amis
• une grande ouverture
• un fonctionnement par consensus
• une confiance grandissante

Ils fonctionnent donc par consensus, « ce qui facilite beaucoup de choses, affirme Bertin. On propose quelque chose. On ne peut jamais mettre une idée à la poubelle, on l’améliore ».

À force de bâtir leur rêve en s’écoutant les uns les autres, tout se déroule plus facilement : par exemple, parmi les cinq chambres disponibles, tous en ont choisi une différente sans s’en parler.

Bertin nous rappelle que « consensus, autogestion, écologie sont des concepts nouveaux, mais [que] vivre ensemble, ça fait quelques milliers d’années que ça existe ».

Les soins de santé sont collectifs et seront adaptés en fonction des besoins et de la réalité de chacun. Il a d’ailleurs fallu rédiger des mandats d’inaptitude et nommer des mandataires. « On a eu des conversations qu’on n’avait pas envie d’avoir : du genre, on ne veut pas se torcher. » Afin de protéger le patrimoine fami­lial des résidents tout en s’assurant que le presbytère puisse continuer d’exister de façon autonome, ils ont ouvert leur testament, et ceux qui n’en avaient pas en ont rédigé un.

Si la perspective de devenir membre vous intéresse, sachez que le processus d’intégration prévoit que les membres présentent à l’ensemble du groupe toute nouvelle personne intéressée. Il faut donc qu’au moins une personne vous connaisse et ait suffisamment envie de vivre avec vous pour vous inviter à rencontrer officiellement tous les membres du groupe.

Quelques pistes à explorer
• Émission radio « Au cœur du monde », Radio Canada, sur le projet du presbytère de Saint Alphonse, 26 novembre 2015
• « Pas banale, la vie! », par Isabelle Craig, baladodiffusion de Radio Canada sur la vie en commun dans le quartier Rosemont et un projet de communauté nouveau genre, 22 décembre 2015

Sources
1. « Ni yeux ni maîtres », une bande dessinée anarchiste de vieux recommandée par Bertin.
2. Christian Côté, Sylvie Onraet et Bertin St-Onge font partie des cinq personnes qui ont acheté le presbytère pour y vivre leur retraite.­ Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose, tirée­ de http://ici.radio canada.ca/emissions/Au_coeur_du_monde/2015-2016/chronique.asp?idChronique=391175.

3. Photo que j’ai prise de la cuisine lors de ma visite du presbytère avec Bertin.

Murs et plafonds

Des options écologiques et durables afin de réduire l’impact des matériaux sur l’environnement et sur votre santé.

Peintures et enduits
Selon l’Environmental Protection Agency (EPA), les peintures et les produits de finition sont responsables de plus de 9 % des émissions de composés organiques volatils (COV) mondiaux. Ils sont, après les automobiles, les plus grands émetteurs de COV.

Les COV contenus dans la peinture et les enduits s’évaporent généralement dans les deux à trois jours qui suivent l’application, mais ils demeurent des particules nocives pour l’environnement. Les effets cumulatifs dans l’atmosphère – création de particules d’ozone, nocifs à long terme pour l’homme, les animaux et la flore – sont une raison de plus d’opter pour les peintures non toxiques, sans COV, phtalates, allergènes, etc. ou les peintures naturelles.

Utiliser des peintures ou enduits sans composé organique volatil (5 g/L ou moins) ni alkyde et/ou recyclés sans alkyde et/ou naturels.

Comment procéder
Afin de réduire l’impact négatif sur la santé que peuvent émettre certains produits de finition, il faut arrêter son choix sur ceux qui n’introduisent pas de substances toxiques dans la maison – COV, phtalates, allergènes, etc. Règle générale, il est préférable d’opter pour les finis mats plutôt que les enduits satinés ou brillants. Les peintures à l’eau sont généralement moins nocives, mais ne garantissent pas une absence de COV.

Pensez aux apprêts (primer)! Bien que difficiles à trouver il n’y a pas si longtemps, quelques fabricants ont récemment mis sur le marché des apprêts sans COV.

1. Produits sans COV ni Alkyde
Les peintures acryliques (à l’eau ou au latex) – émettent beaucoup de polluants lors de la production et de l’extraction, ne sont pas biodégra­dables et présentent une forte énergie grise. Des produits intéressants :

• Mythic Paint : La toute première de la sorte, elle offre une gamme complète de peintures — 1 200 couleurs — de haute qualité et à hautes performances. Elle se nettoie facilement et est sans danger pour la santé, les animaux ou la planète. La peinture Mythic Paint est certifiée GREEN WISE. On la retrouve, au Québec, chez Peintures Cité, situé sur la rue Rachel, à Montréal.

• Benjamin Moore : La gamme Natura ne contient aucun COV quelle que soit la couleur (peinture d’intérieur). Ultra Spec 500 — Apprêt d’intérieur latex (534) sans COV.

• Autres exemples : Laurentide Peinture, AFM Safecoat, YOLO Colourhouse, Ecospec, Ecosource

Faible en COV : Benjamin Moore (plusieurs gammes disponibles), Shantung ou Cachemire de Sico, Lifemaster de Glidden, etc.

2. Produits recyclés
Les peintures recyclées au latex sans alkyde contiennent généralement peu de COV, ces derniers s’étant évaporés depuis la fabrication. Elles constituent donc un excellent choix écologique à faible coût. De même, cela détourne les vieilles peintures des sites d’enfouissement et cours d’eau. Des produits intéressants :

• ÉcoPeinture
• Boomerang (Laurentide)
• Rona Éco

3. Produits naturels
Les produits naturels – peinture minérale au silicate, peinture au lait ou à la caséine, enduits naturels à la chaux – d’une durée de vie plus longue que les peintures courantes, émettent très peu de polluants lors de la fabrication et de l’extraction, sont sans COV, biodégradables et résistants aux taches. Ils sont préparés à partir de ressources saines et renouvelables telles que des résines, des huiles de plantes, des solvants au citron, de l’argile et des minéraux sans métaux lourds (ne sont donc pas exemptes d’allergènes).

La peinture minérale au silicate et les enduits naturels à la chaux sont très résistants à l’humidité. La peinture minérale est facile d’application, mais le temps de séchage est plus long que les autres types de peinture. Pour le plafond, la peinture au lait est recommandée.

Provenance de cet article : ecohabitation.com

Vivre autrement

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives ou pistes d’information pour vous faire découvrir le mouvement des communautés intentionnelles, au Québec et dans le monde, comme une solution aux problèmes environnementaux et sociaux et comme un mode de vie épanouis­sant et porteur de sens.

Colibris est une initiative française pour la Terre et l’Humanisme lancée en 2007 par Pierre Rabhi. Beaucoup de chemin a été fait depuis, et l’association fait un excellent travail de diffusion, de transmission et de réseautage autour de projets inno­vants, axés vers les solutions et la construction d’un mode de vie plus solidaire et intégré à la nature.

Colibri, c’est le petit oiseau qui choisit d’aller chercher de l’eau pour éteindre un feu de forêt alors que tous les animaux observent, impuissants, leur habitat partir en fumée, sachant qu’il ne l’éteindra pas à lui tout seul, mais qu’il « fait sa part ».

La conférence sur « le sens dela communauté »
Le samedi 16 janvier, sur l’invitation de Colibris, cinq personnalités se rencontraient à Paris pour discuter de la question du sens de la communauté au XXIe siècle et pour redécouvrir le « vivre ensemble » et le « faire ensemble » :

1. Bernard Werber, écrivain
2. Margalida Reus, responsable générale internationale de la Communauté de l’Arche, Non-Violence et Spiritualité
3. Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France
4. Pierre Rabhi, paysan, philosophe, fondateur de Colibris
5. Mathieu Labonne, directeur de Colibris et coordinateur du centre Amma France

Ce beau mélange diversifié, tant par le point de vue que par l’expérience de chacun en ce qui concerne la vie collective, donne un résultat des plus inspirants! C’était une des premières fois que j’assistais à une table ronde où tous les participants et toutes les participantes considèrent la vie en communauté comme la solution la plus évidente aux problèmes du XXIe siècle.

Margalida Reus s’intéresse à la personne au sein de la communauté, à l’impact de la vie communautaire sur la transformation de l’individu et à l’importance de ces transformations personnelles comme indice de la santé d’une communauté. Wow, ça goûte bon! Ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui a vécu en communauté­ pendant 33 ans nous le dire et en faire une analyse réaliste et pleine d’empathie.

Bernard Werber se penche, avec toute la curiosité d’un scientifique et toute l’imagination d’un écrivain de science fiction, sur la vie de groupe et analyse le thème du “sens des communautés” selon la perspective de l’histoire de la vie, et même celle de l’univers, pour en arriver à la conclusion que la coopération et la vie collective constituent la meilleure manière envisagée par la vie pour se reproduire, croître et s’adapter. Rafraîchissant!

Enfin, Pierre Rabhi nous rappelle que « vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire et exploiter votre prochain! Ce n’est pas incompatible. Le pro­blème, il est en nous, et s’il n’est pas résolu en nous, je ne vois vraiment pas comment il peut être résolu dans le monde ».

Les Oasis
Un des objectifs de Colibris est de soutenir la création de 100 nouvelles oasis dans les cinq prochaines années. Une oasis, c’est un lieu écologique et solidaire, en milieu rural ou urbain, qui peut prendre des formes différentes : écohabitat partagé, écoquartier, écohameau, écovillage, commune en transition…

En janvier, Colibri a lancé une formation en ligne, gratuite, ouverte à tout le monde et explorant toutes les dimensions de la conception d’une oasis : facteur humain, gouvernance, modèle juridique, montage financier, conception en permaculture…

Cette formation a connu un succès inattendu : 27 300 personnes s’y sont inscrites! Cela prouve bien que la soif de solutions est grande!

À consulter
La conférence sur le sens de la communauté. Le site Web du mouvement : https://www.colibris-lemouvement.org

Les films d’Anne Barth, tournés au Hameau des Buis : Vous pouvez visionner la bande-annonce de « Quels enfants laisserons-nous à la planète? », et l’entièreté du film « Les enfants de demain ».

Soutenez son film à venir, « L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être ».

Maison écologique exemplaire à Edelweiss

Photo: EMMANUEL COSGROVE [à gauche] ET MIKE REYNOLDS sur la galerie de leur maison modèle à Edelweiss

La maison Edelweiss est le premier projet au Canada à obtenir la certification LEED v4 et la deuxième habitation LEED v4 dans le monde à atteindre le niveau Platine.

Cette maison de 1 552 pi2 comptant quatre chambres à coucher a coûté moins cher du pied carré à construire qu’une maison traditionnelle, et sa facture d’énergie est estimée à moins de 1,40 $ / jour – soit près d’un dixi­ème­ de celle d’une nouvelle maison traditionnelle.

Ce projet d’habitation à ultra-faible consommation d’énergie s’est mérité les louanges du Conseil du bâtiment durable du Canada pour son innovation et son leadership. « La maison Edelweiss est une réussite phénoménale – le premier projet canadien à satisfaire aux exigences rigoureuses de la dernière version de Leed à son niveau le plus élevé », a déclaré Thomas Mueller, président et chef de la direction du Conseil du bâtiment durable du Canada.

Quant aux constructeurs, ils ont lancé ce projet pour démontrer qu’il n’est pas si difficile ni plus coûteux de construire des maisons meilleures et plus performantes, qui permettent de réaliser des économies dès le moment où vous y emménagez. L’utilisation de matériaux à faible impact environnemental, qui sont également plus sains pour les occupants, était une priorité dans la conception. On a évité dans toute la mesure du possible d’utiliser des produits contenant des contaminants, et ce, afin d’atteindre l’objectif de zéro composés organiques volatils (COV).

L’objectif sous-jacent du projet était de concevoir une maison hyper-performante, construite selon les méthodes traditionnelles sans dépasser les coûts de construction.

La maison Edelweiss sert actuellement pour la tenue d’ateliers-visites d’une journée ainsi que pour des locations à court terme permettant aux professionnels du bâtiment ou à de futurs propriétaires de constater par eux-mêmes le confort exceptionnel d’une maison solaire passive.

Les responsables du projet ont produit une série de 13 vidéos portant sur les produits et les technologies employés dans la construction cette maison exemplaire. Il s’agit d’un guide visuel fantastique qui est disponible gratuitement. Pour visionner ces courtes vidéos de seulement quelques minutes chacune, visitez le site http://www.ecohome.net/video/guide.

Source : EcoHouse Canada Magazine, Ecohome.net

Pour plus d’information au sujet des projets inscrits à LEED au Canada, visitez le site http://www.cagbc.org/cbdca/ ou le site www.sabmagazine.com

Pour consulter la programmation en cours des formations Écohabitation : http://www.ecohabitation.com/formations/liste/date

Pour les ateliers-visites : www.ecohabitation.com/formations/cours/atelier-visite-maison-edelweiss

Pour la location court terme : fiche Airbnb d’Edelweiss https://www.airbnb.fr/rooms/8712810?guests=5&s=BLgshNxb

Rapport des certifications LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) au cours des dernières années :
2015 : 524 projets (124 au Québec) | 2014 : 529 projets (119 au Québec).

Projets certifiés en Outaouais au cours des 2 dernières années :
Certifié Platine : 37, chemin Des Roches, Wakefield | 30, rue Victoria, Gatineau | 1a-27, Résidence Aditus Altitude, Harrington. Certifié Or : 6, rue Martel, Harmonie des Rapides 2, Gatineau | 225, chemin Flynn (chalet), Low | Versant est, SAQ, montée Paiement, Gatineau | Centre sportif de Gatineau | 12, chemin du Pied-de-Vent, Chelsea. Certifié Argent : Bâtiments 13-14, Carrefour du Plateau, Hull | 4 et 8, chemin du Pied-de-Vent, Chelsea | La Maison Verte, Lac des Plages | Carrefour du Versant Ouest, Bâtiments G et H, Gatineau | Carrefour du Plateau, Bâtiment 8, Gatineau | Place Nelligan, Bâtiment B, Gatineau. Certifié (certified) : École des Tournesols, Gatineau | 60, chemin Mill, Eco River Lodge, Wakefield.

Source: http://www.cagbc.org/cbdca/ et www.sabmagazine.com